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Actualités - Chronologie

Les russes commencent à sentir l'odeur de la crise (photos)

Distributeurs de billets fermés, points de change dépourvus de liquidités, files d’attente devant les banques, magasins fermés: la Russie s’enfonce lentement dans une atmosphère de crise. La panique commençait jeudi à gagner les clients des bureaux de change, ces derniers ne proposant plus aucun dollar, la monnaie-refuge en temps de crise en Russie. «Les dollars, il n’y en a nulle part, j’ai fait une dizaine de bureaux de change ce matin», lance un jeune homme à trois ou quatre personnes attendant devant un point de change au centre-ville. Ces acheteurs de dollars, pragmatiques, guettent devant les bureaux l’arrivée d’un possesseur de billets verts pour racheter immédiatement toute la somme en proposant jusqu’à 13 roubles en fin de matinée, renouant avec la tradition du marché noir disparue avec l’Union Soviétique. «Je pense que c’est la plus grande débâcle depuis la fin de l’URSS. Et ce n’est qu’un début», commente Andreï, un ingénieur de 40 ans, en attendant un hypothétique «vendeur de dollars». «La rentrée n’est pas radieuse: j’avais 20 roubles dans ma poche quand j’ai appris son effondrement», raconte Iouri, un ingénieur de 40 ans qui attend maintenant devant la banque SBS Agro (au bord de la faillite depuis la semaine dernière) pour retirer les 1.000 roubles maximum (environ 50 dollars au cours de la rue jeudi) que l’établissement laissait sortir de chaque compte. Des clients — rarement plus d’une dizaine de personnes — attendent devant plusieurs établissements, dans la rue, avec calme et résignation. Les banques font entrer leurs clients un par un. Elles laissent sortir quelques roubles, jamais de dollars. «Les gens n’ont pas encore compris la gravité de la situation», estime pourtant Iouri. «Je ne veux pas encore fermer mon compte, je veux juste retirer au guichet quelques centaines de roubles pour mes courses quotidiennes», dit Irina, une jeune cliente de la SBS Agro. «La situation peut encore se redresser», se rassure-t-elle. «Moi, si c’était possible, je retirerais tout: l’argent qui est dans ma poche y est toujours, et celui que j’ai mis à la banque risque de s’évaporer en un clin d’œil», rétorque Tatiana Dobrynina, une retraitée pour qui les intérêts bancaires «étaient la principale source de revenus». Une grande partie de la population, traumatisée par les nombreuses réformes monétaires des dernières décennies (qui ont ruiné des milliers de Soviétiques puis de Russes), préfère garder ses économies dans des bas de laine et en dollars. Ils n’ont pas encore oublié l’hyper-inflation des années 1992-1994, lorsque les prix gagnaient entre 300 et 2.500% par an. Plusieurs magasins qui vendent des produits importés ont fermé leurs portes — comme Nike, au centre de la capitale. D’autres ont déjà augmenté leurs prix de 30 à 45%, comme un magasin moscovite de meubles italiens. Les petits commerces ont eux aussi changé les étiquettes des articles importés, qui représentent la part de lion du réseau commercial en Russie. «Les grossistes ont augmenté de 25% les prix des Marlboro et des Winston. Nos clients se préparent déjà à fumer russe», dit Lioudmila, souriante vendeuse de 29 ans. Les mêmes scènes et les mêmes effets se reproduisaient à travers toute la Russie, rapportaient vendredi les chaînes de télévision russes. (AFP)
Distributeurs de billets fermés, points de change dépourvus de liquidités, files d’attente devant les banques, magasins fermés: la Russie s’enfonce lentement dans une atmosphère de crise. La panique commençait jeudi à gagner les clients des bureaux de change, ces derniers ne proposant plus aucun dollar, la monnaie-refuge en temps de crise en Russie. «Les dollars, il n’y en a nulle part, j’ai fait une dizaine de bureaux de change ce matin», lance un jeune homme à trois ou quatre personnes attendant devant un point de change au centre-ville. Ces acheteurs de dollars, pragmatiques, guettent devant les bureaux l’arrivée d’un possesseur de billets verts pour racheter immédiatement toute la somme en proposant jusqu’à 13 roubles en fin de matinée, renouant avec la tradition du marché noir disparue avec l’Union...