Le président de la Douma, Guennadi Seleznev, estime indispensable une émission monétaire de 30 à 50 milliards de roubles et refuse le «diktat» des organisations financières internationales, dans une interview diffusée vendredi par l’agence russe Interfax. Une émission monétaire «mesurée et contrôlée» permettrait d’après M. Seleznev de stimuler les entreprises russes, et la moitié de la somme émise reviendrait ainsi, d’après lui, dans les caisses de l’Etat sous forme de taxes et d’impôts. La masse monétaire en roubles représente seulement 4% du PIB, alors que cette proportion est bien supérieure dans les pays développés, observe par ailleurs le président de la Douma, qui est l’un des membres influents du Parti communiste. «Et le gouvernement de M. Tchernomyrdine, et celui de M. Kirienko, ont mené la politique monétariste néfaste (initiée en son temps par) Egor Gaïdar, au cours de laquelle les entreprises russes n’ont reçu aucune aide de l’Etat», estime encore M. Seleznev. «Il n’y a eu aucune politique industrielle», ajoute-t-il. Les crédits accordés à la Russie par les organisations financières internationales ont été «en partie investis dans des secteurs déficitaires, et en partie détournés», estime par ailleurs Guennadi Seleznev. Soulignant qu’il est favorable à la collaborations avec le Fonds monétaire international (FMI) et les organisations financières internationales, le président de la Douma prévient dans le même temps «qu’il est pour nous inacceptable qu’elles (les organisations) nous dictent leurs conditions». M. Seleznev égratigne au passage le représentant spécial du président russe auprès des organisations financières internationales, et la bête noire de la Douma majoritairement communiste, Anatoli Tchoubaïs. M. Tchoubaïs «est l’une des personnes les plus malhonnêtes en Russie, l’Ouest lui fait encore confiance, mais c’est un roublard qui n’a pas le droit de chercher de l’argent pour la Russie», estime le président de la Douma. M. Tchoubaïs, qui bénéficie de la confiance des milieux financiers internationaux, avait négocié en juillet l’attribution à la Russie d’un prêt extraordinaire de stabilisation par le FMI et d’autres institutions financières. Concernant la confirmation au poste de premier ministre de Viktor Tchernomyrdine, M. Seleznev prévient que la Douma ne l’accordera qu’à la condition que Boris Eltsine accepte de son côté les propositions d’une commission Parlement-gouvernement visant à réduire les pouvoirs du président, ainsi que le programme des priorités de développement économique et social avancé par la Douma. Dans le cas contraire, M. Tchernomyrdine ne sera pas confirmé à son poste, «même sous la menace d’une dissolution de la Douma», affirme encore M. Seleznev. Le Kremlin avait jugé jeudi «excessives» les propositions de la commission Parlement-gouvernement sur la limitation des prérogatives présidentielles, tout en se gardant de les rejeter totalement. Quant au programme économique de la commission proposant, outre une émission de monnaie, des nationalisations, un soutien aux producteurs nationaux et une protection des monopoles, il va totalement à l’encontre du programme du précédent gouvernement qui avait été mis au point en concertation avec le FMI. M. Tchernomyrdine a d’ailleurs écarté a priori une politique d’émission monétaire, en déclarant jeudi que la première tâche du gouvernement russe était d’arrêter la chute du rouble. Le président de la Douma affirme enfin dans l’interview à Interfax et au «Financial Times» «ne pas douter» que la Chambre basse du Parlement rassemblera au début de l’automne la majorité nécessaire à la destitution de M. Elstine «au moins pour l’un des chefs d’accusation — le déclenchement de la guerre de Tchétchénie». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président de la Douma, Guennadi Seleznev, estime indispensable une émission monétaire de 30 à 50 milliards de roubles et refuse le «diktat» des organisations financières internationales, dans une interview diffusée vendredi par l’agence russe Interfax. Une émission monétaire «mesurée et contrôlée» permettrait d’après M. Seleznev de stimuler les entreprises russes, et la moitié de la somme émise reviendrait ainsi, d’après lui, dans les caisses de l’Etat sous forme de taxes et d’impôts. La masse monétaire en roubles représente seulement 4% du PIB, alors que cette proportion est bien supérieure dans les pays développés, observe par ailleurs le président de la Douma, qui est l’un des membres influents du Parti communiste. «Et le gouvernement de M. Tchernomyrdine, et celui de M. Kirienko, ont mené...