L’ancien président iranien, Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, a estimé que l’économie iranienne, frappée de plein fouet par une baisse importante des recettes pétrolières, était «menacée de plus en plus sérieusement de récession». «Cette récession est un problème sérieux et dangereux, causé par la baisse des milliards de dollars de recettes pétrolières», a souligné M. Rafsandjani, lors de la prière hebdomadaire du vendredi à l’université de Téhéran. «La récession signifie chômage, stagnation du mouvement monétaire, chute des investissements et enfin un gros obstacle au développement» du pays, a ajouté M. Rafsandjani, président de la République de 1989 à 1997. L’ancien chef de l’Etat iranien a en outre affirmé que le gouvernement du nouveau président Mohammad Khatami était «confronté à des difficultés économiques majeur» et qu’il avait demandé «l’aide de toutes les institutions et de la population» pour «sortir l’économie nationale de sa léthargie actuelle». L’ancien président a par ailleurs estimé que «les querelles de factions en cours» notamment «à travers la presse risquaient d’être contre-productives» pour le gouvernement. «Quand l’économie connaît une récession, on ne peut rien faire avancer sur le plan politique, pas même assurer la justice sociale», a ajouté M. Rafsandjani, critiquant implicitement les conservateurs pour leur bras de fer avec le gouvernement. M. Rafsandjani faisait très clairement allusion à l’affaire du maire réformateur de Téhéran Gholamhossein Karbastchi, condamné à cinq ans de prison ferme pour corruption, et aux tracasseries auxquelles la presse et les personnalités modérées proches du président Khatami sont systématiquement soumises. La condamnation de M. Karbastchi avait suscité l’indignation quasi-générale de la classe politique, proche du président Khatami, et de la presse modérée et réformatrice. Problèmes structurels Dans un discours à l’occasion du premier anniversaire de la formation de son cabinet, le 3 août 1997, le président Mohammad Khatami avait annoncé la semaine dernière un plan d’assainissement de l’économie iranienne, frappée de surcroît par un embargo américain. «La maladie de notre économie est chronique et tant qu’il n’y aura pas de changements structurels, elle sera confrontée à beaucoup de difficultés», avait notamment reconnu le président Khatami. La chute des cours du brut, qui assure 85% des rentrées de devises du pays et près de la moitié des recettes budgétaires de l’Etat, expose le gouvernement pour l’année fiscale en cours à un manque à gagner de 6 milliards de dollars. La baisse des recettes pétrolières risque de compromettre la gestion de la dette extérieure de l’Etat, estimée à 13 milliards de dollars. Le pays doit rembourser cette année près de 5 milliards de dollars. Le Parlement, dominé par les conservateurs, s’était réuni mardi dernier à huis-clos pour examiner avec des responsables gouvernementaux la «crise de l’emploi», selon des sources parlementaires. Le chômage, devenu un véritable fléau, touche désormais toutes les couches de la population et notamment les jeunes et les diplômés qui ont de plus en plus de mal à trouver un emploi fixe. Selon des chiffres officiels, le taux de chômage est de 11% (1,5 million de chômeurs pour 60 millions d’habitants, dont près de la moitié a moins de 20 ans) mais selon des estimations généralement admises ce chiffre dépasse largement le seuil de 20%. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien président iranien, Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani, a estimé que l’économie iranienne, frappée de plein fouet par une baisse importante des recettes pétrolières, était «menacée de plus en plus sérieusement de récession». «Cette récession est un problème sérieux et dangereux, causé par la baisse des milliards de dollars de recettes pétrolières», a souligné M. Rafsandjani, lors de la prière hebdomadaire du vendredi à l’université de Téhéran. «La récession signifie chômage, stagnation du mouvement monétaire, chute des investissements et enfin un gros obstacle au développement» du pays, a ajouté M. Rafsandjani, président de la République de 1989 à 1997. L’ancien chef de l’Etat iranien a en outre affirmé que le gouvernement du nouveau président Mohammad Khatami était «confronté à des...