I La situation économique russe laissait les investisseurs et experts américains inquiets et désemparés à quelques jours de la visite du président Clinton en Russie. «Vu la déliquescence de la situation, on ne veut plus rien dire», résumait jeudi John Anderson, responsable de la communication du secteur des marchés émergents de Chase Manhattan Bank à New York. Jeudi à la mi-journée, Wall Street a perdu jusqu’au 350 points (4%) sur des rumeurs de démission de Boris Eltsine. «L’économie russe suit une évolution du type de celle de l’Indonésie, avec un taux de change qui s’effondre par manque de crédibilité, des soutiens privés extérieurs indisponibles et des recettes d’impôts qui se réduisent», estimait Anders Aslung, un ancien conseiller économique de M. Eltsine maintenant membre de la Fondation Carnegie pour la paix internationale. Au Trésor, on se refusait à tout commentaire en attendant la position de la Maison-Blanche avant le voyage du président Clinton. Le secrétaire adjoint au Trésor, Larry Summers, et le sous-secrétaire pour les affaires internationales, David Lipton, doivent accompagner Bill Clinton à Moscou mardi, a indiqué Dan Israël, porte-parole du Trésor. «Un message fort» du président Clinton «est nécessaire» invitant les Russes à «persévérer vers l’économie de marché malgré les récentes turbulences financières», estimait Jeff Anderson, chargé de l’Europe centrale à l’Institut des finances internationales. «Il est important que les autorités russes prennent des mesures pour restaurer la stabilité et si possible la confiance», ajoute-t-il. «Il n’y a pas de raccourci pour restaurer la confiance des marchés et la balle est dans le camp des Russes», a pour sa part affirmé un porte-parole de la Maison-Blanche, Barry Toiv. Mais, globalement, les responsables américains semblaient avoir davantage de questions que de réponses quant à la situation russe. La semaine dernière, un haut responsable a convoqué une réunion à la Maison-Blanche avec des experts de l’économie russe. «Quelqu’un a-t-il de nouvelles idées pour aider l’économie russe? Personne n’en avait», rapporte jeudi «Le Wall Street Journal». Que peut faire de son côté le FMI? L’institution monétaire, appuyée par les Etats-Unis, a réuni en juillet une aide internationale de 22,6 milliards de dollars et déboursé une tranche de 4,8 milliards de dollars. Celle aide, destinée d’abord à éviter une dévaluation du rouble, a manqué son but. Mercredi, le directeur général du FMI, Michel Camdessus, a rencontré en Crimée, en Ukraine, le premier ministre russe désigné, Viktor Tchernomyrdine, mais ils n’auraient pas évoqué la nécessité de nouveaux crédits, a rapporté le chef du gouvernement russe. Le FMI se refusait à tout commentaire pour l’instant. Il est censé, au vu des progrès des réformes russes sur les impôts et les retraites, débloquer une nouvelle tranche de 4,2 milliards de dollars vers le 15 septembre. Mais la crainte d’une faillite financière pourrait contraindre le FMI à verser l’argent de toute façon. La Russie n’a pas réalisé un seul programme du FMI depuis six ans mais continue à recevoir son soutien, notait un économiste russe Andreï Illarianov, cité par le «Wall Street Journal». (AFP)
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