Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Moscou opposé à une intervention des forces de l'OTAN au Kosovo

Un émissaire russe s’est prononcé contre une «ingérence militaire extérieure» au Kosovo, au moment où les pays occidentaux menacent Belgrade d’une intervention de l’OTAN si les opérations des forces serbes dans la province ne cessent pas. Parallèlement, le Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie a remis aux autorités de Belgrade et aux responsables albanais du Kosovo un document présentant de nouvelles idées susceptibles de relancer le processus de paix. Interrogé lors d’une conférence de presse à Belgrade sur les avertissements des Etats-Unis et de leurs alliés, Nikolaï Afanassievski, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a estimé que «le problème ne se règle pas de cette manière». Les problèmes du Kosovo «peuvent éventuellement se résoudre en réglant les questions du statut, de l’autonomie (de la province), mais il ne peut y avoir de solution qui serait le résultat d’une ingérence extérieure contre une partie et en soutien à une autre», a déclaré le diplomate. «Je ne vois pas comment une ingérence militaire ou un bombardement peuvent contribuer à apaiser la situation» au Kosovo, a insisté l’émissaire russe. Selon lui, une telle opération ne pourrait apporter que «de nouvelles complications et une radicalisation inévitable». Une nouvelle offensive des forces serbes dans la Drenica, région du centre du Kosovo où les séparatistes albanais de l’Armée de libération du Kosovo (UCK) avaient de fortes positions, a provoqué la fuite de dizaines de milliers d’Albanais. Les forces serbes semblent actuellement s’efforcer de parachever leur reprise du contrôle de la Drenica. L’OTAN a annoncé qu’elle serait prête dès cette semaine à lancer des opérations militaires aériennes au Kosovo, et Washington a sommé le président yougoslave Slobodan Milosevic de mettre fin immédiatement à l’offensive de ses forces sous peine de voir se déclencher une opération militaire occidentale. Toutefois, pour pouvoir frapper, l’OTAN a besoin d’un mandat international, tel qu’une résolution du Conseil de Sécurité. Membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU avec droit de veto, la Russie, qui a toujours été très réticente à des opérations contre les Serbes, a la capacité de bloquer une éventuelle résolution. Depuis les menaces de la Maison-Blanche et du département d’Etat, la pression internationale sur Belgrade monte rapidement en puissance. Les ambassadeurs des 16 pays membres de l’OTAN ont chargé leur homologue russe de prévenir M. Milosevic que leur «patience (avait) des limites», selon une source diplomatique. Ils ont demandé à la Russie d’informer le numéro un yougoslave qu’«il ne doit pas croire que l’OTAN n’interviendra pas au Kosovo». Le gouvernement canadien a appelé les pays du Groupe de contact à surmonter leurs divergences, et il a demandé au Conseil de Sécurité de «s’engager sans réserve dans le dossier» du Kosovo pour éviter que la crise ne prenne des «proportions incontrôlables». «Cette tragédie, qui a déjà tué des centaines de civils et en a déplacé des centaines de milliers d’autres, doit prendre fin», a estimé le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy. Selon le commissaire européen responsable de l’aide humanitaire, Emma Bonino, une «crise humanitaire majeure» est en cours. «Il y a certainement 150.000 personnes, voire plus, qui sont dans les montagnes» du Kosovo après avoir fui les combats, a déclaré Mme Bonino à Radio France Internationale (RFI). A Pristina, chef-lieu du Kosovo, l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Belgrade, Brian Donnelly, a remis au chef politique des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova, un document du Groupe de contact qui, a-t-il dit, «expose différentes idées sur la manière dont les problèmes actuels au Kosovo pourraient être résolus». L’ambassadeur avait remis la veille le même document à Nikola Sainovic, vice-premier ministre yougoslave. «Nous espérons que les deux parties trouveront utiles les idées contenues dans ce document lorsqu’elles s’assiéront à la table de négociation, ce que nous pensons qu’elles doivent faire», a dit M. Donnelly. (AFP-Reuters)
Un émissaire russe s’est prononcé contre une «ingérence militaire extérieure» au Kosovo, au moment où les pays occidentaux menacent Belgrade d’une intervention de l’OTAN si les opérations des forces serbes dans la province ne cessent pas. Parallèlement, le Groupe de contact sur l’ex-Yougoslavie a remis aux autorités de Belgrade et aux responsables albanais du Kosovo un document présentant de nouvelles idées susceptibles de relancer le processus de paix. Interrogé lors d’une conférence de presse à Belgrade sur les avertissements des Etats-Unis et de leurs alliés, Nikolaï Afanassievski, vice-ministre russe des Affaires étrangères, a estimé que «le problème ne se règle pas de cette manière». Les problèmes du Kosovo «peuvent éventuellement se résoudre en réglant les questions du statut, de...