Le Trésor britannique s’apprête à serrer la vis en matière de finances royales en diminuant la rétribution publique allouée à la reine d’Angleterre, dont le total avoisine actuellement 8,9 millions de livres par an, affirme dimanche la presse britannique. Selon le Sunday Times, le chancelier de l’Echiquier Gordon Brown souhaite réduire de deux tiers la hausse annuelle de la liste civile, c’est-à-dire l’argent des contribuables versé à la famille royale, en la limitant à la progression attendue de l’inflation, soit 2,5%. Un précédent programme sur dix ans mis en place par le gouvernement conservateur de John Major en 1991 avait fixé à +7,5% cette augmentation annuelle. La baisse décidée par le gouvernement de Tony Blair interviendrait à partir de l’expiration de ce programme, en 2001. Interrogé, un porte-parole du Trésor a simplement confirmé que «la liste civile serait renouvelée en 2001» et que «des discussions sur les termes de sa poursuite débuteront en 2000». Le «trésorier» de la reine, Sir Michael Peat, cité par le Sunday Times, a reconnu que les rétributions versées avaient donné lieu à «un excédent», en sous-entendant que tout n’avait pas été dépensé par la famille royale. Cette somme ne sera pas remboursée, a-t-il expliqué, mais «le contribuable en verra le bénéfice, car l’excédent sera pris en compte» dans l’allocation de l’année suivante. Les paiements sur fonds de contribuables à la reine et au duc d’Edimbourg atteignent actuellement 8,9 millions par an, tandis que les jeunes princes reçoivent au total 1,5 million par an, rappellent les journaux. Critiques Mais depuis 1993, à la suite de vives critiques soulignant l’importance de ces versements alors que la famille royale dispose d’une fortune personnelle considérable la reine renvoie au Trésor l’équivalent de ces 1,5 million de livres. La famille royale est également dans le collimateur d’un groupe de réflexion, dont le rapport, à paraître lundi, propose de limiter la monarchie britannique à un rôle purement symbolique, en enlevant à la reine ses derniers pouvoirs politiques constitutionnels, selon le Sunday Mirror. Le rapport «Moderniser la monarchie» a été écrit par le groupe Demos, dirigé par Geoff Mulgan, un des proches conseillers de Tony Blair. Il estime qu’après la mort de la reine Elizabeth II, la population britannique devrait être consultée sur le rôle de la monarchie par référendum. D’ores et déjà, le rapport préconise de supprimer l’approbation obligatoire par la reine des lois votées par le Parlement et de mettre un terme au serment d’allégeance que les députés doivent lui prêter. Il suggère aussi de supprimer le droit du monarque à désigner le Premier ministre au cas où le Parlement serait dans l’incapacité de le faire. Interrogé, un porte-parole de Buckingham Palace a estimé que «le rapport Demos constituait une nouvelle contribution au débat général sur la constitution», en rappelant toutefois «que toutes les questions ayant trait à une réforme constitutionnelle relevaient du Parlement». «Le rôle constitutionnel et les autres aspects de la monarchie n’ont cessé d’évoluer au fil des années, y compris sous ce règne», a-t-il dit. Un porte-parole de Downing Street a de son côté pris ses distances à l’égard du rapport Demos en indiquant «qu’il ne reflète pas les vues du gouvernement».(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Trésor britannique s’apprête à serrer la vis en matière de finances royales en diminuant la rétribution publique allouée à la reine d’Angleterre, dont le total avoisine actuellement 8,9 millions de livres par an, affirme dimanche la presse britannique. Selon le Sunday Times, le chancelier de l’Echiquier Gordon Brown souhaite réduire de deux tiers la hausse annuelle de la liste civile, c’est-à-dire l’argent des contribuables versé à la famille royale, en la limitant à la progression attendue de l’inflation, soit 2,5%. Un précédent programme sur dix ans mis en place par le gouvernement conservateur de John Major en 1991 avait fixé à +7,5% cette augmentation annuelle. La baisse décidée par le gouvernement de Tony Blair interviendrait à partir de l’expiration de ce programme, en 2001. Interrogé, un...