L'Europe vilipendée aux obsèques d'Assadollah Ladjevardi (photo)
le 26 août 1998 à 00h00
Plusieurs milliers de personnes ont participé mardi devant le siège du Parlement iranien aux obsèques officielles d’Assadollah Ladjevardi, personnalité du régime, tué dimanche avec deux autres personnes dans un attentat en plein bazar de Téhéran. La foule, parmi laquelle de très nombreux commerçants du bazar et des femmes en tchador noir, a scandé des slogans hostiles à l’organisation des Moudjahidine du Peuple, principal groupe de l’opposition armée au régime iranien, qui a revendiqué l’attentat contre celui qu’elle avait surnommé «le boucher de Téhéran». Depuis deux jours, les médias et les dirigeants iraniens ont rendu hommage à Assadollah Ladjevardi, en le qualifiant de «héros de la résistance et pionnier du mouvement islamique et de la lutte contre le régime du Chah». Les trois cercueils, recouverts de drapeaux iraniens, étaient exposés devant le siège du Parlement. Les funérailles se sont déroulées en présence notamment du président du Parlement Ali Akbar Nategh-Nouri et des parlementaires. Dans un discours, le président du Parlement a qualifié cet attentat de «bêtise sans aucune valeur militaire». «Les pays d’Europe scandent des slogans de lutte contre les violations des droits de l’homme alors qu’en même temps ils donnent refuge aux hypocrites terroristes», a affirmé M. Nategh-Nouri, estimant que «le peuple d’Iran ne peut pas fermer les yeux sur ces contradictions». Le terme hypocrite désigne les Moudjahidine du Peuple, dans la terminologie officielle en Iran. «De telles attitudes contradictoires peuvent affecter les relations bilatérales», a lancé le président du Parlement sans autres précisions. Le grand bazar de Téhéran, où a eu lieu l’attentat dimanche, était fermé mardi matin en signe de deuil. Le président Mohammad Khatami a condamné le premier cet attentat. Le guide de la République islamique l’ayatollah Ali Khamenei ainsi que l’ancien président Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani et le président du Parlement l’ont condamné dans des messages publics séparés. Remplacé l’an dernier à la tête de la prison d’Evine de Téhéran, Assadollah Ladjevardi, 63 ans, était un militant islamiste proche de l’imam Khomeiny, le fondateur de la République islamique. Il était activement engagé dans la lutte contre le régime impérial du Chah avant la révolution de 1979. Emprisonné avant la révolution, il a passé plusieurs années de détention dans des prisons du Chah dont celle d’Evine, considérée comme la plus importante du pays. Ancien procureur des tribunaux révolutionnaires au lendemain de la révolution de 1979, et ex-directeur de la plus grande prison d’Iran, Assadollah Ladjevardi a été tué par balles par au moins deux «éléments contre-révolutionnaires inconnus». L’un des deux assaillants, dont l’identité n’a pas été précisée, a été immédiatement arrêté par les forces de l’ordre. (AFP)
Plusieurs milliers de personnes ont participé mardi devant le siège du Parlement iranien aux obsèques officielles d’Assadollah Ladjevardi, personnalité du régime, tué dimanche avec deux autres personnes dans un attentat en plein bazar de Téhéran. La foule, parmi laquelle de très nombreux commerçants du bazar et des femmes en tchador noir, a scandé des slogans hostiles à l’organisation des Moudjahidine du Peuple, principal groupe de l’opposition armée au régime iranien, qui a revendiqué l’attentat contre celui qu’elle avait surnommé «le boucher de Téhéran». Depuis deux jours, les médias et les dirigeants iraniens ont rendu hommage à Assadollah Ladjevardi, en le qualifiant de «héros de la résistance et pionnier du mouvement islamique et de la lutte contre le régime du Chah». Les trois cercueils,...
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