Maisons éventrées à la roquette ou au canon, véhicules incendiés: les quartiers est de Kinshasa offraient un spectacle de désolation, après les «opérations de ratissage» de la semaine dernière contre les rebelles infiltrés en ville. La population tentait de réparer les dégâts à Kimbanseke et Masina, quartiers de l’est de la capitale de la République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), totalement bouclés de mercredi à dimanche passés par les Forces armées congolaises (FAC) qui avaient engagé des moyens lourds, dont des chars, contre les «infiltrés». Aucun bilan sur le nombre de morts pendant ces opérations de ratissage n’était disponible. «Nous avons collaboré activement avec l’armée pour neutraliser l’ennemi. Mais que va faire le président Kabila pour ceux d’entre nous qui ont perdu leurs maisons?», demande un habitant. A Kimbanseke et Masina, où vivent environ un million de personnes, des maisons ont été détruites ou endommagées par les tirs d’armes lourdes des forces loyalistes. Le long du boulevard Lumumba, qui mène du centre-ville à l’aéroport international de la capitale, et où les derniers barrages militaires ont été levés lundi, des maisons n’ont plus de toits et leurs murs sont défoncés. Malgré les dégâts, le transport public a repris et les marchés populaires ont rouvert. Le secteur de Kingasani, dans Kimbanseke, a été particulièrement touché. Dans une station d’essence en bordure du boulevard Lumumba, les bâtiments des services administratif et comptable ont été détruits par une explosion. Les cuves d’essence et les pompes ont heureusement été épargnées. Près de là, deux véhicules de transport de troupes des Forces armées congolaises (FAC), dont un blindé de fabrication sud-africaine, ont été immobilisés après avoir été touchés vraisemblablement par des roquettes tirées par des rebelles. «Les rebelles ont tiré des roquettes sur ces deux véhicules», raconte un habitant: «nos soldats qui se trouvaient à bord de ces véhicules ont été tués par les rebelles». Plus au sud-est, à Mikongo, autre secteur de Kimbanseke, une école a été partiellement détruite par les pilonnages de l’armée régulière. A Masina, plus en profondeur, vers la voie ferrée reliant le centre-ville et les quartiers périphériques, les toits des maisons ont été percés par des balles. Près d’un bois d’eucalyptus situé en bordure du boulevard Lumumba, la police a déployé des hommes équipés de véhicules pour les interventions rapides. Se disant préoccupés par l’«agression de leur pays par le Rwanda et l’Ouganda», des habitants, rassemblés par dizaines, discutaient abondamment de l’«anéantissement des derniers rebelles» et de l’attitude des autorités face aux victimes des affrontements. Nombre de rebelles ont été tués ou brûlés vifs par la population ou des soldats. D’autres se sont rendus volontairement. «Il y a encore des rebelles qui se cachent dans des maisons. Ils craignent de se rendre par peur d’être lynchés par la population», affirme un habitant. (AFP)
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