La directrice de la rédaction du Petit Robert, la linguiste Josette Rey-Debove, qualifie de «malencontreuse» l’initiative prise en janvier par l’Académie française «de refuser, au nom des règles du bon français, les féminins ‘la’ ministre et ‘la’ députée». «L’académie insinuait qu’il y avait une grammaire des fonctions qui serait différente de celles des activités (...). La grammaire n’a rien à dire dans ce combat social d’arrière-garde, laissons-la faire son œuvre de féminisation pour celles qui accèdent aux postes-clés. Car une femme est niée dans sa spécificité si on la présente au masculin». La circulaire du ministre de l’Education, Claude Allègre, sur la féminisation des noms de métiers dans l’Education nationale avait relancé le débat entre partisans d’une réforme grammaticale visant à une réelle égalité homme/femme et garants de la tradition linguistique, à l’instar de l’Académie française. Selon Mme Rey-Debove, le premier dictionnaire de l’Académie française (1694) avait été fait par des grammairiens, «ce qui n’est plus le cas» aujourd’hui. Pour elle, l’Académie a fait preuve d’«incompétence, de confusion» et cette protestation lui semble de «nature politique». Dans son édition 99, le Petit Robert écrit au mot «ministre»: «Le féminin ‘La ministre’, grammaticalement correct, commence à être employé». Pour sa part, le Petit Larousse dit vouloir «refléter, sans volonté polémique, l’évolution des usages constatée». Ainsi, au mot «député,e», le dictionnaire écrit: «prend souvent un ‘e’ pour désigner la fonction au féminin: Madame la Députée». A «ministre», on peut lire: «En France, le titre reste ‘Madame le Ministre’, dans le langage administratif». Enfin Hachette encyclopédique se prononce pour «Madame la Ministre». (AFP)
La directrice de la rédaction du Petit Robert, la linguiste Josette Rey-Debove, qualifie de «malencontreuse» l’initiative prise en janvier par l’Académie française «de refuser, au nom des règles du bon français, les féminins ‘la’ ministre et ‘la’ députée». «L’académie insinuait qu’il y avait une grammaire des fonctions qui serait différente de celles des activités (...). La grammaire n’a rien à dire dans ce combat social d’arrière-garde, laissons-la faire son œuvre de féminisation pour celles qui accèdent aux postes-clés. Car une femme est niée dans sa spécificité si on la présente au masculin». La circulaire du ministre de l’Education, Claude Allègre, sur la féminisation des noms de métiers dans l’Education nationale avait relancé le débat entre partisans d’une réforme...
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