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Actualités - Biographies

Alexander Dubcek, l'homme du compromis

Le Slovaque Alexander Dubcek demeure la figure emblématique du Printemps de Prague, trente ans après l’écrasement militaire des réformes de 1968 et six ans après sa mort. Né le 27 novembre 1921 à Uhrovec, petite ville du nord-ouest de la Slovaquie, il passe son enfance en URSS, dans une coopérative du Kirghizstan, où son père, communiste, travaille volontairement avec d’autres «internationalistes». Rentré en 1938 en Slovaquie, Alexander Dubcek adhère au Parti communiste un an plus tard, à l’âge de 18 ans. Résistant en 1944, pendant le soulèvement national contre les nazis et le régime nationaliste slovaque, Dubcek devient en 1949 membre de l’appareil du PC. Elu chef du PC slovaque en 1963, lors du dégel politique, cet homme poli et discret accède bientôt au politburo à Prague. Il participe au lancement d’un programme réformateur, marqué par la destitution, le 4 janvier 1968, de l’orthodoxe numéro un tchécoslovaque, Antonin Novotny (1904-1975). Homme de compromis, Dubcek est élu à la tête du Parti communiste tchécoslovaque (PCT) le lendemain. Alors âgé de 46 ans, cet homme, souriant et sensible, semble accepter le pouvoir malgré lui. Il devient rapidement une vedette de télévision et, malgré ses origines slovaques, une idole de millions de Tchèques. Entouré d’une équipe dirigeante fortement remaniée en mars-avril 1968, Dubcek fait progresser les réformes: la censure n’existe plus, les libertés de rassemblement et d’association sont garanties. Après plusieurs avertissements, le numéro un soviétique Léonid Brejnev envoie le 20 août 1968 ses troupes pour «normaliser» la situation en Tchécoslovaquie. Dubcek et ses collaborateurs sont arrêtés et transportés à Moscou. Après de longues heures d’incertitude et des menaces de mort, Dubcek est obligé de «négocier» avec les Soviétiques. Il retourne à Prague six jours plus tard, après avoir signé — avec d’autres dirigeants tchécoslovaques — les «protocoles de Moscou» qui légalisent l’occupation soviétique. Remplacé à la tête du parti en avril 1969 par l’opportuniste slovaque Gustav Husak, Dubcek termine sa première carrière politique entre décembre 1969 et juin 1970 comme ambassadeur en Turquie. Exclu des rangs du PCT et strictement écarté de la vie publique pendant les années 1970 et 1980, il réapparaît en novembre 1989 au moment de la «révolution de velours». Elu président du Parlement après la chute du communisme, en décembre 1989, il dirige les deux premières élections présidentielles de l’ex-dissident Vaclav Havel. Devenu chef du Parti social-démocrate slovaque, Alexander Dubcek meurt le 7 novembre 1992 des suites d’un mystérieux accident de voiture survenu neuf semaines plus tôt sur l’autoroute Bratislava-Prague. (AFP)
Le Slovaque Alexander Dubcek demeure la figure emblématique du Printemps de Prague, trente ans après l’écrasement militaire des réformes de 1968 et six ans après sa mort. Né le 27 novembre 1921 à Uhrovec, petite ville du nord-ouest de la Slovaquie, il passe son enfance en URSS, dans une coopérative du Kirghizstan, où son père, communiste, travaille volontairement avec d’autres «internationalistes». Rentré en 1938 en Slovaquie, Alexander Dubcek adhère au Parti communiste un an plus tard, à l’âge de 18 ans. Résistant en 1944, pendant le soulèvement national contre les nazis et le régime nationaliste slovaque, Dubcek devient en 1949 membre de l’appareil du PC. Elu chef du PC slovaque en 1963, lors du dégel politique, cet homme poli et discret accède bientôt au politburo à Prague. Il participe au lancement...