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Actualités - Chronologie

Le nom de la future zone euro divise les européens

Les onze pays qui lanceront l’euro le 1er janvier 1999 auront une monnaie unique et la même politique monétaire mais il leur manquera un nom commun pour se distinguer du reste de l’Union européenne. Paradoxalement, c’est une banque américaine qui a lancé le mot qui fait actuellement recette pour désigner le groupe de pionniers de la monnaie unique européene: Euroland. Il est déjà largement utilisé par les économistes, les salles de marché, la presse anglo-saxonne et même la Bundesbank. Plus percutant que «pays de la zone euro» ou encore «les économies de l’euro», que l’on trouve dans toutes les langues de l’Union, Euroland est pourtant loin de faire l’unanimité. En France, où l’on voit toujours d’un mauvais œil des anglicismes se mêler à la langue de Molière, Euroland n’est jamais utilisé en public ni par le gouverneur de la Banque de France, Jean-Claude Trichet, ni par le ministre de l’Economie et des Finances, Dominique Strauss-Kahn. Le quotidien «Le Figaro» a récemment décidé de mettre le débat sur la place publique. Il propose de franciser le mot en lui ajoutant un «e» pour en faire Eurolande, comme Irlande ou Finlande. «C’est pratique et élégant», affirme le journal, tout en reconnaissant qu’Eurolande a «une connotation d’Etat fédéral» qui pourrait gêner les responsables politiques. Au ministère des Finances, «on réfléchit à la question», indique le responsable de la commission spécialement chargée de trouver une traduction seyante aux mots venus d’ailleurs, sans toutefois donner de piste. La Banque de France indique qu’elle s’en remettra à l’usage, tout en précisant qu’il faudrait ajouter un «e» si Euroland devait s’imposer. Du côté des éditeurs de dictionnaires, on estime qu’il est trop tôt pour se prononcer. «C’est l’usage et la commission de néologie (une émanation de l’Académie française) qui décidera de la parution d’Euroland, Eurolande ou d’un autre mot dans le dictionnaire», explique Hélène Florent, chargée de la veille néologique chez Larousse. Sans prendre parti, Mme Florent fait remarquer qu’Eurolande est «la francisation forcée d’un anglicisme». Une partie de la presse espagnole n’a pas ces scrupules et, fidèle à ses habitudes, a déjà tranché en faveur de l’hispanisation et donc d’Eurolandia. La Banque centrale européenne (BCE), qui utilise le terme anglais de «euro area» (zone euro), croule sous les tâches pour préparer le lancement de l’euro et n’a pas le temps de se préoccuper de problèmes de vocabulaire. «Il n’y a pas de réflexion à ce sujet au sein des instances dirigeantes», dit-on à la BCE. En Allemagne, le gouvernement n’a pas encore réfléchi à la question, indique son service de presse, qui souligne que Land signifie pays en allemand alors qu’il s’agit d’une union. Néanmoins, Euroland a l’avantage d’être court, selon le ministère des Finances. Il est surtout déjà utilisé régulièrement par le patron de la Bundesbank, Hans Tietmeyer, qui a déjà laissé sa marque sur plus d’un aspect de l’Union monétaire. En revanche, «le terme Euroland ne plaît pas en Autriche et il n’est pas beau», selon le porte-parole du ministère autrichien des Finances, Andreas Hoeferl. «Parfois nous utilisons le terme d’Eurozone, mais en général nous parlons de l’Union économique et monétaire et nous n’avons pas l’intention de changer cette habitude pour adopter un autre nom», ajoute-t-il. En Finlande, le ministère des Finances préfère le terme finnois équivalent de «zone de l’euro». Il porte le joli nom d’euroalue (qui se prononce éouroaloué). (AFP)
Les onze pays qui lanceront l’euro le 1er janvier 1999 auront une monnaie unique et la même politique monétaire mais il leur manquera un nom commun pour se distinguer du reste de l’Union européenne. Paradoxalement, c’est une banque américaine qui a lancé le mot qui fait actuellement recette pour désigner le groupe de pionniers de la monnaie unique européene: Euroland. Il est déjà largement utilisé par les économistes, les salles de marché, la presse anglo-saxonne et même la Bundesbank. Plus percutant que «pays de la zone euro» ou encore «les économies de l’euro», que l’on trouve dans toutes les langues de l’Union, Euroland est pourtant loin de faire l’unanimité. En France, où l’on voit toujours d’un mauvais œil des anglicismes se mêler à la langue de Molière, Euroland n’est jamais utilisé en...