La toxicomanie a atteint un seuil critique dans le riche émirat du Koweit où, selon des statistiques officielles, deux personnes meurent d’overdose chaque semaine. En outre, une personne est tuée chaque jour en moyenne dans un accident de voiture causé par quelqu’un sous l’influence de la drogue, souvent un riche et jeune Koweitien, cible de choix des trafiquants. En dépit des sanctions sévères — les consommateurs récidivistes et les trafiquants sont condamnés à mort —, l’usage des stupéfiants a considérablement augmenté et plus de la moitié des cas de justice sont liés à la drogue. En 1997, plus de 7.300 personnes ont subi un traitement dans le seul centre de traitement de toxicomanes du Koweit, relevant de l’hôpital psychiatrique de l’émirat. Ce chiffre ne représente cependant que 10% des toxicomanes du Koweit, selon des estimations. «Le grand nombre de cas met en évidence la gravité de la situation et démontre combien la drogue s’est répandue au sein de la jeunesse», indique un porte-parole du ministère de la Santé. «La drogue est considérée comme quelque chose d’amusant, de différent», estime pour sa part un assistant social, soulignant que «les vendeurs ont pris pour cible les jeunes parce que ces derniers s’ennuient et ont de l’argent à dépenser». Abdel Hamid Bilali, directeur de l’association Bashaër al-Keir (La bonne nouvelle) qui offre un programme religieux aux toxicomanes en traitement, affirme que ceux-ci proviennent des différents milieux sociaux. «Le facteur primordial est que les toxicomanes sont méprisés par la société. Certains riches Koweitiens évitent même des traitements de peur d’un scandale familial», affirme M. Bilali. Selon lui, «les parents, généralement pas conscients de ce fléau, ne savent pas comment y faire face». «La honte et le sentiment de culpabilité sont tels chez les toxicomanes dans cette société qu’ils empêchent les gens de demander de l’aide», indique un volontaire de l’association toxicomanes anonymes. Le député Ahmad Mouleifi, président du comité parlementaire pour la lutte antidrogue, estime que le gouvernement doit lutter contre ce fléau. «Il ne doit pas y avoir d’excuses. Le Koweit est un petit pays où l’information est facile à obtenir. Les gens doivent penser à construire une société meilleure», estime-t-il. Le Koweit applique depuis 1995 la peine de mort pour les trafiquants, les consommateurs récidivistes et les délits impliquant des mineurs. En juillet, deux trafiquants de drogue iraniens ont été pendus et les journaux ont publié des photos couleurs de l’exécution approuvée par une majorité de Koweitiens. Mais l’efficacité de la peine capitale est remise en cause par un ancien toxicomane, qui a ruiné ses parents. «Comment la peine de mort peut-elle arrêter les trafiquants de drogue en provenance de l’Iran, de l’Afghanistan et du Pakistan, qui ne mangent pas s’ils ne peuvent pas écouler leur production d’opium?», se demande-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La toxicomanie a atteint un seuil critique dans le riche émirat du Koweit où, selon des statistiques officielles, deux personnes meurent d’overdose chaque semaine. En outre, une personne est tuée chaque jour en moyenne dans un accident de voiture causé par quelqu’un sous l’influence de la drogue, souvent un riche et jeune Koweitien, cible de choix des trafiquants. En dépit des sanctions sévères — les consommateurs récidivistes et les trafiquants sont condamnés à mort —, l’usage des stupéfiants a considérablement augmenté et plus de la moitié des cas de justice sont liés à la drogue. En 1997, plus de 7.300 personnes ont subi un traitement dans le seul centre de traitement de toxicomanes du Koweit, relevant de l’hôpital psychiatrique de l’émirat. Ce chiffre ne représente cependant que 10% des toxicomanes...