Alger découvre l'incroyable : un repaire terroriste sous une résidence d'Etat
le 27 août 1998 à 00h00
Un tunnel où cinq jeunes ont été assassinés dimanche par des islamistes armés qui en avaient fait leur refuge, passait sous Djenane el-Mithak, principale résidence d’Etat hébergeant des délégations étrangères, s’étonnaient hier des journaux d’Alger. «Alger sous le choc: on assassine sous Djenane el-Mithak», titrait à la «une» Liberté, le principal quotidien francophone. «Le constat est pénible mais indispensable: les forces de sécurité ont dû défoncer la porte d’une entrée située sous la résidence el-Mithak pour retirer les corps», écrit un journaliste, en soulignant qu’il ne pouvait s’empêcher «d’imaginer les terribles conséquences médiatico-politiques si le groupe terroriste, auteur des cinq assassinats, avait décidé de déposer une ou plusieurs bombes sous la résidence». «Ils pouvaient bien introduire dans le dédale souterrain des explosifs, puisqu’apparemment ils pouvaient y entrer et en sortir sans encombres», suppose le quotidien. Le journal se demande, avec ironie, si les auteurs du quintuple meurtre ne seraient pas «terrés quelque part dans un appartement des hauteurs «chic» d’Alger». De son côté, «Le Matin» constate que le meurtre des jeunes adolescents «ne s’est pas passé dans un douar isolé de l’intérieur du pays, ou au sommet d’une montagne inaccessible», mais «dans un tunnel ceinturant une résidence d’Etat». «El-Watan» s’interroge sur les raisons qui ont retardé la fermeture de ce tunnel, situé «à proximité d’un site sécurisé à longueur d’année». Mardi, lors des funérailles des cinq jeunes, des Algérois ont exprimé leur colère et leur étonnement. «Les terroristes étaient cachés sous leurs pieds (ceux des autorités) et elles ne s’en étaient même pas rendues compte», s’est écriée une vieille dame. Les cinq adolescents s’étai-ent aventurés dans le tunnel pour l’explorer. Une fois dedans, ils sont tombés sur un groupe islamiste armé qui les a exécutés. Selon un spécialiste cité par le quotidien «el-Watan», le tunnel est en fait une galerie de drainage d’eau de source, composée de plusieurs niveaux et dotée de plusieurs accès. Il abrite un étang que les cinq jeunes avaient découvert il y a un mois et où ils allaient se rafraîchir, selon des témoignages. Alger est une ville bâtie en cascade sur une colline. Elle abrite beaucoup de grottes. Il y a quelques mois, les services de sécurité avaient ratissé les réseaux d’assainissement de la capitale, soupçonnant des islamistes armés de s’y cacher. (AFP-Reuters)
Un tunnel où cinq jeunes ont été assassinés dimanche par des islamistes armés qui en avaient fait leur refuge, passait sous Djenane el-Mithak, principale résidence d’Etat hébergeant des délégations étrangères, s’étonnaient hier des journaux d’Alger. «Alger sous le choc: on assassine sous Djenane el-Mithak», titrait à la «une» Liberté, le principal quotidien francophone. «Le constat est pénible mais indispensable: les forces de sécurité ont dû défoncer la porte d’une entrée située sous la résidence el-Mithak pour retirer les corps», écrit un journaliste, en soulignant qu’il ne pouvait s’empêcher «d’imaginer les terribles conséquences médiatico-politiques si le groupe terroriste, auteur des cinq assassinats, avait décidé de déposer une ou plusieurs bombes sous la résidence». «Ils...
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