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Actualités - Chronologie

L'industrie japonaise commence à être touchée par la crise

Pertes historiques chez Hitachi, apparition de faillites chez les grosses entreprises manufacturières, révision en baisse des prévisions des stars de la haute technologie: l’industrie japonaise, qui semblait encore à peu près épargnée par la crise, commence à être touchée. Si les banques et le bâtiment se débattent depuis des mois dans une profonde récession, l’élite industrielle nippone donnait l’impression d’être immunisée contre le pessimisme ambiant. Nombre d’industriels prévoyaient aussi récemment qu’en mai un fort rebond de leurs résultats cette année. Mais, il y a peu, les sociétés les plus brillantes du Japon ont commencé à présenter les symptômes de la maladie qui affecte depuis des années déjà leurs modestes sous-traitants. Certaines des valeurs les plus réputées de la Bourse de Tokyo ont ainsi été amenées à revoir en forte baisse leurs prévisions. Nikon (optique) et Hino (camions) tablent désormais sur des pertes, Omron (automatismes), Advantest (équipements industriels) ou Komatsu (engins pour le BTP) ont averti les marchés d’une forte baisse de leur profitabilité. Le premier groupe japonais de construction électrique Hitachi envisage désormais une perte historique de 250 milliards de yens (1,8 milliard de dollars), alors qu’il prévoyait jusqu’ici un bénéfice de 40 milliards de yen. «Notre réponse aux changements intervenus sur nos marchés ces deux ou trois dernières années a été lente», a reconnu le président du groupe Tsutomu Kanai. «Notre prise de décision et nos actions ont été lentes, alors que notre environnement est de plus en plus compétitif», s’est-il encore reproché. Les résultats trimestriels des chefs de file nippons de l’électronique de loisirs, en particulier ceux de Sony, ont également déçu: l’action a perdu près d’un quart de sa valeur depuis le record historique atteint au début de l’été. «Les prévisions des entreprises estimaient de façon absurde que la seconde partie de l’année serait bonne», souligne Chris Calderwood, économique chez Jardine Fleming Securities. «On peut trouver un certain réconfort dans le fait qu’elles deviennent plus réalistes, car la situation réelle au Japon est bien moche», a relevé M. Calderwood, en pronostiquant des «vagues» de révisions à la baisse des prévisions de résultats d’ici novembre. Les faillites sont aussi à la hausse: selon l’agence d’évaluation Teikoku Databank, le secteur industriel nippon a perdu l’an dernier 2.660 entreprises. On est déjà à 2.080 cette année après sept mois. «La tendance est là pour durer», souligne un responsable de Teikoku Databank. Toa Steel, un sidérurgiste électrique contrôlé par le groupe NKK, devrait officiellement demander aujourd’hui sa mise en liquidation. L’entreprise croûle sous un passif estimé à 260 milliards de yen (1,9 milliard de dollars). NKK s’était porté à la rescousse de Toa en février, en y injectant des capitaux frais. Mais la dégradation du marché nippon de l’acier est tellement brutale que le deuxième sidérurgiste nippon a préféré jeter l’éponge. La faillite de Toa est la plus importante pour une société industrielle nippone depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, avant même celle de Mita Industries (photocopieurs) qui a déposé son bilan il a trois semaines avec un passif supérieur à 200 milliards de yen, a précisé Teikoku Databank. (AFP)
Pertes historiques chez Hitachi, apparition de faillites chez les grosses entreprises manufacturières, révision en baisse des prévisions des stars de la haute technologie: l’industrie japonaise, qui semblait encore à peu près épargnée par la crise, commence à être touchée. Si les banques et le bâtiment se débattent depuis des mois dans une profonde récession, l’élite industrielle nippone donnait l’impression d’être immunisée contre le pessimisme ambiant. Nombre d’industriels prévoyaient aussi récemment qu’en mai un fort rebond de leurs résultats cette année. Mais, il y a peu, les sociétés les plus brillantes du Japon ont commencé à présenter les symptômes de la maladie qui affecte depuis des années déjà leurs modestes sous-traitants. Certaines des valeurs les plus réputées de la Bourse de Tokyo...