La spectaculaire alliance mardi entre BP et Amoco fait entrer dans la vague des mégafusions des compagnies pétrolières confrontées à un environnement de concurrence internationale accrue, et pourrait bien augurer de nouvelles concentrations, selon les experts. En fusionnant, le britannique British Petroleum (BP) et l’Américain Amoco vont créer la troisième compagnie pétrolière au monde, d’une valeur boursière de 110 milliards de dollars. Les deux groupes ont présenté leur fusion comme une réponse à la concurrence internationale croissante qui sévit sur un marché pétrolier qui est, de plus, déprimé par la chute des cours. Déjà forte, cette concurrence «s’aiguisera avec l’arrivée de nouveaux intervenants», ont souligné les deux compagnies. A l’instar des mégafusions entreprises ces dernières années dans les secteurs automobile, pharmaceutique ou des télécommunications, les deux compagnies pétrolières ont compris que «l’alliance des portefeuilles d’actifs et la complémentarité sont la clé» pour assurer la croissance de leurs bénéfices, a estimé un analyste de la maison de courtage Cazenove and Co., à Londres. «C’est une logique industrielle imparable qui vient d’être appliquée au secteur pétrolier», relève de son côté un expert du secteur pour une importante banque d’affaires américaine à Londres. «Car, pour saisir des opportunités au niveau mondial, il faut l’envergure et la taille, qui permettront d’obtenir des profits substantiels», a-t-il ajouté. La nouvelle entité baptisée BP-Amoco entre dans la cour des très grands, en devenant le troisième groupe pétrolier au monde derrière l’Anglo-néerlandais Royal Dutch-Shell et l’américain Exxon. Il sera aussi le premier producteur de pétrole et de gaz aux Etats-Unis. Le nouveau groupe se présente également comme «l’un des premiers groupes chimiques mondiaux», avec un chiffre d’affaires dans ce secteur de 13 milliards de dollars. Surtout, l’alliance entre les deux groupes va perturber les règles du jeu dans un secteur qui, jusqu’à présent, n’avait vu que des alliances stratégiques ponctuelles et la création de co-entreprises. «Nombreux sont ceux qui parlaient de la restructuration de l’industrie pétrolière. Elle n’est jamais intervenue... jusqu’à aujourd’hui», a déclaré John Browne, le nouveau patron de BP-Amoco et actuel directeur-général de BP. «Les autres compagnies pétrolières vont en effet devoir repenser leurs stratégies de développement avec une optique plus large, plus globale», a souligné un analyste de la banque d’affaires JP Morgan, qui a conseillé BP pour cette opération. Déjà, les marchés boursiers européens ont été prompts à réagir à une telle éventualité et les titres des compagnies pétrolières, telle l’espagnole Repsol, la française Total ou encore la britannique Monument Oil, ont fortement grimpé, ont souligné des opérateurs. Le géant Royal Dutch-Shell est ainsi soupçonné par les marchés d’appétits pour ses plus petits concurrents et le nom de Texaco revenait plusieurs fois dans la bouche des analystes. Royal Dutch Shell et Texaco discutent déjà d’une alliance limitée aux Pays-Bas, mais pourraient désormais être tentés par une fusion totale, ont avancé certains experts. «Je suis persuadé qu’il y aura de nouvelles réactions, qu’il y aura un nouveau mouvement de concentration dans le secteur avant l’an 2000», a relevé l’expert de Cazenove and Co.. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La spectaculaire alliance mardi entre BP et Amoco fait entrer dans la vague des mégafusions des compagnies pétrolières confrontées à un environnement de concurrence internationale accrue, et pourrait bien augurer de nouvelles concentrations, selon les experts. En fusionnant, le britannique British Petroleum (BP) et l’Américain Amoco vont créer la troisième compagnie pétrolière au monde, d’une valeur boursière de 110 milliards de dollars. Les deux groupes ont présenté leur fusion comme une réponse à la concurrence internationale croissante qui sévit sur un marché pétrolier qui est, de plus, déprimé par la chute des cours. Déjà forte, cette concurrence «s’aiguisera avec l’arrivée de nouveaux intervenants», ont souligné les deux compagnies. A l’instar des mégafusions entreprises ces dernières années...