Après une féroce guerre des prix qui a permis à l’européen Airbus de vendre autant d’avions que Boeing l’an dernier, les deux avionneurs font mine d’enterrer la hache de guerre sur les tarifs dans l’espoir d’améliorer ou de retrouver leur rentabilité. Boeing, qui a enregistré l’an dernier sa première perte nette en 50 ans (-178 millions de dollars), après la fusion avec McDonnell Douglas, doit essayer de résoudre ses problèmes d’organisation interne pour retrouver la rentabilité et la confiance de ses clients, les compagnies aériennes. Début juillet, Boeing a indiqué qu’il relevait de 5% les prix de base de la plupart de ses avions dans l’objectif de regonfler son volume de chiffre d’affaires et ses bénéfices. Airbus, son concurrent européen qui s’est longtemps concentré sur l’augmentation de sa part de marché, a annoncé un changement d’orientation dans la stratégie qui doit désormais gouverner la société en cours de transformation: «Je suis très content que nous ayons une part de marché de 50%, mais une part de marché ne résume pas une stratégie», a dit le nouvel administrateur-gérant du consortium, Noël Forgeard. «J’ai rejoint Airbus pour établir la recherche de la valeur pour l’actionnaire comme critère numéro un, ainsi que la satisfaction du client», a dit l’ancien dirigeant du groupe Lagardère. Pour illustrer ce nouveau credo, Airbus a indiqué que ses tarifs de base allaient être augmentés de 3%, même si les «prix catalogue» en aéronautique ne reflètent jamais la réalité des grands contrats qui sont âprement négociés par les compagnies aériennes. Le prédécesseur de Noël Forgeard, Jean Pierson, s’était lui concentré sur l’augmentation de la part de marché d’Airbus. Avec succès, puisque le consortium s’est rapproché l’an dernier de son objectif d’atteindre 50% des ventes. Noël Forgeard a indiqué lundi au salon aéronautique de Farnborough qu’Airbus avait vendu 815 avions au cours des deux dernières années, soit autant d’appareils qu’au cours des 16 premières années du consortium. Pour 1998, Airbus, dont le dernier succès en date est la commande ferme de 59 avions passée par British Airways, qui n’avait acheté jusqu’à présent que des Boeing, prévoit de recevoir plus de contrats que les 460 enregistrés l’an dernier, qui lui ont donné 45% des ventes des avions de plus de 100 places. Fin août, Airbus affichait 390 ventes nouvelles, contre 370 pour Boeing, selon les chiffres officiels des deux compagnies. Mais les deux avionneurs annoncent cette semaine de nouveaux contrats dans le cadre du salon de Farnborough: 6 Airbus A340 chez Emirats, 21 Boeing dont 17 chez le loueur ILFC et 4 chez KLM. L’avionneur européen, qui ne publie pas ses comptes, a besoin d’améliorer ses performances financières, puisque le consortium doit se transformer en société privée l’an prochain. Jusqu’à présent, les comptes d’Airbus étaient fondus dans la comptabilité interne de chacun des quatre partenaires industriels (BAe, Aerospatiale, DASA, CASA) qui sont membres d’un groupement d’intérêt économique (GIE). (AFP)
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