L’Indonésie a décisé de réduire les peines de prison de quelque 16.813 prisonniers et de libérer 1.587 d’entre eux pour marquer le 53e anniversaire de son indépendance, a rapporté un quotidien. Le responsable des institutions correctionnelles, Thahir Abdullah, cité par le journal Suara Karya, a précisé que les remises de peine allaient de un à huit mois. L’Indonésie a également annoncé qu’elle libérerait trois prisonniers, âgés de 72 à 81 ans, qui avaient participé au coup d’Etat communiste de 1965. Quelque 70 prisonniers politiques devraient être libérés ou amnistiés par le président Jusuf Habibie, geste traditionnel à l’occasion de la fête de l’indépendance. Par ailleurs, le gouvernement a pleinement réhabilité lundi le militaire et diplomate Dharsono Rekso Hartono, mort au début des années 90. Cet ancien général fut secrétaire général de l’Association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN) avant d’être emprisonné par le régime du président Suharto. Avant l’annonce de lundi, le président Habibie avait déjà libéré quelque 73 prisonniers politiques depuis sa prise de pouvoir le 21 mai dernier. Menaces Par ailleurs, les organisations non-gouvernementales dénonçant les violences sexuelles visant la communauté indonésienne d’origine chinoise ont été menacées de poursuites judiciaires, a rapporté hier la presse. «Si les organisations non-gouvernementales ne peuvent prouver ce qu’elles avancent et continuent à exagérer, nous serons en mesure de les poursuivre pour propagation de rumeurs», a déclaré le chef de la police nationale, le général Rusmanhadi (pas de prénom). «Les textes de loi existent», a-t-il ajouté. Le général n’a pas identifié les organisations visées, mais a indiqué que plusieurs d’entre elles refusaient de collaborer avec la police et de communiquer les identités des victimes qu’elles veulent protéger. Plusieurs de ces organisations, y compris la Commission nationale pour les droits de l’homme (Komnashan — officielle) dont les membres sont désignés par le gouvernement, ont indiqué que les victimes comme leurs membres continuaient, à ce jour, à faire l’objet d’intimidations et de menaces de mort. Le père catholique Sandyawan Sumardi, qui anime l’association «Volontaire de l’Humanité» a indiqué que «152 femmes et fillettes ont été violées ou sexuellement molestées à Djakarta et dans sa banlieue et 16 autres ont subi des violences du même genre dans d’autres localités du pays» durant les émeutes de la mi-mai. L’association a ajouté de «solides preuves» selon lesquelles 20 femmes, dont certaines très jeunes, sont décédées des blessures reçues ou ont été brûlées vives par leurs tortionnaires. Les violences organisées visant cette communauté ont été dénoncées de Pékin à Bangkok en passant par Hong Kong et Taipeh. Le président Habibie, dans son discours samedi sur l’état de la nation, a dénoncé ces violences qui sont, selon lui, «une tache sur le front de la nation», mais s’est abstenu de présenter des excuses. L’Association des intellectuels musulmans indonésiens, que M. Habibie a présidée depuis sa création et qui compte plusieurs ministres en exercice, a également dénoncé vendredi dernier l’exploitation qui est faite de ces violences les qualifiant «d’incidents» et affirmant qu’il s’agissait de «manœuvres politiques» visant «à saper l’économie du pays». Plusieurs dirigeants et dignitaires musulmans ont également démenti que de telles violences aient eu lieu et ont affirmé qu’il ne «s’agissait que d’une campagne contre l’islam». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Indonésie a décisé de réduire les peines de prison de quelque 16.813 prisonniers et de libérer 1.587 d’entre eux pour marquer le 53e anniversaire de son indépendance, a rapporté un quotidien. Le responsable des institutions correctionnelles, Thahir Abdullah, cité par le journal Suara Karya, a précisé que les remises de peine allaient de un à huit mois. L’Indonésie a également annoncé qu’elle libérerait trois prisonniers, âgés de 72 à 81 ans, qui avaient participé au coup d’Etat communiste de 1965. Quelque 70 prisonniers politiques devraient être libérés ou amnistiés par le président Jusuf Habibie, geste traditionnel à l’occasion de la fête de l’indépendance. Par ailleurs, le gouvernement a pleinement réhabilité lundi le militaire et diplomate Dharsono Rekso Hartono, mort au début des...