Le gouvernement ivoirien a mis en place un Fonds national de solidarité doté de 600 millions de F CFA (6 millions de FF) pour le traitement des personnes porteuses du virus du sida, a-t-on appris jeudi à Abidjan. Le coût du traitement mensuel d’une bithérapie variera, selon les moyens financiers des bénéficiaires, entre 25.000 F CFA (100 CFA = 1 FF) et 100.000 F CFA au lieu de 200.000 F CFA, prix moyen en pharmacie. Les trithérapies coûtent actuellement en Côte d’Ivoire environ 500.000 F CFA. Ces traitements seront proposés dans un premier temps dans trois centres agréés à Abidjan, puis dans huit. L’objectif est d’étendre cette prise en charge à des centres de province. Trois laboratoires se sont engagés à faire un effort financier pour le suivi des bénéficiaires. L’initiative qui démarre lundi prochain concernera 4.000 personnes dont 1.500 femmes séropositives dépistées au cours de leur grossesse et qui ont déjà été traitées à l’AZT dans le cadre d’études sur la transmission mère-enfant, et 500 séropositifs appartenant à des associations de personnes vivant avec le VIH/sida. Les autres sont les séropositifs déjà engagés dans un traitement et qui bénéficieront d’une réduction pouvant aller jusqu’à 80% sur le prix des médicaments, a annoncé à la presse le ministre ivoirien de la Santé Maurice Kakou Guikahué. La Côte d’Ivoire a négocié avec certains laboratoires des réductions et subventionnera ensuite ces médicaments à hauteur de 75% grâce à ce fonds, dont la gestion a été confiée conjointement à l’évêque d’Abidjan, Mgr Agré, l’imam Cissé Djiguiba (imam de la Mosquée du Plateau, quartier d’affaires de la capitale économique ivoirienne) et un comptable nommé par le ministre de l’Economie et des Finances. Réalisme En outre, des initiatives ont été prises pour que le Bactrim, antibiotique dont la prise régulière réduit considérablement la survenue des infections opportunistes soit disponible dans toutes les formations sanitaires. Le salaire minimum en Côte d’ivoire est d’environ 35.000 F CFA. «Même 25.000 F CFA par mois, c’est encore cher. Mais il faut être réaliste et nous allons nous serrer les coudes pour que la solidarité joue également entre nous», a expliqué Etienne Tapé-Bi, membre de l’association Lumière Action, l’une des cinq associations de séropositifs concernées par l’initiative. «Il faudra ensuite que ce fonds continue à être alimenté pour que les traitements puissent être poursuivis et que de nouveaux malades en bénéficient. Nous lançons déjà un appel aux donateurs», a déclaré Jeanne Kouamé, présidente de cette association. Le directeur du Programme national de lutte contre le sida, le Dr Malik Coulibaly, a précisé que ce fonds serait régulièrement alimenté sur le budget de l’Etat, mais a invité la société civile, les entreprises privées — en particulier les sociétés d’assurances —, à y contribuer. En 1985, la Côte d’Ivoire, où deux cas de sida étaient officiellement recensés, comptait 37.000 séropositifs, Aujourd’hui, au moins 10% de la population est séropositive en Côte d’Ivoire, soit environ 150.000 personnes, selon le ministère de la Santé. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement ivoirien a mis en place un Fonds national de solidarité doté de 600 millions de F CFA (6 millions de FF) pour le traitement des personnes porteuses du virus du sida, a-t-on appris jeudi à Abidjan. Le coût du traitement mensuel d’une bithérapie variera, selon les moyens financiers des bénéficiaires, entre 25.000 F CFA (100 CFA = 1 FF) et 100.000 F CFA au lieu de 200.000 F CFA, prix moyen en pharmacie. Les trithérapies coûtent actuellement en Côte d’Ivoire environ 500.000 F CFA. Ces traitements seront proposés dans un premier temps dans trois centres agréés à Abidjan, puis dans huit. L’objectif est d’étendre cette prise en charge à des centres de province. Trois laboratoires se sont engagés à faire un effort financier pour le suivi des bénéficiaires. L’initiative qui démarre lundi prochain...