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Actualités - Chronologie

Le Oud père du Luth (photo)

Le oud père du luth. C’est ce qu’explique Jean-Luc Macia dans la revue «Diapason» dans un article consacré au luth, jetant la lumière sur cet instrument que l’Orient a légué au monde voici plus de six siècles. Nous en reproduisons un extrait. A l’origine, rien qu’un «morceau de bois»: telle est du moins la traduction de l’arabe al-oud, nom que les Maures donnaient à l’instrument semi-ovoïde et surmonté d’un long manche qu’ils répandirent en Europe à partir de leurs conquêtes hispaniques au début du deuxième millénaire. Al-oud (aujourd’hui, selon nos modernes dictionnaires, on dirait plutôt l’«oud») a été peu à peu adopté par les musiciens de notre Moyen Age. Au fil de multiples avatars, il est devenu le luth, instrument le plus répandu dans nos contrées jusqu’à la fin du XVIIIe siècle et encore joué dans les cours allemandes dans les dernières décennies du XVIIIe. Châtelains de la Renaissance, poètes en mal de confidences (qui évidemment «prenaient leur luth»), ménestriers et meneurs de danses s’approprièrent cette demi-poire emmanchée où, très vite, les cordes furent doublées (les chœurs) et ses couples multipliées... Les tableaux ne manquent pas, de l’Italie de Giorgione à nos vanités louis-quatorziennes, qui nous décrivent des luths et leurs transformations: des chœurs qui se multiplient; on passera ainsi de quatre couples de cordes à treize à l’époque de Weiss (début du XVIIIe siècle en Allemagne) sans compter les bourdons (cordes graves) supplémentaires, parfois simples; les manches s’allongent, se coupent à angle droit, se dédoublent même, car les chevilliers se multiplient en même temps que les chœurs; les accords se diversifient et deviennent d’une rare complexité harmonique; la table se pare de superbes ornements avec des rosaces précieuses; et le luth devient ici chitarrone ou théorbe, là archiluth, ailleurs vihuela, plus loin balalaïka. Lettres de noblesse «Le luth est estimé en France le plus noble de tous les instruments, soit à raison de la douceur de ses chants, le nombre et l’harmonie de ses chordes, son étendue, son accord & la difficulté qu’il y a à le toucher aussi parfaitement», pouvait écrire le Père Mersenne en 1636. L’instrument avait en effet acquis ses lettres de noblesse, abandonné le plectre originel pour s’offrir aux doigts virtuoses et vibrionnants des interprètes. Il avait aussi délaissé le simple divertissement en chambre pour conquérir son propre répertoire avec des pages de pure virtuosité, comme les Fantaisies, de Francesco Da Milano, la suite de danses en France ou la «lesson» anglaise...
Le oud père du luth. C’est ce qu’explique Jean-Luc Macia dans la revue «Diapason» dans un article consacré au luth, jetant la lumière sur cet instrument que l’Orient a légué au monde voici plus de six siècles. Nous en reproduisons un extrait. A l’origine, rien qu’un «morceau de bois»: telle est du moins la traduction de l’arabe al-oud, nom que les Maures donnaient à l’instrument semi-ovoïde et surmonté d’un long manche qu’ils répandirent en Europe à partir de leurs conquêtes hispaniques au début du deuxième millénaire. Al-oud (aujourd’hui, selon nos modernes dictionnaires, on dirait plutôt l’«oud») a été peu à peu adopté par les musiciens de notre Moyen Age. Au fil de multiples avatars, il est devenu le luth, instrument le plus répandu dans nos contrées jusqu’à la fin du XVIIIe...