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Actualités - Chronologie

Des détails restent à mettre au point avant la tenue du procès

Tripoli, Washington et Londres sont tombés d’accord pour faire juger aux Pays-Bas les deux Libyens soupçonnés d’implication dans l’attentat de Lockerbie, mais des détails restent à régler avant un procès. Selon des diplomates en poste à Tripoli, ces détails ne remettent cependant pas en cause l’ensemble de la procédure. «Tout le monde veut ce procès. La Libye pour satisfaire son peuple et les Occidentaux pour éviter le camouflet d’un embargo de plus en plus violé, sans compter l’arrêt de la Cour internationale de justice qui a donné raison à Tripoli, en se déclarant compétente à statuer sur le conflit», en février dernier, note un diplomate européen. Washington et Londres ont accepté lundi une idée défendue depuis trois ans par Tripoli — un procès des deux Libyens aux Pays-Bas selon la loi écossaise et avec des juges écossais — revenant ainsi sur leur exigence d’extradition des deux suspects. Le numéro un libyen Mouammar Kadhafi a assuré, dans une interview à la chaîne américaine CNN, que son pays «ne pouvait avoir aucune objection à cette proposition, qui est à l’origine une initiative libyenne, appuyée par la Ligue arabe et les organisations internationales». Mais tout en soulignant qu’il ne posait «aucune condition», il a réclamé des «garanties» pour les deux suspects. «Il y a encore des détails à clarifier sur les conditions de leur comparution et leur sort s’ils sont inculpés ou condamnés», a précisé M. Kadhafi, qui a fait appel à «la responsabilité au Conseil de Sécurité et du secrétaire général de l’ONU» Kofi Annan pour régler ces détails. Divergences Pour le diplomate européen, «le secrétaire général de l’ONU n’aura pas de mal à trouver les garanties juridiques réclamées par Tripoli. Washington et Londres ont accepté ce procès, ils ne vont pas le faire échouer». Les points de divergence qui pourraient apparaître sont nombreux. La résolution de l’ONU précise ainsi que l’embargo imposé à la Libye sera suspendu «dès que le secrétaire général aura rendu compte au Conseil que les deux accusés sont arrivés aux Pays-Bas aux fins du procès». Or Washington exige qu’ils soient «livrés aux autorités» néerlandaises, alors que Tripoli préfère évoquer leur «comparution». «Pièges» et «ruses» La résolution votée jeudi comprend en outre une menace voilée à des «mesures supplémentaires» en cas de refus libyen, une formule adoucie par rapport aux menaces de «sanctions supplémentaires» formulées lundi par le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright, qui a présenté l’offre américano-britannique comme «à prendre ou à laisser». M. Kadhafi a fait état jeudi soir de «pièges» ou «ruses» que Washington et Londres auraient voulu faire passer dans la résolution de l’ONU. Si les Etats-Unis ont «voulu pousser Kadhafi à refuser par dignité, c’est raté», affirme un autre diplomate européen, qui estime «superflu et ridicule le ton abrupt et la menace quand on vient de faire un revirement de 360 degrés pour freiner l’appui grandissant en faveur de la levée des sanctions». Le renoncement de Washington et Londres à l’extradition vers l’un ou l’autre pays de deux suspects est intervenu à quelques jours d’un sommet des pays non alignés, avec l’affaire Lockerbie à l’ordre du jour. Washington «n’a pas pu convaincre les pays européens d’imposer un embargo pétrolier à la Libye, même au plus fort de l’isolement international de Tripoli», rappelle ce diplomate. (AFP)
Tripoli, Washington et Londres sont tombés d’accord pour faire juger aux Pays-Bas les deux Libyens soupçonnés d’implication dans l’attentat de Lockerbie, mais des détails restent à régler avant un procès. Selon des diplomates en poste à Tripoli, ces détails ne remettent cependant pas en cause l’ensemble de la procédure. «Tout le monde veut ce procès. La Libye pour satisfaire son peuple et les Occidentaux pour éviter le camouflet d’un embargo de plus en plus violé, sans compter l’arrêt de la Cour internationale de justice qui a donné raison à Tripoli, en se déclarant compétente à statuer sur le conflit», en février dernier, note un diplomate européen. Washington et Londres ont accepté lundi une idée défendue depuis trois ans par Tripoli — un procès des deux Libyens aux Pays-Bas selon la loi...