Les chances d’une ratification par les députés russes de l’accord de désarmement stratégique START II se sont paradoxalement accrues à la faveur de la crise en Russie, estiment les analystes. La Douma (Chambre basse du Parlement), dominée par les communistes, fait traîner la ratification de cet accord qui s’est transformée au fil des ans en arme de chantage, dès que les Etats-Unis mènent une action qui déplaît aux députés. En août 1995, la Douma était sur le point d’ouvrir le débat sur la ratification, lorsque l’OTAN avait mené ses bombardements contre les Serbes de Bosnie, suscitant la fureur des communistes. Tout récemment encore, les parlementaires ont une nouvelle fois menacé de repousser l’approbation des accords, dont l’examen était prévu au plus tôt à l’automne, après les frappes américaines contre des objectifs terroristes présumés en Afghanistan et au Soudan, effectuées sans que Moscou en ait été préalablement informé. Washington, pressé de commencer des négociations «START II» sur les dernières générations d’armes nucléaires, avait longtemps lié la tenue d’un sommet à la ratification de START II, ratifié depuis 1996 par le Sénat américain. Le président Boris Eltsine a lancé régulièrement des appels en ce sens à la Douma. En vain. Mais à la faveur de la crise, l’opposition communiste, qui devrait entrer dans un gouvernement de coalition du premier ministre désigné Viktor Tchernomyrdine, pourrait se montrer plus souple sur START II. Cet accord, signé par M. Eltsine et l’ancien président américain George Bush, prévoit de diminuer le nombre des ogives nucléaires de chaque pays à 3.500 pour les Etats-Unis et 3.000 pour la Russie. «La Douma, avec un nouveau gouvernement, est plus proche que jamais d’une ratification. Si le gouvernement comprend des membres de l’opposition, je ne serais pas surpris que l’accord soit ratifié par la Douma cet automne ou au printemps prochain», estime Alexandre Pikaïev, de l’antenne moscovite du centre Carnegie. «Les chances d’une ratification par la Douma ont augmenté mais d’un autre côté l’opposition s’est renforcée et pourrait tenter d’obtenir davantage de concessions de la part des Etats-Unis», ajoute un autre expert moscovite, Andreï Zobov. Pour tenter de séduire les députés, le Kremlin avait adressé en avril dernier à la Douma une version amendée du traité. Le protocole soumis à ratification prolonge le délai pour mettre en œuvre le traité jusqu’au 31 décembre 2007 (au lieu du 31 décembre 2003). Cette prolongation, entérinée en septembre dernier à New York par le secrétaire d’Etat Madeleine Albright et le ministre russe des Affaires étrangères, Evgueni Primakov, présente pour les Russes l’avantage de réduire le coût des opérations de destruction, en raison du vieillissement naturel des équipements. Selon les analystes, Bill Clinton pourrait la semaine prochaine, lors du sommet avec Boris Eltsine, faire un geste en offrant davantage d’argent à Moscou pour financer le programme de reconversion de l’arsenal nucléaire russe. Une offre à laquelle les Russes ne devraient pas être insensibles dans la situation de débâcle financière qu’ils connaissent actuellement. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les chances d’une ratification par les députés russes de l’accord de désarmement stratégique START II se sont paradoxalement accrues à la faveur de la crise en Russie, estiment les analystes. La Douma (Chambre basse du Parlement), dominée par les communistes, fait traîner la ratification de cet accord qui s’est transformée au fil des ans en arme de chantage, dès que les Etats-Unis mènent une action qui déplaît aux députés. En août 1995, la Douma était sur le point d’ouvrir le débat sur la ratification, lorsque l’OTAN avait mené ses bombardements contre les Serbes de Bosnie, suscitant la fureur des communistes. Tout récemment encore, les parlementaires ont une nouvelle fois menacé de repousser l’approbation des accords, dont l’examen était prévu au plus tôt à l’automne, après les frappes...