Le conflit en République démocratique du Congo (ex-Zaïre) s’est internationalisé, hier, alors que la rébellion annonçait qu’elle sera à Kinshasa «avant quatre jours». Des soldats zimbabwéens sont arrivés dans la capitale congolaise pour soutenir les forces du président Laurent-Désiré Kabila, conformément à une décision en ce sens prise par le chef de l’Etat zimbabwéen Robert Mugabe. Mais le président sud-africain Nelson Mandela a adopté une attitude totalement différente, choisissant de jouer la carte du cessez-le-feu. «Nous nous trouvons aujourd’hui au bord d’un conflit militaire sans précédent en Afrique subsaharienne», a déclaré au Cap devant le Parlement le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Alfred Nzo, retour du Rwanda et de l’Ouganda. Sur le terrain en RDC, fort du soutien du président zimbabwéen, le gouvernement de Kinshasa a paru reprendre l’initiative face aux rebelles, annonçant une intensification des «pilonnages». Jeudi soir, il n’avait toujours pas répondu aux premières offres de négociation, faites mercredi par les rebelles. Robert Mugabe a accusé le Rwanda d’être impliqué directement dans le conflit en RDC, justifiant ainsi sa position favorable à une intervention militaire dans ce pays. M. Mandela s’est entretenu au téléphone avec M. Kabila, discussion qui l’a laissé optimiste quant à une «solution pacifique». Pour M. Kabila, «son pays a été envahi par l’Ouganda et le Rwanda et si ces pays appellent à un cessez-le-feu, cela permettra de progresser vers une solution pacifique», a déclaré Mandela. Pour résoudre les «différences d’opinion» au sein de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC — 14 pays), Mandela a souhaité la tenue rapide d’un sommet de l’organisation, qu’il préside actuellement. Face à ce début de mobilisation internationale, le gouvernement de Kinshasa, mercredi encore sur la défensive face à l’avancée rebelle, a affirmé que ses forces armées allaient intensifier leurs «pilonnages» des positions rebelles, a indiqué le ministre de l’Information, Didier Mumengi. Du côté de la rébellion, un de ses dirigeants, le commandant Sylvain Buki, a affirmé que Kinshasa tomberait avant «trois ou quatre jours». Il a appuyé sa prédiction sur le fait que la ville de Banza Ngungu, à 150 kilomètres de Kinshasa, était passée aux mains des rebelles. Mais sur le plan politique, la rébellion n’a pas caché son inquiétude face aux soutiens promis à Kabila. Une telle aide «peut changer le cours de la guerre. Et comme Kabila cherche des alliés dans toute la région, cela peut vraiment enflammer la zone», a commenté à Goma une source proche des dirigeants rebelles. Pour M. Mumengi, de telles négociations ne devraient réunir que la RDC et ses voisins, le Rwanda et l’Ouganda. «Nous devons discuter avec la Rwanda et l’Ouganda des conditions d’une vie conviviale dans la région des Grands Lacs», a, «à titre personnel», estimé M. Mumengi. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le conflit en République démocratique du Congo (ex-Zaïre) s’est internationalisé, hier, alors que la rébellion annonçait qu’elle sera à Kinshasa «avant quatre jours». Des soldats zimbabwéens sont arrivés dans la capitale congolaise pour soutenir les forces du président Laurent-Désiré Kabila, conformément à une décision en ce sens prise par le chef de l’Etat zimbabwéen Robert Mugabe. Mais le président sud-africain Nelson Mandela a adopté une attitude totalement différente, choisissant de jouer la carte du cessez-le-feu. «Nous nous trouvons aujourd’hui au bord d’un conflit militaire sans précédent en Afrique subsaharienne», a déclaré au Cap devant le Parlement le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Alfred Nzo, retour du Rwanda et de l’Ouganda. Sur le terrain en RDC, fort du soutien...