La population de Kalémié, au sud-est de la RDC, sur les bords du lac Tanganyka, vit dans la terreur, à la fois des soldats rebelles qui ont pris la ville mercredi dernier, et de possibles bombardements de l’aviation gouvernementale. Le président Laurent-Désiré Kabila a déclaré que ses forces encerclaient la ville, qui se trouve au Katanga, sa province natale. «Nous préparons l’assaut final à moins que les agresseurs n’utilisent des sauf-conduits pour échapper à l’écrasement par nos forces», a-t-il déclaré. Racontant la prise de Kalémié, les habitants disent que les soldats de Kabila se sont enfuis sans combattre face aux rebelles conduits par un commandement tutsi. Près de 6.000 des habitants de la ville se sont également enfuis. «Le feu a traversé la ville, mais il n’y a pas eu de morts», prétend un homme qui travaille pour une radio locale, et a requis l’anonymat. Toutes les personnes interviewées ont accusé les rebelles de pillage mais toutes, craignant de donner leur nom, ont mis brusquement fin à leurs propos à l’arrivée d’hommes semblant être des agents de sécurité des rebelles. Des soldats rebelles — des Tutsis comme des Bantous — certains très jeunes, les autres sous l’emprise de l’alcool, patrouillaient dans les rues et mettaient en place des canons anti-aériens à l’aéroport. Les magasins de Kalémié, qui compte quelque 100.000 habitants, ont tous été fermés et la plupart pillés après la chute de la ville. Mais les rebelles ont forcé les commerçants à les réouvrir. «Les soldats de Kabila sont encore là, quelque part, ils se cachent dans la forêt, et seulement un petit nombre de civils est revenu», dit Christian, un chômeur. Jeff, un pêcheur de 24 ans, a expliqué qu’il ne pouvait plus assurer son commerce parce que la flotte loyaliste congolaise faisait feu sur les bateaux qui passaient sur le lac Tanganyka. Selon le jeune pêcheur, les soldats loyalistes qui ont fui Kalémié se trouvent à 25 kilomètres environ, mais il n’a pas voulu expliquer comment il avait cette information. «Les rebelles ont pris ma maison et ont tout volé, y compris 7.000 USD en liquide, et même ma Bible». «Je n’ai pu emporter que ma cuisinière!», a-t-il précisé. «Je voulais me marier dans quatre ou cinq mois. Maintenant, je ne sais plus», dit-il. Les habitants de la ville ont assuré que la vie était meilleure sous Kabila que sous Mobutu Sese Seko, renversé par Kabila en mai 1997, après la victoire de sa propre rébellion qui a duré sept mois. Depuis, les civils et les militaires perçoivent leurs salaires, au moins partiellement, les pensions ont été payées et les soldats, mieux payés que les fonctionnaires civils, se sont comportés correctement, disent les habitants de Kalémié. Maintenant, tous ont peur que les fonctionnaires civils et les retraités ne soient plus payés, et s’inquiètent pour les écoles qui devaient normalement réouvrir dans une semaine, après les vacances. «Tout le monde a peur», dit un jeune homme. «Peur des ennemis (les soldats rebelles) et peur des bombardements». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La population de Kalémié, au sud-est de la RDC, sur les bords du lac Tanganyka, vit dans la terreur, à la fois des soldats rebelles qui ont pris la ville mercredi dernier, et de possibles bombardements de l’aviation gouvernementale. Le président Laurent-Désiré Kabila a déclaré que ses forces encerclaient la ville, qui se trouve au Katanga, sa province natale. «Nous préparons l’assaut final à moins que les agresseurs n’utilisent des sauf-conduits pour échapper à l’écrasement par nos forces», a-t-il déclaré. Racontant la prise de Kalémié, les habitants disent que les soldats de Kabila se sont enfuis sans combattre face aux rebelles conduits par un commandement tutsi. Près de 6.000 des habitants de la ville se sont également enfuis. «Le feu a traversé la ville, mais il n’y a pas eu de morts», prétend un...