Turquie : Yilmaz cherche à retarder les législatives
le 05 septembre 1998 à 00h00
Le premier ministre turc, Mesut Yilmaz, a demandé le soutien du Parlement pour reporter jusqu’à 2000 les législatives anticipées actuellement prévues pour avril 1999, en raison des problèmes économiques du pays, ont rapporté vendredi les journaux turcs. «Si ceux qui nous ont forcés à accepter des élections anticipées en avril prochain changent d’avis devant les difficultés économiques de notre pays, nous serons prêts à envisager» un report, a déclaré M. Yilmaz à des journalistes à Gaziantep, selon le quotidien «Hurriyet». M. Yilmaz a tenu ces propos peu après que la principale association d’hommes d’affaires et les grandes banques eurent appelé le Parlement à retarder les élections jusqu’à 2000. Ces milieux craignent que des politiques à caractère populiste, traditionnellement mises en place en Turquie avant toute élection, n’aggravent la situation économique du pays, déjà sévèrement affectée par la crise financière en Russie. Le gouvernement de coalition de trois partis de M. Yilmaz est minoritaire au Parlement et sa survie dépend du soutien du Parti républicain du Peuple (CHP, social-démocrate) de Deniz Baykal qui est en faveur d’élections anticipées l’année prochaine. En juillet, M. Yilmaz avait cédé à la pression de ce Parti et le Parlement avait entériné sa décision d’avancer les élections à avril 1999, au lieu de la date normale de décembre 2000. Aux termes d’un accord entre le CHP et M. Yilmaz, ce dernier doit démissionner à la fin de cette année afin de permettre la formation d’un gouvernement à base élargie pour conduire le pays aux élections en avril. La proposition de M. Yilmaz de retarder les élections n’a pas reçu de réponse immédiate. Mais selon les analystes, l’opposition devrait la rejeter. Muharrem Kayhan, président de l’association des hommes d’affaires de Turquie, avait déclaré à la presse jeudi que les élections devraient être reportées «pour éviter un effondrement complet de l’économie». Des mesures de stabilisation économique ne peuvent être prises quelques mois avant une élection et le résultat va être catastrophique. «La seule solution, c’est: pas d’élections l’an prochain», a dit M. Kayhan. D’autre part, lors d’une réunion avec M. Yilmaz mercredi, les présidents des 10 premières banques du pays ont appelé le Parlement à réviser sa décision concernant les élections. A la suite de la crise financière en Russie, deuxième partenaire commercial de la Turquie, l’indice de la bourse d’Istanbul a perdu plus d’un quart de sa valeur et poursuit son déclin. La banque centrale turque a dû vendre 4 milliards de dollars, près de 17% de ses réserves, lors des deux dernières semaines, pour éviter une dévaluation de la Livre turque. (AFP)
Le premier ministre turc, Mesut Yilmaz, a demandé le soutien du Parlement pour reporter jusqu’à 2000 les législatives anticipées actuellement prévues pour avril 1999, en raison des problèmes économiques du pays, ont rapporté vendredi les journaux turcs. «Si ceux qui nous ont forcés à accepter des élections anticipées en avril prochain changent d’avis devant les difficultés économiques de notre pays, nous serons prêts à envisager» un report, a déclaré M. Yilmaz à des journalistes à Gaziantep, selon le quotidien «Hurriyet». M. Yilmaz a tenu ces propos peu après que la principale association d’hommes d’affaires et les grandes banques eurent appelé le Parlement à retarder les élections jusqu’à 2000. Ces milieux craignent que des politiques à caractère populiste, traditionnellement mises en place en...
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