Le Polonais Pawel Januszewski avait frôlé la mort l’an dernier dans un accident de la route et son décès avait été annoncé prématurément. Il a donné, jeudi à Budapest, le signe d’une éclatante santé en soufflant le titre européen au Russe Ruslan Mashchenko, grand favori du 400 m haies. «Cette année, des problèmes à la cuisse gauche ont perturbé ma préparation. Mon objectif était donc de me qualifier pour la finale. Le reste serait du bonus. Et quel bonus j’ai obtenu aujourd’hui», s’émerveillait Januszewski (26 ans), vainqueur en 48 sec 17/100, record national en prime. «Je pensais vraiment que Mashchenko allait gagner», poursuivait-il, alors qu’à quelques mètres, le Russe confiait son désarroi: «Je voulais le titre et mon record personnel (48.06) était largement suffisant pour y parvenir. Mais quelque chose n’allait pas…». Peu après, la Russe Yelena Afanasyeva devait donner la leçon en finale du 800 m. La vice-championne du monde s’imposait (1:58.50), largement détachée. En revanche, l’Espagnol Reyes Estevez n’a pas pu faire de même sur 1.500 m, devançant de peu le Portugais Rui Silva et le tenant du titre Fermin Cacho (3:41.31 contre respectivement 3:41.84 et 3:42.13). Sur le tour de piste, le Britannique Mark Richardson a poursuivi sa marche annoncée vers le titre, sans forcer. Réalisant le cinquième temps des demi-finales (45.41, à plus d’une seconde de son record personnel), le tombeur du champion olympique américain Michael Johnson (8 juillet à Oslo) s’est déclaré «confiant» pour la finale, prévue vendredi. Breuer ambitieuse Son principal adversaire pourrait bien être son compatriote Iwan Thomas, auteur du meilleur temps (44.82), jeudi. «Je ne m’attendais pas à aller si vite, devait-il avouer. Je dois pouvoir faire mieux encore». De même, l’Allemande Grit Breuer, ancien espoir du 400 m avant l’avènement de la Française Marie-José Pérec, a prouvé qu’elle avait toujours de l’ambition, à 26 ans. En l’absence de sa rivale, elle s’est montrée la plus rapide en demi-finales, même si son temps n’a pas fait vibrer le Nepstadion (50.79). Les spécialistes du 200 m sont restés très discrets, lors des séries, la Bulgare Nora Ivanova (22.91) et le Britannique Julian Golding (20.39) se montrant les plus pressés. Chez les fortes femmes, la lanceuse de poids ukrainienne Vita Pavlysh (1,74 m, 85 kg) a conservé son titre avec une belle marge d’avance, la Russe Irina Korzhanenko restant en retrait de près de deux mètres. Avec un jet à 21,69 mètres, Pavlysh, vice-championne du monde l’an dernier à Athènes, est devenue la huitième meilleure performeuse de tous les temps. Quant au 10 km marche, il s’est quasiment terminé au sprint, la championne du monde italienne Annarita Sidoti (42.49) s’imposant devant sa compatriote Erica Alfridi (42.54) et la Portugaise Susana Feitor (42.55). «Jamais je n’aurais cru cela possible. Quand le rythme s’est accéléré, j’ai pensé que mes chances s’envolaient», assurait Sidoti, radieuse. Enfin, les titres en triple saut féminin et en décathlon sont allés à la Grecque Olga Vasdeki (14,55 m) et à l’Estonien Erki Nool (8.667 pts). Déclarations l Yelena Afanasyeva (Rus., championne d’Europe du 800 mètres): «Je savais que l’opposition ne serait pas très forte. Les seules concurrentes que je redoute ne sont pas européennes, je pense notamment à la Mozambicaine Maria Mutola. Je n’ai prêté aucune attention aux autres, car j’ai toujours su que j’allais gagner». l Erki Nool (Est., champion d’Europe du décathlon): «Je ne sais pas comment exprimer ma joie, après avoir obtenu cette première médaille estonienne depuis les championnats d’Europe de 1938. Je sais que je suis très populaire dans mon pays. Mais, peu importe le nombre de jeunes filles qui viendront m’attendre à l’aéroport, lors de mon arrivée. J’entends rester fidèle à ma fiancée Kadri, car elle est enceinte». l Reyes Estevez (Esp., champion d’Europe du 1.500 m): «Ayant réalisé le meilleur temps cette saison, je savais que je pouvais gagner. Dans les cent derniers mètres, Firmin Cacho (NDLR: 3e) était loin derrière, j’ai alors compris que j’avais gagné». l Annarita Sidoti (Ita., championne d’Europe du 10 km marche): «Jamais, je n’aurais cru cela possible, avant le départ. Et quand le rythme a commencé à s’accélérer, j’ai pensé que mes chances s’envolaient». l Vita Pavlysh (Ukr., championne d’Europe du poids): «Comment faire pour battre de près de deux mètres les autres concurrentes? La réponse est simple: je suis plus forte. Il y a deux ans à Atlanta, j’étais quatrième. L’an dernier à Athènes, j’étais deuxième. Ma progression est donc très régulière». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Polonais Pawel Januszewski avait frôlé la mort l’an dernier dans un accident de la route et son décès avait été annoncé prématurément. Il a donné, jeudi à Budapest, le signe d’une éclatante santé en soufflant le titre européen au Russe Ruslan Mashchenko, grand favori du 400 m haies. «Cette année, des problèmes à la cuisse gauche ont perturbé ma préparation. Mon objectif était donc de me qualifier pour la finale. Le reste serait du bonus. Et quel bonus j’ai obtenu aujourd’hui», s’émerveillait Januszewski (26 ans), vainqueur en 48 sec 17/100, record national en prime. «Je pensais vraiment que Mashchenko allait gagner», poursuivait-il, alors qu’à quelques mètres, le Russe confiait son désarroi: «Je voulais le titre et mon record personnel (48.06) était largement suffisant pour y parvenir. Mais...