La classe moyenne russe, dont l’émergence faisait la fierté du président Boris Eltsine, s’est aperçue en quelques jours qu’elle était la première victime de la débâcle économico-financière. Employés de banque, d’entreprises privées, parfois étrangères, petits commerçants ou journalistes, plutôt jeunes, ils ont à peine quitté l’état de pauvreté de l’ex-URSS et commencé à épargner, et s’interrogent déjà sur leur proche avenir. «Je ne peux pas m’imaginer ma vie sans ma carte de crédit», confie Katia, 25 ans, dont le compte d’épargne — comme celui de centaines de milliers de Russes — est bloqué par la banque SBS Agro, depuis une semaine au bord de la faillite. «Personne ne pouvait s’imaginer l’effondrement de SBS Agro: tous les fonctionnaires du gouvernement, plusieurs grandes compagnies russes et étrangères y détiennent leurs comptes», poursuit Katia, ex-employée de l’établissement. Contrairement aux crises financières précédentes provoquées par les réformes monétaires des dernières décennies, qui avaient fait s’évaporer les économies en roubles de millions de petits épargnants, la débâcle d’aujourd’hui a frappé avant tout la jeune classe moyenne russe. Les 18 mois de relative stabilité économique qui ont précédé la crise avaient presque rassuré cette petite partie de la population —5 à 20% des Russes selon les estimations — qui constitue un embryon de la classe moyenne et qui a «quelque chose à perdre». Cette partie de la population, qui a été la première à soutenir Boris Eltsine pour sa réélection il y a deux ans — souvent par un réflexe de peur du retour des communistes—,se considère aujourd’hui comme trahie et abandonnée par le pouvoir. «Un président capable de disparaître pendant trois jours au plus fort de la crise n’existe plus pour moi», résume Oleg, un juriste de 40 ans. Boris Eltsine, de mardi à jeudi, s’est terré dans une résidence de campagne, à 100 kilomètres de la capitale. Sacha, un employé d’une chaîne de télévision russe de 24 ans, était descendu dans la rue «pour soutenir Eltsine sur les barricades pendant le coup d’Etat en août 1991», pour défendre la démocratie. Cette fois, il sait qu’aucune manifestation ne lui rendra son argent: «Il faut donc continuer à vivre et à travailler», dit-il. (AFP)
La classe moyenne russe, dont l’émergence faisait la fierté du président Boris Eltsine, s’est aperçue en quelques jours qu’elle était la première victime de la débâcle économico-financière. Employés de banque, d’entreprises privées, parfois étrangères, petits commerçants ou journalistes, plutôt jeunes, ils ont à peine quitté l’état de pauvreté de l’ex-URSS et commencé à épargner, et s’interrogent déjà sur leur proche avenir. «Je ne peux pas m’imaginer ma vie sans ma carte de crédit», confie Katia, 25 ans, dont le compte d’épargne — comme celui de centaines de milliers de Russes — est bloqué par la banque SBS Agro, depuis une semaine au bord de la faillite. «Personne ne pouvait s’imaginer l’effondrement de SBS Agro: tous les fonctionnaires du gouvernement, plusieurs grandes...
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