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Actualités - Chronologie

Chasse au terroriste sur Internet (photos)

Au temps du Far West, on affichait le faciès patibulaire de Jesse James, avec la mention «Wanted (recherché), mort ou vif» et le montant de la récompense. Aujourd’hui, chasseurs de prime et terroristes repentis ont un site Internet: www.HEROES.net Le département d’Etat, qui gère ce programme, a offert jusqu’à deux millions de dollars pour toute information menant à la capture des auteurs des attentats. Cette somme est le maximum prévu, sauf pour les attentats contre des avions de ligne américains où la prime est doublée, avec la contribution des compagnies aériennes et des syndicats de pilotes. Aux Etats-Unis, les informateurs doivent s’adresser au FBI. Les avis de recherche sont placardés dans les bureaux de poste. A l’étranger, ce sont les ambassades américaines qui diffusent les appels à témoins et recueillent les informations. Pour susciter les vocations, le site HEROES s’ouvre sur la photo d’une valise pleine de dollars. Le message est clair: «Nous vous offrons quatre millions de raisons de stopper les terroristes». Le programme est parrainé par les acteurs Charlton Heston, ex-Moïse devenu le porte-parole de la National Rifle Association, le lobby des armuriers, Charles Bronson, spécialisé dans les personnages de justiciers expéditifs, et Charlie Sheen, sous le coup d’une mise à l’épreuve judiciaire pour avoir pris de la drogue et tabassé sa petite amie. Les informateurs sont assurés de l’anonymat. Le FBI peut leur fournir une nouvelle identité et un domicile sûr aux Etats-Unis. Oreilles électroniques Une commission intergouvernementale évalue les renseignements puis le secrétaire d’Etat et l’Attorney General (ministre de la Justice) «décident ensemble quand payer» et combien à chaque fois, explique le sous-secrétaire d’Etat aux affaires administratives, Patrick Kennedy. HEROES a été lancé en 1984 avec une récompense maximale de 500.000 dollars, passée à deux millions en 1991. Depuis cette date, cinq millions de dollars ont été versés pour des informations concernant une vingtaine d’affaires. Mais certains des attentats les plus meurtriers sont restés impunis, comme celui qui a tué 19 soldats américains sur une base militaire près de Dhahran (Arabie Séoudite) le 16 juin 1996. Dix ans après l’explosion en vol d’un Boeing de la TWA au-dessus de Lockerbie (Ecosse), les deux suspects libyens n’ont toujours pas été jugés. Washington a eu plus de chance au début de la guerre du Golfe en 1991. Selon un responsable du programme, «un informateur dans un pays d’Asie de l’Est» a révélé que les services spéciaux irakiens préparaient une série d’attentats, dont une attaque dans un grand aéroport. L’informateur a touché un demi-million de dollars. Il coule des jours tranquilles quelque part aux Etats-Unis. Pour capturer les poseurs de bombe du World Trade Center (six morts, des milliers de blessés le 26 février 1993 à New York), le département d’Etat a fait imprimer leurs portraits sur des milliers de pochettes d’allumettes rouges. Le 8 février 1995, Ramzi Ahmed Yousef était arrêté au Pakistan. L’évolution du terrorisme rend moins efficace la délation, soulignent les experts. Certains des nouveaux artificiers sont des solitaires paranoïaques. Theodore Kaczynski, le fameux «Unabomber» spécialiste du colis piégé, a défié pendant 18 ans le FBI depuis son chalet du Montana avant d’être dénoncé par son frère. Les extrémistes musulmans s’organisent désormais en réseaux soigneusement compartimentés. Les services de renseignements s’appuient davantage sur les «grandes oreilles» électroniques et les satellites, au détriment de «l’intelligence humaine», c’est-à-dire les agents infiltrés. Il y avait bien des agents de la CIA à Nairobi et Dar es-Salaam mais ils n’ont, semble-t-il, rien vu venir. La sécurité était «à son niveau normal» au moment des explosions, selon un responsable américain. (AFP)
Au temps du Far West, on affichait le faciès patibulaire de Jesse James, avec la mention «Wanted (recherché), mort ou vif» et le montant de la récompense. Aujourd’hui, chasseurs de prime et terroristes repentis ont un site Internet: www.HEROES.net Le département d’Etat, qui gère ce programme, a offert jusqu’à deux millions de dollars pour toute information menant à la capture des auteurs des attentats. Cette somme est le maximum prévu, sauf pour les attentats contre des avions de ligne américains où la prime est doublée, avec la contribution des compagnies aériennes et des syndicats de pilotes. Aux Etats-Unis, les informateurs doivent s’adresser au FBI. Les avis de recherche sont placardés dans les bureaux de poste. A l’étranger, ce sont les ambassades américaines qui diffusent les appels à témoins et...