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Actualités - Chronologie

Une ligne Maginot israélienne pour combattre les voleurs de voitures

Le gouvernement israélien a suscité une polémique en décidant de créer une ligne de barrages policiers en Cisjordanie, perçue comme un début de frontière avec les zones autonomes palestiniennes. Pour enrayer une épidémie de vols de voitures vers les territoires palestiniens, le ministre de la Sécurité intérieure Avigdor Kahalani a obtenu cette semaine le feu vert du gouvernement pour une sorte de «Ligne Maginot», comportant des chicanes, des fossés, des barrages, des tunnels, des fortifications, des grillages et des équipements électroniques. Elle s’étirerait près des voies de passages naturelles utilisées par les voleurs, sur 80 des 324 km de la «ligne verte» qui sépare Israël de la Cisjordanie. Des effectifs militaires supplémentaires de 2.000 hommes y patrouilleraient. Le coût du projet Kahalani est estimé à quelque 27 millions de dollars mais s’il est mis en œuvre, c’est surtout son prix politique qui suscite des questions. L’extrême-droite israélienne y voit les prémices d’un Etat palestinien qu’ils rejettent, tandis que les Palestiniens refusent d’anticiper sur les négociations sur le statut définitif des territoires autonomes palestiniens, même si la «ligne verte» de 1967 signifie le maximum de leurs ambitions territoriales. Le projet Kahalani rappelle le plan envisagé en 1995 par l’ex-premier ministre travailliste Yitzhak Rabin qui visait à «séparer Palestiniens et Israéliens» à la suite d’une sanglante série d’attentats-suicide en Israël. Pour le vice-ministre de l’Education Moshé Peled, du parti d’extrême-droite Moledet, «les Palestiniens peuvent à présent nourrir l’espoir fallacieux que la Ligne Kahalani va fixer leur future frontière définitive». Pas d’équivoque «C’est justement pour lever cette équivoque que nous avons voulu éviter de créer une ligne continue», a assuré M. Kahalani. Les Palestiniens ont accueilli avec une circonspection nuancée d’optimisme ce projet qui pourrait fixer une partie des limites de l’Etat auquel ils aspirent. «C’est peut-être utile. Mais Israël ne s’est pas concerté avec nous à ce sujet, et ce n’est pas une affaire politique. Elle n’a pas de lien avec le futur Etat palestinien», a déclaré M. Soufian Abou Zeideh, responsable de l’Autorité palestinienne pour les affaires israéliennes. Quelque 46.000 véhicules ont été volés en Israël l’année dernière, et près de 27.000 depuis le début de l’année, un chiffre en augmentation de 2,4% par rapport à la même période de 1997, a indiqué le porte-parole de la police israélienne. «Les méthodes des gangs de voleurs sont de plus en plus sophistiquées. Ils démontent les véhicules en un clin d’œil pour les revendre en pièces détachées, et rançonnent souvent les compagnies d’assurances», a-t-il ajouté. Selon le quotidien Haaretz, ce trafic injecte bon an mal an quelque 200 millions USD dans les territoires de Cisjordanie et Gaza depuis la création en 1994 de l’Autorité palestinienne. La plupart des quotidiens israéliens ont souligné que le phénomène endémique et persistant des vols de voitures représentait «un camouflet» infligé au premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a promis «la paix et la sécurité». Ils ont aussi indiqué qu’il était quasiment impossible de passer au peigne fin les quelque 140.000 ouvriers des territoires palestiniens qui viennent tous les jours travailler en Israël. Si le contrôle est relativement aisé pour les Israéliens à l’entrée de la bande de Gaza, il est en revanche difficile à la lisière de la Cisjordanie, longue de 324 km. En particulier aux abords de Jérusalem, où 180.000 Palestiniens cohabitent avec 400.000 Israéliens. Contrairement au plan Rabin, le projet Kahalani ne contrevient pas aux accords économiques de Paris conclus en 1995 par l’Etat hébreu et l’Organisation de libération palestinienne (OLP) instaurant le libre-échange entre eux. (AFP-Reuters)
Le gouvernement israélien a suscité une polémique en décidant de créer une ligne de barrages policiers en Cisjordanie, perçue comme un début de frontière avec les zones autonomes palestiniennes. Pour enrayer une épidémie de vols de voitures vers les territoires palestiniens, le ministre de la Sécurité intérieure Avigdor Kahalani a obtenu cette semaine le feu vert du gouvernement pour une sorte de «Ligne Maginot», comportant des chicanes, des fossés, des barrages, des tunnels, des fortifications, des grillages et des équipements électroniques. Elle s’étirerait près des voies de passages naturelles utilisées par les voleurs, sur 80 des 324 km de la «ligne verte» qui sépare Israël de la Cisjordanie. Des effectifs militaires supplémentaires de 2.000 hommes y patrouilleraient. Le coût du projet Kahalani est...