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Actualités - Chronologie

A Huambo, on ampute sans anesthésie

On ampute les victimes des mines, le plus souvent sans anesthésie à Huambo (600 km au sud-est de Luanda), deuxième ville d’Angola. Dans un dortoir de l’hôpital central, douze patients, admis depuis moins d’un mois, se remettent d’une amputation de la jambe. Angelina, âgée de 8 ans, est la plus jeune. Le 25 août, elle a sauté sur une mine en regagnant, avec sa mère, son village d’Ekuma qu’elle avait fui deux semaines plus tôt pendant une attaque menée par des assaillants non identifiés. Mardi, David Ginola, le footballeur français nouveau parrain de la campagne de la Croix-Rouge contre les mines anti-personnel, lui a rendu visite. En silence, il écoute. «Elle a beaucoup souffert», raconte un médecin «parce que quand elle est arrivée, le pied déchiqueté, nous manquions d’anesthésique». Angelina a été amputée de la jambe gauche, juste au-dessous du genou. Dix jours après l’accident, la petite fille souffre tant qu’elle ne parvient pas à parler. D’ici trois mois, quand ses plaies seront cicatrisées, elle sera prise en charge par la Croix-Rouge et transférée au centre orthopédique de la ville, où on lui posera une prothèse. A Huambo, l’hôpital manque de tout. «Souvent, nous n’avons pas d’anesthésique, pas de quinine, pas même d’aspirine», dit le médecin. «Ici, il n’y a personne qui fournisse des médicaments en permanence», confirme le Dr Robert Sebbag de la Croix-Rouge française. L’hôpital fonctionne grâce à des dons ponctuels. «Je reviendrai», a déclaré David Ginola au personnel de l’hôpital. «C’est une promesse. Je reviendrai moi-même et j’apporterai des médicaments», a-t-il insisté. Écoles sans bancs En 1975, à l’indépendance du pays, Huambo, magnifique cité de style colonial à la végétation luxuriante, comptait environ un million d’habitants. Depuis, beaucoup ont fui la ville, ancien quartier-général des rebelles de l’UNITA. Rares sont les maisons qui ne portent pas la trace des combats, impacts de balles ou d’obus. Les infrastructures ont été détruites, pas d’eau courante ni électricité. Seuls quelques quartiers du centre-ville sont alimentés grâce au groupe électrogène de la municipalité. A l’école, où se rendent chaque jour 860 enfants, pas de tables, ni bancs. Ici, chacun vient avec une boîte de conserve ou un morceau de bois qui fera office de tabouret le temps de la leçon. Tous savent qu’ils doivent être très prudents et emprunter seulement des chemins connus, car les mines sont partout. Autour de l’aéroport, où, revêtu d’une combinaison spéciale David Ginola a assisté à une séance de déminage, des experts estiment que 20.000 mines sont enfouies. Depuis mai 1997, ces spécialistes français travaillent avec des équipes de l’institut angolais de déminage. En 15 mois, 800 mines au total ont été neutralisées. La procédure est très longue. Les démineurs ne peuvent travailler que vingt minutes d’affilée en raison de la tension nerveuse. Et si une mine coûte seulement 3 dollars, l’enlever revient à 100 dollars. «C’est la science au service de la mort», a commenté David Ginola. (AFP)
On ampute les victimes des mines, le plus souvent sans anesthésie à Huambo (600 km au sud-est de Luanda), deuxième ville d’Angola. Dans un dortoir de l’hôpital central, douze patients, admis depuis moins d’un mois, se remettent d’une amputation de la jambe. Angelina, âgée de 8 ans, est la plus jeune. Le 25 août, elle a sauté sur une mine en regagnant, avec sa mère, son village d’Ekuma qu’elle avait fui deux semaines plus tôt pendant une attaque menée par des assaillants non identifiés. Mardi, David Ginola, le footballeur français nouveau parrain de la campagne de la Croix-Rouge contre les mines anti-personnel, lui a rendu visite. En silence, il écoute. «Elle a beaucoup souffert», raconte un médecin «parce que quand elle est arrivée, le pied déchiqueté, nous manquions d’anesthésique». Angelina a été...