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Actualités - Chronologie

Kenya : une économie en perte de vitesse

L’attentat du 7 août contre l’ambassade des Etats-Unis à Nairobi a touché de plein fouet une économie déjà en perte de vitesse, dans un pays boudé par les bailleurs de fonds internationaux. L’attentat n’a pas seulement détruit une grande partie du quartier des affaires de la capitale kenyane, contraignant des dizaines de sociétés à une cessation temporaire de leurs activités. Professionnels du tourisme et hommes d’affaires craignent que l’explosion n’ait aussi terni l’image d’un pays déjà largement écorné par la corruption, par l’insécurité et par des infrastructures déficientes. L’industrie et l’import-export étaient déjà, au moment de l’attentat, durement touchés par une grève des employés de banque, lancée le 3 août pour protester contre de nouvelles taxes, alors que les enseignants menaçaient de cesser le travail à leur tour pour contraindre le gouvernement à respecter ses promesses et à augmenter les salaires de 200%. Le secteur touristique, qui représente la deuxième ressource en devises après l’agriculture, risque également de souffrir de l’attentat. Les agences de voyage ont enregistré entre 20 et 50% d’annulations après les deux attentats quasiment simultanés du 7 août contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, deux destinations généralement combinées par les amateurs de safaris. Le président kenyan Daniel arap Moi a estimé les dégâts directs de l’attentat à plus de 500 millions de dollars et les réunions se multiplient entre les responsables de la chambre kenyane de commerce et d’industrie et le gouvernement pour évaluer les pertes pour le secteur des affaires. Le gouvernement a organisé une rencontre avec les représentants des bailleurs de fonds pour lancer un appel aux dons et mettre en place des procédures pour gérer les aides, a indiqué un haut fonctionnaire gouvernemental, Vincent Leilei. Le shilling perd du terrain Plus de 60 diplomates, hauts commissaires et chefs d’agences internationales ont participé à la rencontre, qui a décidé de confier au bureau du président, à l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) le soin de coordonner et surveiller la distribution des aides. Le shilling kenyan, déjà sous pression, a perdu depuis en une semaine 1,7% par rapport au dollar, passant de 59,20 à 60,20. La raison principale de cette chute est, selon un responsable de la Banque centrale du Kenya, une augmentation de la demande en dollars de la part des importateurs, qui veulent réparer au plus vite les dégâts de l’attentat. L’inflation est également en hausse, conséquence des mauvaises performances de l’économie. Avant l’attentat, elle était passée de 10,8% en juin à 11,3% en juillet, selon les chiffres de la banque centrale. Depuis un an, le gouvernement kenyan a massivement emprunté sur le marché intérieur après la décision du Fonds monétaire international (FMI) de suspendre, en juillet 1997, un prêt de 25 millions de dollars, en raison, notamment, du niveau de corruption. Depuis le drame, les appels se multiplient à Nairobi sur place en faveur d’une aide accrue de Washington, qui avait souvent critiqué la persistance de la corruption dans les hautes sphères de l’Etat kenyan. Ni le président américain Bill Clinton ni le secrétaire d’Etat Madeleine Albright n’avaient fait d’escale à Nairobi lors de leurs tournées respectives en Afrique. Les Etats-Unis pourraient ainsi soit verser directement des fonds au Kenya, soit plaider auprès du FMI pour qu’il reprenne son aide au pays, ce qui donnerait indirectement une marge de manœuvre plus confortable au président Moi. (AFP)
L’attentat du 7 août contre l’ambassade des Etats-Unis à Nairobi a touché de plein fouet une économie déjà en perte de vitesse, dans un pays boudé par les bailleurs de fonds internationaux. L’attentat n’a pas seulement détruit une grande partie du quartier des affaires de la capitale kenyane, contraignant des dizaines de sociétés à une cessation temporaire de leurs activités. Professionnels du tourisme et hommes d’affaires craignent que l’explosion n’ait aussi terni l’image d’un pays déjà largement écorné par la corruption, par l’insécurité et par des infrastructures déficientes. L’industrie et l’import-export étaient déjà, au moment de l’attentat, durement touchés par une grève des employés de banque, lancée le 3 août pour protester contre de nouvelles taxes, alors que les...