Le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté jeudi soir une résolution suspendant les sanctions contre la Libye si les deux suspects libyens de l’attentat de Lockerbie comparaissent en justice aux Pays-Bas. La résolution, présentée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a été adoptée à l’unanimité des quinze membres du Conseil. Un embargo aérien et sur les armes et des sanctions diplomatiques sont imposés à la Libye depuis 1992 et ont été renforcés en 1993 par des sanctions financières. Ces sanctions seront suspendues «immédiatement» — mais non levées — si le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan informe le Conseil de l’arrivée aux Pays-Bas des deux Libyens suspectés d’avoir organisé l’attentat de Lockerbie, selon la résolution. L’explosion en vol en décembre 1988 d’un Boeing 747 de la Pan Am, au-dessus du village écossais de Lockerbie, avait fait 270 morts. Dans un revirement de leur politique, Washington et Londres ont accepté lundi que les deux suspects Libyens soient jugés aux Pays-Bas par des juges écossais et selon le droit écossais, comme l’avait proposé Tripoli. Les deux pays insistaient jusqu’à présent pour que les deux hommes, Abdel Basset Ali Mohammed Megrahi et Amine Khalifa Fhimah, soient jugés aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. L’ambassadeur libyen aux Nations Unies, Abuzed Dora, a clairement affirmé devant le Conseil que la Libye «accepte» que ses deux ressortissants comparaissent aux Pays-Bas. Il s’agit d’une «position sérieuse et irréversible», a dit l’ambassadeur à l’occasion du débat précédant le vote. La Libye «accepte que les deux suspects soient jugés dans un tribunal écossais aux Pays-Bas par des juges écossais et selon le droit écossais», a dit M. Dorda. Le délégué libyen a toutefois énuméré une série de questions juridiques et de procédure pour la comparution des deux hommes. Coutenu hostile et négatif Le chargé d’affaires américain, Peter Burleigh, a ainsi déclaré «regretter profondément le contenu hostile et négatif et le ton du représentant libyen ce soir». «Ce que nous demandons aux Libyens, ce ne sont pas des déclarations agressives, équivoques ou conditionnelles, mais une acceptation simple et franche», a-t-il dit . «Nous attendons maintenant du gouvernement libyen une action rapide. Nous espérons que leurs actions apporteront la preuve de leurs intentions déclarées», a ajouté l’ambassadeur américain. Si les deux Libyens ne comparaissent pas «rapidement» en justice, le Conseil prévoit de prendre «des mesures supplémentaires». Washington a menacé d’imposer un embargo pétrolier si Tripoli n’obtempère pas rapidement. Le texte de la résolution souligne que la Libye «devra assurer la présentation des deux accusés aux Pays-Bas aux fins du procès», ainsi que celles de témoins si la Cour le réclame. Le Conseil demande au secrétaire général de l’ONU Kofi Annan de désigner des observateurs internationaux au procès. La résolution pose également comme condition à la suspension des sanctions que M. Annan rapporte que «le gouvernement libyen a donné satisfaction aux autorités judiciaires françaises à propos de l’attentat contre le vol UTA 772». L’explosion en vol au-dessus du Niger d’un DC-10 d’UTA en septembre 1989 avait 170 morts. La justice française a imputé cemt attentat aux services secrets libyens dont elle doit juger prochainement six membres par contumace. Plusieurs délégations, notamment celles de Chine et de Bahrein, ont souhaité que le vote de jeudi soit «un premier pas vers une levée définitive des sanctions». L’embargo aérien est de plus en plus ouvertement battu en brèche par les pays africains et le sommet des non-alignés, qui se tiendra dans quelques jours en Afrique du Sud, devait accentuer la pression contre les sanctions. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Conseil de Sécurité de l’ONU a voté jeudi soir une résolution suspendant les sanctions contre la Libye si les deux suspects libyens de l’attentat de Lockerbie comparaissent en justice aux Pays-Bas. La résolution, présentée par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, a été adoptée à l’unanimité des quinze membres du Conseil. Un embargo aérien et sur les armes et des sanctions diplomatiques sont imposés à la Libye depuis 1992 et ont été renforcés en 1993 par des sanctions financières. Ces sanctions seront suspendues «immédiatement» — mais non levées — si le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan informe le Conseil de l’arrivée aux Pays-Bas des deux Libyens suspectés d’avoir organisé l’attentat de Lockerbie, selon la résolution. L’explosion en vol en décembre 1988 d’un Boeing 747 de la...