En raflant six médailles d’or, une d’argent et deux de bronze aux championnats du monde à Bordeaux-Lac, les pistards français ont réussi le pari de battre le record qu’ils avaient établi un an plus tôt à Perth, en Australie. «Les performances des Français sont absolument exceptionnelles. C’est vraiment la confirmation du niveau exceptionnellement élevé du cyclisme sur piste français qui est de loin le meilleur au monde», se réjouissait Daniel Baal, le président de la Fédération française de cyclisme (FFC). L’explosion de la piste française actuelle remonte aux Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996, avec déjà quatre titres et deux médailles d’argent. Une performance remarquable confirmée quelques semaines plus tard aux mondiaux de Manchester (quatre médailles d’or, deux d’argent). Enfin, à Perth l’an passé, les Français avaient étouffé l’opposition. Encore qu’avec six médailles d’or et deux de bronze, il était encore possible de faire mieux. C’était le pari insensé que les Bleus s’étaient lancé à Bordeaux. Et si Frédéric Magné, pourtant double champion du monde, n’avait pas calé au Keirin en clôture de la semaine girondine, le drapeau tricolore aurait été hissé sept fois dans le ciel du stadium. Reste que ces championnats ont confirmé l’énorme présence de deux grands champions, Félicia Ballanger et Florian Rousseau. Ballanger intouchable La Vendéenne a renouvelé ses titres de vitesse et du 500 mètres contre la montre, une épreuve qu’elle domine sans partage depuis quatre ans, et dont elle a amélioré le record qu’elle détenait de sept millièmes, renvoyant ses adversaires à près d’une seconde et demie. Rousseau a survolé la vitesse pour la troisième fois consécutive, ne concédant pas la moindre manche à ses adversaires. Il a également été un rouage déterminant dans la victoire de l’équipe de vitesse olympique avec Vincent Le Quellec et Arnaud Tournant. Tournant a été la grande surprise de ces championnats. A 20 ans, le Roubaisien, déjà champion du monde par équipes l’an passé, a cueilli l’or du kilomètre, distance sur laquelle il restait sur une quatrième place en 1997. Philippe Ermenault a réussi l’exploit de conserver son titre de poursuite individuelle là où Chris Boardman paraissait partir en position de favori. Mais l’Anglais, recordman de l’heure, ne pouvait rivaliser, faute de préparation spécifique. Ermenault a dû batailler ferme dans une finale franco-française face à Francis Moreau. Les deux hommes allaient cependant être moins heureux dans l’épreuve par équipes. Eliminés en demi-finale, ils étaient même contraints de déclarer forfait avant de disputer le bronze aux Italiens, faute d’avoir respecté un point de règlement. Pour effacer la déception de Magné au Keirin, il y eut l’une des plus belles satisfactions de ces championnats avec la médaille de bronze de Laurent Gané, 25 ans, bénéficiant à juste titre du déclassement de deux coureurs qui l’avaient gêné, deux jours après avoir déjà pris la troisième place de la vitesse individuelle. Objectif Sydney 2.000 A Bordeaux, les Français se sont mis sur orbite pour les Jeux olympiques de Sydney, en l’an 2.000, où les Australiens, qui ont réussi à grappiller cinq médailles (une d’or, trois d’argent et une de bronze), les attendront de pied ferme. Désormais, c’est la France contre le monde entier tant les autres nations ne peuvent que constater les écarts qui se sont creusés. Et encore, il reste des disciplines où les Tricolores ont été soit inexistants soit absents. La poursuite féminine a souffert du retrait de Jeannie Longo et de la blessure de Marion Clignet, quatre titres à elles deux en dix ans. C’est aussi le cas en course aux points féminine et masculine, alors qu’en américaine, la cinquième place de la paire Christophe Capelle-Carlos Da Cruz est plutôt une bonne surprise. Après cette moisson, pour le président de la FFC, l’objectif sera «de se maintenir à ce niveau, jusqu’aux Jeux olympiques de Sydney». La domination française ne surprend pas outre mesure l’entraîneur de la vitesse à l’INSEP, Gérard Quintyn, qui sait qu’elle est le fruit du travail et d’une politique volontariste des instances fédérales. «En 1992, après les JO d’où nous étions revenus sans médaille, on a créé le centre de haut niveau de Hyères», dit-il pour marquer le point de départ d’une aventure qui n’a pas plus de six ans. Du travail, une génération particulièrement douée, une volonté fédérale et des moyens, voilà la recette des Français pour arriver au sommet, devenus des modèles pour des nations qui les dominaient régulièrement dans le passé même si la tradition française a régulièrement ramené des trophées au pays. Derrière les Français, l’Allemagne — qui fut longtemps dominatrice sur la piste — n’a pu ramener qu’une médaille d’or, celle du Keirin avec Jens Fiedler. Seule l’Espagne a tiré son épingle du jeu français en ramenant deux maillots arc-en-ciel. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats En raflant six médailles d’or, une d’argent et deux de bronze aux championnats du monde à Bordeaux-Lac, les pistards français ont réussi le pari de battre le record qu’ils avaient établi un an plus tôt à Perth, en Australie. «Les performances des Français sont absolument exceptionnelles. C’est vraiment la confirmation du niveau exceptionnellement élevé du cyclisme sur piste français qui est de loin le meilleur au monde», se réjouissait Daniel Baal, le président de la Fédération française de cyclisme (FFC). L’explosion de la piste française actuelle remonte aux Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996, avec déjà quatre titres et deux médailles d’argent. Une performance remarquable confirmée quelques semaines plus tard aux mondiaux de Manchester (quatre médailles d’or, deux d’argent). Enfin, à Perth...