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Actualités - Chronologie

Athlétisme Christine Arron, reine d'Europe (photos)

Christine Arron n’a pas tremblé. Donnée favorite du 100 mètres des championnats d’Europe, la sprinteuse française a remporté mercredi à Budapest son premier titre international en battant au passage le record continental. Malgré un départ très moyen, Christine Arron a couru en 10’’73, troisième meilleure performance de tous les temps derrière le record du monde de Florence Griffith-Joyner, 10’’49 en 1988, et les 10’’71 réalisées par l’Américaine Marion Jones cette saison. La Française améliore également de 4 centièmes de seconde le record d’Europe, établi en 1994 par la Russe Irina Privalova. Cette double victoire a ravivé les espoirs de l’équipe de France, qui avait vu plus tôt dans l’après-midi Stéphane Diagana, champion du monde du 400 mètres haies, chuter en demi-finale après avoir heurté l’avant-dernière haie. Deuxième du 100 mètres devant la Grecque Ekatarini Thanou, Irina Privalova a des raisons de maudire Christine Arron. En une course, mercredi soir, la Russe s’est vu déposséder de son titre ET de son record d’Europe par une Française irrésistible. Dès les demi-finales, l’élève de Jacques Piasenta — celui-là même qui a formé Marie-José Pérec — avait montré toute sa détermination à décrocher sa première couronne. En établissant un nouveau record de France en 10’’81 (contre 10’’85 en mai dernier), elle s’imposait sans paraître forcer après un excellent départ. A l’heure de la dernière course, Arron apparut sur la piste extrêmement concentrée, n’accordant pas un regard à ses rivales, Privalova, Thanou mais aussi l’Ukrainienne Janna Pintusevitch. Malgré un départ très moyen, la Française réalisa une course superbe, déployant ses efforts à trente mètres de l’arrivée pour coiffer Privalova sur la ligne. «Cela fait du bien de savoir que c’est terminé et que j’ai gagné. Je me suis battue jusqu’au bout contre Privalova, alors que j’attendais plutôt Pintusevitch et Thanou», a-t-elle déclaré après son exploit. «Je n’ai pas fait le même départ qu’en demi-finale, c’est sûr. Je pars moins bien mais je me dis que la course n’est pas finie et j’ai fait l’effort car quand même, il y avait un titre en jeu». Ce premier objectif atteint, la Guadeloupéenne pense déjà à l’avenir. Mercredi, elle s’est rapprochée un peu plus de Marion Jones, la nouvelle star de l’athlétisme américain, qui règne sur le sprint, la longueur et les relais mondiaux depuis un an. Cela donne des idées. «J’espère maintenant réaliser une grande chose aux championnats du monde l’année prochaine», avoue Christine Arron. Stéphane Diagana doit lui aussi attendre avec impatience la prochaine grande échéance. Car pour le champion du monde, le rêve européen s’est arrêté sur l’avant-dernier obstacle en demi-finale du 400 mètres haies. Handicapé depuis deux jours par une douleur à la cuisse droite, le chef de file de l’athlétisme tricolore met cette contre-performance sur le compte d’une concentration défaillante et d’un retour en forme inattendu. «Je n’étais pas suffisamment dans ma course, pas suffisamment concentré. En fait, je n’ai pas eu le temps de m’habituer à cette soudaine fraîcheur physique. Comme j’étais vraiment bien, j’ai voulu roder mes foulées», a-t-il expliqué ensuite. «Je ne pensais plus à ma douleur, je n’étais préoccupé que par ce réglage. Je voulais courir en treize foulées entre la huitième et la neuvième haie alors qu’habituellement, je cours en quinze voire en seize foulées. Alors, j’ai allongé ma foulée et j’ai heurté la haie avec ma jambe de retour». «Diag» avait pourtant pris un bon départ et faisait la course en tête. «Je voulais accélérer, relancer afin de préparer, de prendre mes marques pour la finale de jeudi, marques que je n’avais pas pu prendre, ces derniers temps, à cause de ma douleur», raconte-t-il, lui qui n’était tombé qu’une seule fois à cause d’une haie, à l’entraînement en 1996. «J’ai manqué de clairvoyance... En fait, j’ai sans doute voulu trop en faire... Je me sentais bien, vraiment bien... Et, je me suis dit — trop tôt — que j’étais en finale... J’ai sans doute été un peu grisé par ma vitesse. Pour une fois que je pouvais courir sans douleur, j’avais le sourire». Déçu mais lucide, Stéphane Diagana ne quitte pas Budapest. Il reste avec l’équipe de France et espère pouvoir se rattraper avec le relais dimanche. «Si je ne suis pas trop mal d’ici la fin de la semaine, je pourrais peut-être filer un coup de main au relais. Je l’espère. Ensuite, je me remettrai sur les meetings avec l’envie de descendre sous les 48 secondes. Oui, parce qu’en ce moment, exceptée cette petite douleur lancinante, je me sens franchement très bien». Plus tard, les sprinteurs étaient aux prises pour la suprématie continentale. Le Britannique Linford Christie, tenant du titre, ayant pris sa retraite, ses compatriotes ont, semble-t-il, eu à cœur de conserver aux sujets de sa très Gracieuse Majesté cette couronne continentale. Ainsi, Darren Campbell a-t-il devancé son compatriote Dwain Chambers (10.04 contre 10.10), le Grec Haralambros Papadias montant sur la troisième marche du podium (10.17m). Le Russe Ruslan Maschenko, qui était le principal rival de Diagana, voit un tapis rouge de dérouler devant lui, avant la finale prévue jeudi. Il s’est en effet montré très impressionnant en demi-finale, mercredi, s’imposant sans difficulté en 48 sec 64/100. Les spécialistes féminines du demi-fond étaient également en lice mercredi, à l’occasion du 10.000m dames. L’irlandaise Sonia O’Sullivan, champion d’Europe du 3000m il y a quatre ans, s’est nettement imposée devant la tenante du titre portugaise Fernanda Ribeiro (31’29’’33 contre 31’32’’542). La Norvégienne Trine Hattestad a perdu son titre, terminant quatrième d’un concours de lancer du javelot remporté par l’Allemande Tanja Damaske avec un jet à 69,10m. Chez les messieurs, le Hongrois Tibor Gecsek, en passe de devenir un héros national, et le Russe Kiril Sosunov sont respectivement devenus champions d’Europe du lancer de marteau (82,87m) et du saut en longueur (8,28m). (AFP, Reuters)
Christine Arron n’a pas tremblé. Donnée favorite du 100 mètres des championnats d’Europe, la sprinteuse française a remporté mercredi à Budapest son premier titre international en battant au passage le record continental. Malgré un départ très moyen, Christine Arron a couru en 10’’73, troisième meilleure performance de tous les temps derrière le record du monde de Florence Griffith-Joyner, 10’’49 en 1988, et les 10’’71 réalisées par l’Américaine Marion Jones cette saison. La Française améliore également de 4 centièmes de seconde le record d’Europe, établi en 1994 par la Russe Irina Privalova. Cette double victoire a ravivé les espoirs de l’équipe de France, qui avait vu plus tôt dans l’après-midi Stéphane Diagana, champion du monde du 400 mètres haies, chuter en demi-finale après avoir...