Les spécialistes américains de politique internationale craignent que le président Bill Clinton, de plus en plus absorbé par l’affaire Lewinsky, ne délaisse les nombreuses questions brûlantes de politique étrangère. Les hauts responsables américains assurent, eux, que le scandale, qui doit atteindre son point culminant lundi avec le témoignage du président devant une Chambre populaire de mise en accusation (grand jury) n’a en rien troublé la bonne marche de la diplomatie américaine. Mais pour les analystes, les allégations selon lesquelles M. Clinton aurait eu une liaison avec une jeune stagiaire de la Maison-Blanche et lui aurait ensuite demandé de mentir à ce sujet devant la justice, ont une influence considérable sur sa capacité à se concentrer sur les questions de politique étrangère. «Il faut être fou pour penser qu’il peut faire abstraction de sa vie privée et aller de l’avant à 100% de ses capacités», estime Bill Taylor, vice-président du Center fo Strategic and International Studies (CSIS) de Washington «Il est évident que les hauts responsables de la Maison-Blanche passent un temps énorme à gérer ce scandale», affirme pour sa part Robert Manning, du groupe de réflexion Council on Foreign Relations. La guerre au Kosovo, les inspections d’armements en Irak et l’aggravation de la crise économique en Asie figurent parmi les questions qui devraient exiger du président une attention particulière dans un avenir proche. «Il se dégage l’impression qu’il n’y a personne aux commandes», affirme M. Manning. «Ce qu’il y a, c’est une bureaucratie en pilote automatique», lance-t-il. Dans trois grandes ambassades à Washington, on précise devoir régulièrement alimenter en rapports la capitale, soucieuse de percevoir les enjeux de l’affaire. Les trois représentations concluent cependant que celle-ci ne doit pas être surestimée. .«Je ne dirais pas qu’il y a des signes indiquant que les choses vont beaucoup plus mal dans le monde réel du fait de ce qui se passe à Washington», commente un diplomate occidental. Les diplomates étrangers rappellent la très haute cote de popularité du président, signe selon eux que la Maison-Blanche fait face à la tourmente, et soulignent que la politique étrangère est le fait d’une équipe. Le secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright a rejeté fermement toute idée selon laquelle le scandale aurait pu avoir un quelconque impact sur la diplomatie américaine. «Cette question ne détourne en rien notre attention en matière de politique étrangère, je peux vous l’assurer», a-t-elle récemment déclaré dans un entretien accordé à l’émission «Meet the Press» de la chaîne NBC. Lorsque le président irakien Saddam Hussein a suspendu ce mois-ci sa coopération avec les inspecteurs en armement de l’ONU, certains l’ont soupçonné d’avoir voulu profiter des difficultés de Bill Clinton. Le manque d’action ferme de Washington après la mort de centaines de personnes dans des combats entre forces serbes et indépendantistes du Kosovo est souvent attribué en partie au scandale. Enfin, «l’affaire Monica Lewinsky ne peut que compliquer les choses» en ce qui concerne les suites des attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya, commente pour sa part l’éditorialiste du «New York Times», Tom Friedman. «Quiconque cherchera des excuses pour s’opposer à une rétorsion américaine dans cette affaire affirmera que le président n’agit que pour détourner l’attention de ses difficultés embarrassantes et cela rendra encore plus difficile la recherche d’un soutien diplomatique», affirme-t-il. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les spécialistes américains de politique internationale craignent que le président Bill Clinton, de plus en plus absorbé par l’affaire Lewinsky, ne délaisse les nombreuses questions brûlantes de politique étrangère. Les hauts responsables américains assurent, eux, que le scandale, qui doit atteindre son point culminant lundi avec le témoignage du président devant une Chambre populaire de mise en accusation (grand jury) n’a en rien troublé la bonne marche de la diplomatie américaine. Mais pour les analystes, les allégations selon lesquelles M. Clinton aurait eu une liaison avec une jeune stagiaire de la Maison-Blanche et lui aurait ensuite demandé de mentir à ce sujet devant la justice, ont une influence considérable sur sa capacité à se concentrer sur les questions de politique étrangère. «Il faut être fou pour...