L’affaire Lewinsky domine la rentrée cette semaine du Congrès américain, qui craint déjà le téléscopage entre les élections parlementaires de novembre et l’examen éventuel par les législateurs d’une procédure en destitution à l’encontre du président Bill Clinton. Aucune information officielle n’a encore filtré sur la teneur du dossier que le procureur indépendant Kenneth Starr prépare depuis plusieurs mois sur le président et qu’il devrait remettre au Congrès, seul habilité à juger de la valeur des accusations. Mais la presse américaine affirme avec vigueur que le rapport, de plusieurs centaines de pages, pourrait tomber dans l’escarcelle du Congrès dès septembre, soit à quelques semaines de la date prévue pour la fin de la session parlementaire et celle, incontournable, des prochaines législatives. Pour Tom DeLay, chef de file de la majorité républicaine à la Chambre des représentants, le Congrès se doit de poursuivre sa session au-delà de la première semaine d’octobre si M. Starr devait lui remettre d’ici là son rapport. «Le peuple américain et le monde entier n’ont pas besoin que cette affaire perdure pendant encore une année ou plus. Il nous faut rester en session aussi longtemps que nécessaire pour mettre tout cela derrière nous,» a affirmé dimanche M. DeLay à la chaîne de télévision Fox. Autorité morale Il a toutefois reconnu que son opinion n’était pas partagée par l’ensemble de la direction républicaine au Congrès. Le président de la Chambre, Newt Gingrich, a indiqué qu’il estimait peu souhaitable pour le Congrès d’avoir à se prononcer sur le rapport avant la rentrée parlementaire du prochain Con-grès en janvier. M. Delay, qui a déjà appelé M. Clinton à démissionner, estime que le président ne dispose «plus de l’autorité morale pour diriger ici, chez nous, ou dans le monde». M. Clinton, après des mois de dissimulation, a récemment reconnu avoir eu des relations sexuelles avec Monica Lewinsky, jeune stagiaire à la Maison-Blanche, mais a nié avoir fait pression sur elle pour qu’elle mente à ce sujet devant la justice. Outre d’éventuelles accusations de parjure et de subornation de témoins, le rapport de M. Starr pourrait toucher à nombre d’autres affaires sur lesquelles le juge enquête depuis plusieurs années. Selon la presse, son dossier pourrait ainsi également traiter d’affaires annexes, dont l’affaire «Filegate», nom donné à la découverte à la Maison-Blanche de plusieurs centaines de dossiers confidentiels du FBI (Sûreté fédérale) sur des personnalités politiques, notamment républicaines. Une aubaine pour les républicains La majorité républicaine au Congrès se réjouit des difficultés politiques du président démocrate, mais redoute d’avoir à juger d’une affaire hasardeuse si les preuves retenues contre le président ne sont pas irréfutables, d’autant plus que Bill Clinton reste extrêmement populaire dans les sondages d’opinion. Les difficultés du président, jusqu’à présent évoquées principalement par la presse, menacent toutefois de devenir un thème de campagne pour les élections législatives de novembre. Deux candidats démocrates à la Chambre, l’un dans l’Utah, l’autre dans le Montana, ont publiquement appelé à la démission du président, tandis qu’au moins un candidat républicain, dans l’Alabama, a entrepris de diffuser des messages télévisés appelant à son départ. (AFP-Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’affaire Lewinsky domine la rentrée cette semaine du Congrès américain, qui craint déjà le téléscopage entre les élections parlementaires de novembre et l’examen éventuel par les législateurs d’une procédure en destitution à l’encontre du président Bill Clinton. Aucune information officielle n’a encore filtré sur la teneur du dossier que le procureur indépendant Kenneth Starr prépare depuis plusieurs mois sur le président et qu’il devrait remettre au Congrès, seul habilité à juger de la valeur des accusations. Mais la presse américaine affirme avec vigueur que le rapport, de plusieurs centaines de pages, pourrait tomber dans l’escarcelle du Congrès dès septembre, soit à quelques semaines de la date prévue pour la fin de la session parlementaire et celle, incontournable, des prochaines...