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Actualités - Chronologie

Coût du dispositif militaire serbe : deux millions par jour

Les Serbes ont bousculé l’UCK sur le plateau de la Drenica, l’un de leurs bastions à l’ouest de Pristina, mais se sont en maints endroits repliés au lieu d’occuper le terrain, laissant les rebelles albanais réinvestir les lieux. Les maquisards de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) sont de retour dans de nombreux villages dont la prise avait été annoncée quelques jours plus tôt par le centre de presse serbe dans la capitale provinciale. Et les deux principales routes asphaltées qui traversent cette région vallonnée, où des membres de l’UCK sont apparus au grand jour pour la première fois il y a huit mois, sont à nouveau coupées par des barrages de rebelles. Dans les ruines de son quartier général à Likovac, au centre du plateau, Shaban Shala, l’un des officiers supérieurs de l’UCK dans le secteur, affirme que «les troupes qui ont mené l’offensive ici la semaine dernière ont ensuite été envoyées dans la région de Decani, où les combats font rage. Où Milosevic pourrait troquer les forces nécessaires pour tenir le Drenica?». Selon des estimations occidentales, Belgrade aurait déployé au Kosovo environ 20.000 membres des forces spéciales de la police, unités paramilitaires dotées de blindés et d’artillerie légère. De quoi enfoncer sans coup férir les légères lignes de défense de l’UCK mais pas de quoi occuper durablement le terrain. A Likovac, les témoignages concordants d’habitants et de combattants rebelles font état de l’incursion, pendant quelques heures, d’une colonne blindée qui s’est ensuite repliée. Les maquisards, qui s’étaient retirés sans opposer de forte résistance, ont repris leurs positions dans des villages calcinés et désertés par la population. Maisons brûlées Sur une hauteur surplombant Ovcarevo, un autre fief de l’UCK conquis la semaine dernière par les forces de Belgrade, trois membres de l’UCK observent à la jumelle trois chars serbes postés sur la crête opposée. Rien ne bouge dans le village en contrebas, dont la plupart des maisons ont été la proie des flammes. «Ils sont vite remontés sur la colline, affirme l’un d’eux. Ils ne peuvent pas garder Ovcarevo, nous tirons sur eux dès qu’ils bougent». Plus au nord, les combattants albanais sont les seuls occupants du village de Rezala, lui aussi investi puis évacué par les blindés serbes, il y a quelques jours. «Ils sont arrivés jusqu’ici, ont brûlé les maisons. Ils peuvent recommencer quand ils veulent», assure dans un anglais parfait leur chef, sanglé dans un treillis neuf de l’US Army. «Mais ils n’auraient pas pu se maintenir. Ils ne pourront jamais tenir le terrain qu’ils gagnent». Encore plus au nord, des policiers serbes en faction près de Lausa, autre fief indépendantiste récemment conquis, assurent: «Nous tenons les maisons, mais ils tirent sur nous à partir de la lisière des bois, juste au-dessus». Il semble donc qu’après une série d’incursions de fortes colonnes blindées en direction des places fortes rebelles dans la Drenica, Belgrade ait choisi de ne pas prendre le risque de maintenir un lourd dispositif sur un terrain vallonné et hostile, alors qu’une offensive importante est en cours près de la frontière albanaise. «On ne pourra jamais contrôler chaque pouce de terrain, par ici», confiait récemment un policier serbe en faction à un poste de contrôle dans le sud-ouest de la Drenica. Aux prises avec des difficultés financières majeures, le président yougoslave Slobodan Milosevic ne peut pas, affirme-t-on de sources occidentales à Belgrade, sensiblement augmenter le dispositif policier et militaire au Kosovo qui lui coûte, selon une estimation américaine, au moins deux millions de dollars par jour. (AFP)
Les Serbes ont bousculé l’UCK sur le plateau de la Drenica, l’un de leurs bastions à l’ouest de Pristina, mais se sont en maints endroits repliés au lieu d’occuper le terrain, laissant les rebelles albanais réinvestir les lieux. Les maquisards de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) sont de retour dans de nombreux villages dont la prise avait été annoncée quelques jours plus tôt par le centre de presse serbe dans la capitale provinciale. Et les deux principales routes asphaltées qui traversent cette région vallonnée, où des membres de l’UCK sont apparus au grand jour pour la première fois il y a huit mois, sont à nouveau coupées par des barrages de rebelles. Dans les ruines de son quartier général à Likovac, au centre du plateau, Shaban Shala, l’un des officiers supérieurs de l’UCK dans le secteur,...