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Actualités - Chronologie

L'ancien directeur de la prison d'Evine abattu à Téhéran

Assadollah Ladjevardi, ancien procureur des tribunaux révolutionnaires et ex-directeur de la plus grande prison d’Iran, a été assassiné dimanche en plein cœur de Téhéran. L’attentat a été revendiqué par les Moudjahidine du peuple et confirmé par l’agence officielle IRNA qui a annoncé l’arrestation d’un des assaillants. Figure controversée du régime, surnommé «le boucher d’Evine» par l’opposition armée et qualifié de «héros de la résistance» par ses amis, Ladjevardi, 63 ans, a été tué par balles «par des éléments contre-révolutionnaires inconnus», dans une boutique de tailleur, au grand bazar de la capitale. «Deux hommes armés sont entrés dans la boutique (...) et ils ont tiré sur Assadollah Ladjevardi avec une mitraillette de marque Uzi (de fabrication israélienne) à l’issue d’une conversation», a ajouté IRNA citant des témoins. «L’un des deux assaillants a été immédiatement arrêté», a ajouté IRNA. Un passant a été tué alors qu’il tentait d’empêcher les «assaillants terroristes» de prendre la fuite. Le frère de Ladjevardi, blessé dans l’attentat, a succombé à ses blessures, a ajouté IRNA. En revendiquant l’attentat dans un appel téléphonique à l’AFP, les Moudjahidine du peuple ont précisé avoir «attaqué et tué Ladjevardi, le boucher d’Evine, alors qu’il était escorté par un groupe spécial des gardes révolutionnaires et des agents du ministère des renseignements». Remplacé l’an dernier à la tête de la prison d’Evine, Assadollah Ladjevardi était un militant islamiste proche de l’imam Khomeiny, le fondateur de la République islamique. Il était activement engagé dans la lutte contre le régime impérial du Chah avant la révolution de 1979. Emprisonné avant la révolution, il a passé plusieurs années de détention à la prison d’Evine, considérée comme la plus importante du pays. En 1969, Ladjevardi est arrêté pour avoir dirigé un attentat à la bombe contre les locaux du bureau de la compagnie aérienne israélienne El Al à Téhéran. Il a dirigé également une manifestation anti-israélienne à l’issue d’un match de football Israël-Iran à Téhéran. Torturé par la Savak, la police politique du Chah, Assadollah Ladjevardi refuse d’avouer, ce qui lui vaut d’être surnommé «le héros de la résistance» par ses amis mais il est condamné à 18 ans de prison en 1975. Dès les années soixante, il avait adhéré au conseil central des Associations islamiques coalisées (AIC, formation de droite islamique regroupant les mouvements politiques opposés au Chah et proches des commerçants du bazar de Téhéran). L’AIC constitue aujourd’hui le «noyau dur» de la mouvance conservatrice du régime islamique, majoritaire au Parlement et au sein des institutions dites «révolutionnaires». Libéré à la veille de la révolution, Assadollah Ladjevardi devient procureur des tribunaux révolutionnaires, qui furent à l’origine d’une sanglante vague de répression contre les proches du Chah. Egalement chef des services pénitentiaires iraniens depuis 1989, Assadollah Ladjevardi avait été remplacé en février dernier à la tête de cette administration par M. Morteza Bakhtiari. Son remplacement était intervenu à la suite d’accusations sur de mauvais traitements subis par des responsables de la municipalité de Téhéran emprisonnés pour corruption. Ils avaient affirmé avoir été victimes «de traitements inhumains et de tortures» pendant leur détention. Le maire de Téhéran Gholamhossein Karbastchi, condamné à cinq ans de prison ferme dans le cadre de cette affaire de corruption, avait été placé en détention dans cette prison du 4 au 15 avril. Les prisons iraniennes renferment actuellement près de 150.000 détenus, dont plus de la moitié sont des trafiquants de drogue.
Assadollah Ladjevardi, ancien procureur des tribunaux révolutionnaires et ex-directeur de la plus grande prison d’Iran, a été assassiné dimanche en plein cœur de Téhéran. L’attentat a été revendiqué par les Moudjahidine du peuple et confirmé par l’agence officielle IRNA qui a annoncé l’arrestation d’un des assaillants. Figure controversée du régime, surnommé «le boucher d’Evine» par l’opposition armée et qualifié de «héros de la résistance» par ses amis, Ladjevardi, 63 ans, a été tué par balles «par des éléments contre-révolutionnaires inconnus», dans une boutique de tailleur, au grand bazar de la capitale. «Deux hommes armés sont entrés dans la boutique (...) et ils ont tiré sur Assadollah Ladjevardi avec une mitraillette de marque Uzi (de fabrication israélienne) à l’issue d’une...