Les Bourses d’Europe centrale et orientale étaient vendredi en plein désarroi, sous le choc de la crise politico-financière à Moscou. Le chaos économique à Moscou a fait souffler un véritable vent de panique à la Bourse de Varsovie dont l’indice principal, le WIG, a chuté vendredi de 9,5% en s’établissant à 11,767 points soit le plus bas depuis mai 1996. «Les investisseurs se comportent comme une foule qui essaie de s’échapper d’un immeuble en feu par un soupirail», a commenté un courtier de la banque polonaise BOS. Les experts attribuent l’effondrement de la Bourse de Varsovie aux nouvelles alarmantes venues de Moscou conjuguées aux fortes baisses de Wall Street et des Bourses asiatiques. «Il n’est plus possible de faire des pronostics pour les jours à venir», selon un courtier de la banque polonaise Gdanski. A Budapest, la Bourse a clôturé vendredi en baisse de 5,49%, une baisse relativement modérée par rapport aux 12% de chute enregistrés à l’ouverture. Le ministre hongrois des Finances Zsigmond Jarai a indiqué que les remous sur la place financière de Budapest étaient provoqués par la débâcle économique en Russie. Il a cependant exclu une dévaluation du forint, la monnaie hongroise, précisant que l’économie était saine et que la Hongrie disposait de neuf milliards de dollars de réserves. A Prague, où la Bourse a connu un jeudi noir avec une chute de 6,83%, la tendance s’est poursuivie vendredi avec une baisse de 3,91%. La Caisse d’épargne tchèque CS, dont les opérations avaient été suspendues jeudi après une chute de 24,1%, est revenue vendredi sur le marché, perdant à nouveau 4,99% à la mi-journée. A Sofia, où la crise russe n’a pas eu d’effet immédiat, la monnaie bulgare le lev étant rattachée au deutschemark, la situation à Moscou est en revanche suivie avec la plus grande attention en raison des liens privilégiés entre les deux pays. Le président bulgare Petar Stoianov se trouvait vendredi à Moscou où il a rencontré Boris Eltsine qui avait, pour la circonstance, réapparu au Kremlin. On note cependant à Sofia que l’effondrement du rouble aura des effets néfastes sur les exportations bulgares en Russie qui se sont élevées en 1997 à 1,3 milliard de dollars. En Roumanie, l’indice BET de la Bourse des valeurs de Bucarest (BVB) a enregistré vendredi une légère hausse de 3,2%, après avoir connu la veille une chute de 9%, à un point seulement du seuil limite d’arrêt des transactions. Les responsables économiques, tout comme les sociétés courtières présentes sur la marché roumain, refusent de lier la tourmente de la BVB à la crise financière en Russie. «Ce serait une erreur d’expliquer notre situation uniquement par la débâcle à Moscou. Notre marché suit notre économie», a estimé le directeur de la BVB, Stere Farmache. (AFP)
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