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Actualités - Chronologie

L'Inde inquiète de la mainmise des Taliban sur l'Afghanistan(photo)

L’Inde s’inquiète de la mainmise croissante des Taliban sur l’Afghanistan et de ses répercussions stratégiques sur toute la région, y compris le sous-continent, ont souligné hier les analystes à New Delhi. Après un long silence, le gouvernement indien ainsi que l’armée ont donné mardi leur première réaction aux conquêtes de la milice des étudiants islamistes afghans, que l’Inde n’a pas reconnue, affirmant que leur impact sur la sécurité nationale indienne ne pouvait être ignoré. «Tout ce qui se passe en Afghanistan nous concerne et notre stratégie à long terme devra prendre en compte la situation qui se développe», a déclaré le chef de l’armée, le général V.P. Malik. Le ministre de la Défense, George Fernandes, lui a fait écho, affirmant que «la domination croissante des Taliban» devait «préoccuper tous les pays de la région». La principale préoccupation de l’Inde est le soutien du Pakistan aux Taliban et la «profondeur stratégique» qu’un Afghanistan dominé totalement par un tel pouvoir donnerait à son frère ennemi. «Pour le Pakistan, qui a mené une intervention incessante dans les affaires afghanes depuis près de deux décennies, la victoire des Taliban est un rêve stratégique qui se réalise», a estimé un analyste diplomatique, C. Raja Mohan. On souligne à New Delhi que la conquête des Taliban offre à Islamabad non seulement une plus grande influence politique et diplomatique dans la région, mais aussi pourrait lui donner un avantage économique avec un accès aux pétrole et gaz d’Asie centrale. Mercenaires Le Pakistan peut espérer qu’une stabilisation de l’Afghanistan sous la férule des Taliban encouragera les compagnies américaines à exporter du pétrole d’Asie centrale via le Pakistan pour éviter l’Iran. Une autre crainte, très vive, est un renforcement de la guérilla séparatiste musulmane au Cachemire indien – où opèrent déjà, aux côtés de groupes locaux, des «mercenaires» islamistes, afghans notamment – et un développement du fondamentalisme dans cette région. «A mesure que les Taliban renforceront leur contrôle de l’Afghanistan, le Pakistan pourra aussi concentrer plus d’efforts et de ressources au Cachemire, a affirmé Swaran Singh, analyste à l’Institut des études et analyses de défense. L’Inde et le Pakistan se sont livrés deux guerres en raison du Cachemire depuis leur partition en 1947. New Delhi accuse Islamabad de soutenir les guérilleros. Le problème pour l’Inde, qui reconnaît toujours le gouvernement déchu du président Burhanuddine Rabbani après avoir longtemps soutenu le régime communiste, est qu’il n’a aucun contact avec les Taliban. «Sur le plan diplomatique, l’Inde est nue», a expliqué M. Singh. «Ce qu’elle a de mieux à faire est de tenter de trouver une politique commune avec d’autres pays anti-Taliban comme l’Iran, la Russie et la Chine». Le ministère indien des Relations extérieures a appelé mardi à «un large effort international par l’intermédiaire des Nations Unies». «L’Inde est prête à participer pleinement à ce type d’efforts», a-t-il dit. Sans nommer le Pakistan, New Delhi a appelé à la «fin de l’ingérence étrangère» dans les affaires afghanes. Mais alors qu’Islamabad peut se réjouir d’une victoire des Taliban, certains responsables et analystes indiens estiment que cela pourrait avoir un effet boomerang sur le Pakistan. L’Afghanistan a de tout temps été une région irrédentiste et le modèle fondamentaliste taliban pourrait encourager un radicalisme islamiste au Pakistan déjà secoué par des tensions communautaires. «La situation pourrait ne pas être aussi rose que le Pakistan voudrait nous le faire croire», a estimé S.K. Singh, ancien ambassadeur indien à Islamabad. (AFP-Reuters)
L’Inde s’inquiète de la mainmise croissante des Taliban sur l’Afghanistan et de ses répercussions stratégiques sur toute la région, y compris le sous-continent, ont souligné hier les analystes à New Delhi. Après un long silence, le gouvernement indien ainsi que l’armée ont donné mardi leur première réaction aux conquêtes de la milice des étudiants islamistes afghans, que l’Inde n’a pas reconnue, affirmant que leur impact sur la sécurité nationale indienne ne pouvait être ignoré. «Tout ce qui se passe en Afghanistan nous concerne et notre stratégie à long terme devra prendre en compte la situation qui se développe», a déclaré le chef de l’armée, le général V.P. Malik. Le ministre de la Défense, George Fernandes, lui a fait écho, affirmant que «la domination croissante des Taliban» devait...