L’Iran a fait appel, lundi, à l’ONU pour obtenir la libération des membres de sa mission diplomatique, en Afghanistan, que les Taliban auraient arrêtés samedi à Mazar-i-Sharif. En fin d’après- midi les Nations Unies ont évacué un groupe d’Iraniens, parmi lesquels un diplomate, vers Islamabad selon des sources de l’aéroport de la capitale pakistanaise. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi a adressé une lettre au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour solliciter «une intervention globale et urgente» internationale en faveur des ressortissants iraniens. Le ministre iranien déplore dans sa lettre le «mauvais traitement» qui a été infligé aux membres de la mission diplomatique et affirme que les diplomates iraniens ont été détenus «pendant plusieurs heures dans les sous-sol des locaux diplomatiques». L’Iran, qui assure la présidence en exercice de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), avait fait état, dimanche de contacts avec les Taliban ainsi qu’auprès de l’ONU et de la Croix-Rouge internationale pour obtenir «la libération immédiate» de ses ressortissants. «L’Iran considère le Pakistan comme responsable de la vie et de la sécurité des membres de la mission et des locaux diplomatiques» iraniens, a souligné M. Kharazi dans sa lettre à M. Annan. Un porte-parole des milices islamistes, Wakil Ahmad Mutawakil, avait affirmé que les diplomates ne se trouvaient pas dans le consulat iranien lorsque leurs forces sont rentrées, samedi, dans la ville, jusque-là bastion de l’opposition afghane. L’Iran a rejeté ces affirmations et affirmé que ses ressortissants avaient été transférés dimanche soir à Kandahar, siège des Taliban (sud de l’Afghanistan). Dimanche, le président du Parlement iranien, Ali Akbar Nategh-Nouri, avait indiqué que le gouvernement iranien était au téléphone avec le chef de la mission à Mazar-i-Sharif «juste au moment de l’attaque des miliciens contre les locaux diplomatiques». «Nous avons entendu des tirs», avait-il précisé. Un journal iranien a publié, lundi, la liste des onze détenus iraniens dont quatre, MM. Nasser Righi, Majid Nouri, Nouollah Norouzi et Mohammad-Nasser Nasseri, sont en possession de passeports diplomatiques. Une cinquième personne est titulaire d’un passeport ordinaire et les six autres, dont un journaliste de l’agence officielle IRNA, ont des «passeports de service», documents délivrés aux fonctionnaires de l’Etat chargés de mission à l’étranger, selon la liste publiée par le journal «Jomhouri-Eslami». Trois autres Iraniens, membres non diplomates du personnel du consulat d’Iran à Mazar-i-Sharif, auraient réussi à s’échapper et se trouveraient à Bamian, dans le nord de l’Afghanistan, selon le journal. «Jomhouri-Eslami» a précisé que trente-cinq camionneurs iraniens se trouvaient dans le nord de l’Afghanistan au moment de l’offensive des Taliban. Le gouvernement d’Ouzbékistan aurait accepté une demande iranienne d’ouvrir le poste frontalier de Termez, à la frontière avec l’Afghanistan, pour leur permettre de pénétrer en Ouzbékistan, a-t-il ajouté. Parallèlement à l’action diplomatique de Téhéran, un militaire de haut rang s’est rendu dimanche sur la «zone frontalière» entre l’Iran, et l’Afghanistan. Le général Rahim Yahya Safavi, commandant en chef des Gardiens de la révolution (Pasdaran), troupe d’élite de la république islamique d’Iran, a inspecté la frontière et adressé un avertissement voilé aux Taliban. «L’Iran ne tolérera aucune instabilité et insécurité à ses frontières avec l’Afghanistan», a ajouté le commandant des Pasdaran. Selon Téhéran, les Taliban ont ouvert le feu vendredi soir sur deux postes frontaliers iraniens à Ghaleh-Akbar et à Pitch-Robab, dans la région de Taïbad, dans l’est du pays. L’Iran, qui ne reconnaît pas les Taliban, a 945 km de frontière commune avec l’Afghanistan, protégés essentiellement par les Pasdaran. Depuis plusieurs mois, l’armée a sensiblement renforcé sa présence à la frontière avec l’Afghanistan, et inauguré récemment une base militaire aérienne dans la région de Machhad, chef-lieu de la province limitrophe du Khorrassan, pour mieux surveiller la frontière et les mouvements de trafiquants et de réfugiés. L’Iran accuse ouvertement les Taliban d’être une menace pour la région et d’être notamment impliqués dans un vaste trafic de drogue vers les frontières iraniennes. Depuis leur émergence en Afghanistan, Téhéran a accusé les Taliban d’être à la solde des Etats-Unis, d’être militairement soutenus par le Pakistan et financièrement par l’Arabie Séoudite. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Iran a fait appel, lundi, à l’ONU pour obtenir la libération des membres de sa mission diplomatique, en Afghanistan, que les Taliban auraient arrêtés samedi à Mazar-i-Sharif. En fin d’après- midi les Nations Unies ont évacué un groupe d’Iraniens, parmi lesquels un diplomate, vers Islamabad selon des sources de l’aéroport de la capitale pakistanaise. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharazi a adressé une lettre au secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, pour solliciter «une intervention globale et urgente» internationale en faveur des ressortissants iraniens. Le ministre iranien déplore dans sa lettre le «mauvais traitement» qui a été infligé aux membres de la mission diplomatique et affirme que les diplomates iraniens ont été détenus «pendant plusieurs heures dans les...