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Actualités - Chronologie

De faux criminels de guerre paient cher une erreur d'identité

Une erreur d’identité a coûté à deux policiers serbes bosniaques, un temps recherchés par la justice internationale pour crimes de guerre, leur carrière et leur vie privée. Etalant sur la table d’un petit bar de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie) documents officiels et coupures de presse, Nedeljko Timarac, 44 ans, et Dragan Kondic, 33 ans, expliquent comment on les a confondus avec deux anciens réservistes de la police aux prénoms différents, Djelko Timarac et Milivoje Kondic. Ce qui leur a valu de découvrir en novembre 1996 leurs noms sur la liste des inculpés du Tribunal pénal international (TPI); d’être accusés d’atrocités pendant la guerre de Bosnie dans le camp de concentration de Keraterm; d’être invités par leurs chefs à quitter la police et à se mettre discrètement à l’abri, en demi-solde; et de se retrouver, eux et leurs familles, «marqués comme des criminels», répètent-ils tous les deux. A 500 mètres de là, on voit les bâtiments de briques rouges de l’usine désaffectée de Keraterm, où les prisonniers musulmans et croates étaient affamés, battus, torturés ou tués. «Je n’ai jamais mis les pieds à Keraterm», affirme Dragan Kondic, ancien policier de la route. «Je n’y suis allé qu’une fois, avec un juge et un médecin légiste, en mission d’identité judiciaire», dit Nedeljko Timarac. Le TPI a reconnu son erreur puisque l’inculpation a été levée sur ses registres officiels en mai et l’avocat des deux hommes a été informé que leurs noms avaient été retirés de la liste des inculpés. Mais quatre mois plus tard, sans espoir d’indemnisation de la part du TPI, ils n’ont toujours pas été réintégrés dans la police et accusent politiciens et policiers locaux de les oublier sciemment, pour éviter des remous qui compromettraient les vrais coupables. «Des collègues...» «Qu’on ne parle plus de rien, c’est mieux pour certains, si nous arrivions par exemple à passer en justice en Republika Sprska pour être blanchis publiquement, des informations nouvelles pourraient surgir au procès et les noms de vrais criminels, risqueraient d’être rendus publics», estime Nedeljko Timarac. Et leurs homonymes? Aucun des deux hommes ne veut porter d’accusation, de peur de représailles. Dragan Kondic dit que sa famille a été menacée, Nedeljko Timarac fait simplement un signe explicite en passant un doigt le long de sa gorge. Tout au plus admettent-ils que «des collègues policiers» leur ont dit qu’ils avaient été confondus avec ces deux hommes, et que ceux-ci étaient bien gardiens au camp de Keraterm. Que sont-ils devenus? Aucun des deux n’a été arrêté et Milivoje Kondic, au moins, est toujours à Prijedor: un journaliste local crédible a indiqué l’y avoir rencontré il y a quelques semaines. Les deux policiers suspendus s’en prennent bien sûr au TPI, dont l’image a déjà souffert ces dernières semaines d’une autre erreur d’identité — des jumeaux capturés mais ce n’étaient pas les bons — et de deux morts consécutives dans ses cellules. «Il y a aujourd’hui dans la police de Republika Sprska des gens qui ont, eux, commis des crimes de guerre. Si l’ONU faisait mieux son travail, ils pourraient les trouver facilement», déclare Nedeljko Timarac. Mais c’est aux autorités serbes bosniaques qu’ils en veulent le plus. Le même ajoute: «J’ai joué le jeu avec eux quand ils m’ont demandé de partir discrètement, je m’attendais à ce qu’ils jouent le jeu avec moi quand le TPI a reconnu son erreur». Son ancien collègue, qui égrène la liste des démarches vaines pour obtenir sa réintégration, se lamente: «J’étais sur la liste (du TPI), je suis marqué comme un criminel, mon nom est marqué , ma vie privée est détruite, ma famille a souffert, et j’ai encore peur pour leur vie et la mienne». (AFP)
Une erreur d’identité a coûté à deux policiers serbes bosniaques, un temps recherchés par la justice internationale pour crimes de guerre, leur carrière et leur vie privée. Etalant sur la table d’un petit bar de Prijedor (nord-ouest de la Bosnie) documents officiels et coupures de presse, Nedeljko Timarac, 44 ans, et Dragan Kondic, 33 ans, expliquent comment on les a confondus avec deux anciens réservistes de la police aux prénoms différents, Djelko Timarac et Milivoje Kondic. Ce qui leur a valu de découvrir en novembre 1996 leurs noms sur la liste des inculpés du Tribunal pénal international (TPI); d’être accusés d’atrocités pendant la guerre de Bosnie dans le camp de concentration de Keraterm; d’être invités par leurs chefs à quitter la police et à se mettre discrètement à l’abri, en demi-solde; et de...