Frantisek Kriegel, le seul qui osa dire non aux russes
le 21 août 1998 à 00h00
Le 21 août 1968, Frantisek Kriegel, menotté comme Alexander Dubcek et les autres artisans du Printemps de Prague, est transféré à Moscou, par le KGB. Ce Polonais de Galicie né en 1908 à Stanislawow, et devenu Tchécoslovaque par le hasard de ses études de médecine à Prague, ajoute une péripétie de plus à sa longue errance sur les théâtres de la planète pour défendre son idéal communiste. On l’a sorti de prison avec ses compagnons, pour comparaître au Kremlin, devant le politburo soviétique où siègent Léonid Brejnev et Alexis Kossyguine qui détestent «ce juif» trop humaniste. Kriegel et ses compagnons sont sommés de signer «le protocole de Moscou» qui place la Tchécoslovaquie sous tutelle de l’URSS et légalise l’invasion de l’Armée rouge. Ils signeront tous... sauf Kriegel. Brejnev, exaspéré, lâche: «Sale juif galicien», rapporteront plusieurs historiens. Le Dr Kriegel sait qu’il n’a plus à craindre le poteau d’exécution auquel, comme ses compagnons, il se croyait promis quelques heures plus tôt. Dans la «délégation» tchécoslovaque, le général Ludvik Svoboda et Alexander Dubcek notamment ont exigé de le ramener à Prague. Le Dr Kriegel y paiera le prix de la normalisation. Il est exclu du praesidium du PCT mais garde brièvement son mandat de député, le temps de voter le 18 octobre 1968, avec seulement trois des 300 parlementaires de l’assemblée, contre un projet de loi légalisant l’occupation soviétique. L’année suivante, devant le comité central du parti réuni pour l’exclure, il dénonce le «protocole de Moscou». Il sera l’un des premiers signataires de la Charte 77, avant de s’éteindre le 3 décembre 1979. Arrivé à la fin des années 20 à Prague, il s’était engagé en 1936 dans les brigades internationales d’Espagne. En 1939, après la victoire franquiste, il fut brièvement interné en France, avant de rejoindre, avec l’aide de la Croix-Rouge, le front sino-japonais où il poursuivit sa mission de médecin. On le retrouva en Birmanie, mais dans l’armée américaine jusqu’en 1945, date de son retour à Prague. (AFP)
Le 21 août 1968, Frantisek Kriegel, menotté comme Alexander Dubcek et les autres artisans du Printemps de Prague, est transféré à Moscou, par le KGB. Ce Polonais de Galicie né en 1908 à Stanislawow, et devenu Tchécoslovaque par le hasard de ses études de médecine à Prague, ajoute une péripétie de plus à sa longue errance sur les théâtres de la planète pour défendre son idéal communiste. On l’a sorti de prison avec ses compagnons, pour comparaître au Kremlin, devant le politburo soviétique où siègent Léonid Brejnev et Alexis Kossyguine qui détestent «ce juif» trop humaniste. Kriegel et ses compagnons sont sommés de signer «le protocole de Moscou» qui place la Tchécoslovaquie sous tutelle de l’URSS et légalise l’invasion de l’Armée rouge. Ils signeront tous... sauf Kriegel. Brejnev, exaspéré,...
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