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Actualités - Chronologie

Le gouvernement russe le dos au mur face au risque de dévaluation

Le gouvernement russe se bat le dos au mur pour éviter un effondrement du rouble, conscient qu’une dévaluation brutale risque de provoquer la faillite de l’Etat et l’explosion du système bancaire. L’annonce en juillet d’un prêt international de 22,6 milliards de dollars a donné une bouffée d’air à l’équipe du premier ministre Sergueï Kirienko, dramatiquement à court de liquidités. Pourtant, les investisseurs ont massivement déserté les salles de marché, craignant que l’Etat ne se retrouve brusquement en cessation de paiement. Soucieux de quitter une place financière désormais considérée comme dangereuse, ils se débarrassent de leurs roubles. La défense du rouble et la victoire sur l’inflation restent le credo de M. Kirienko, et la principale réussite économique des cinq dernières années. La crise financière est due à une «psychose», a estimé jeudi le chef du gouvernement, assurant que le gouvernement honorerait ses engagements en matière d’endettement. Les experts, dans leur majorité, soulignent en outre qu’une dévaluation aurait un impact négatif. Selon le ministre des Finances Mikhaïl Zadornov, seules 30 banques sur les 1.500 enregistrées survivraient à une dévaluation massive. La grande majorité des dettes des banques russes est en effet libellée en dollars, alors que leurs créances sont en roubles. L’explosion du système bancaire ne manquerait pas de susciter une panique dans la population, qui se précipiterait vers les points de change pour acheter du dollar. L’inflation repartirait et l’opposition nationaliste et communiste s’en trouverait relancée, à 16 mois des élections législatives. «La dévaluation n’aurait en outre aucun intérêt compétitif, étant donné que la Russie n’exporte que des matières premières», assure le chef économiste de la banque Alfa Capital. Thierry Malleret. La dévaluation «ne va pas rendre le prix du pétrole (russe) plus compétitif». Un affaiblissement du rouble, enfin, alourdirait terriblement la dette extérieure, environ deux fois plus importante que la dette intérieure. Certains experts prônent pourtant une dévaluation, pour desserrer l’étau qui étouffe le gouvernement. Une dévaluation, assurent-ils, redonnerait en outre un coup de fouet à la croissance, retombée dans le négatif au 1er semestre après la modeste embellie de 1997 (+0,8%). Le financier américain George Soros a estimé, dans une lettre publiée jeudi par le Financial Times, que les marchés financiers russes étaient entrés «en phase terminale», et que le rouble devait être dévalué de 15 à 25% pour refléter la chute des prix du pétrole (VOIR PAR AILLEURS). Pour l’heure, les analystes estiment que le gouvernement peut encore résister aux pressions. Le destin du rouble, selon eux, est entre les mains des épargnants. «Les banques souffrent d’un terrible manque de liquidités, souligne M. Malleret «le vrai risque, c’est une panique de la population». «Si les gens se précipitent sur les points de change, il est possible qu’ils ne puissent pas être servis (...) parce que les banques n’ont pas suffisamment de liquidités pour payer cash» les devises qu’elles achètent, précise une source bancaire étrangère. Jeudi, le dollar dans les points de change de la capitale s’achetait jusqu’à 6,6 roubles, contre 6,299 au cours interbancaire. Certains experts estiment que le gouvernement tentera de tenir avant d’organiser un glissement du rouble en douceur en octobre, en élargissant le corridor de fluctuation dans lequel évolue la monnaie russe. Un responsable de la Banque centrale a affirmé jeudi qu’une dévaluation ne résoudrait pas la crise, mais accroîtrait «la nervosité et la spéculation» sur les marchés. «Nous contrôlons la situation et nous avons la main sur le pouls du malade», a assuré la porte-parole de la BCR Irina lassina. Suspension des cotations Quoi qu’il en soit, les cotations ont été temporairement suspendues jeudi à 11h40 heure locale à la Bourse de Moscou en raison d’une forte baisse des titres peu après l’ouverture. L’indice RTS était en baisse de 10% et a cassé la barre des 100 points pour s’inscrire à 97,38, tombant à son niveau le plus bas depuis le 23 avril 1996. Les cotations sont suspendues lorsque les actions baissent de plus de 7,5% par rapport à l’ouverture. Une même décision de suspension des cotations avait été prise mardi lorsque les marchés russes avaient à nouveau été entraînés dans la tourmente perdant environ 20 points en deux jours. Cette baisse s’explique par «peur d’un défaut le paiement des institutions en Russie davantage que par peur d’une dévaluation du rouble», a commenté Tom Brackenbury de Rinako Plus. Ce courtier a estimé que le risque d’une dévaluation était «énormément exagéré», estimant que la Banque centrale disposait de suffisamment de réserves. (AFP)
Le gouvernement russe se bat le dos au mur pour éviter un effondrement du rouble, conscient qu’une dévaluation brutale risque de provoquer la faillite de l’Etat et l’explosion du système bancaire. L’annonce en juillet d’un prêt international de 22,6 milliards de dollars a donné une bouffée d’air à l’équipe du premier ministre Sergueï Kirienko, dramatiquement à court de liquidités. Pourtant, les investisseurs ont massivement déserté les salles de marché, craignant que l’Etat ne se retrouve brusquement en cessation de paiement. Soucieux de quitter une place financière désormais considérée comme dangereuse, ils se débarrassent de leurs roubles. La défense du rouble et la victoire sur l’inflation restent le credo de M. Kirienko, et la principale réussite économique des cinq dernières années. La...