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Actualités - Chronologie

La réconciliation irako-koweitienne, un rêve encore très lointain

Un «arbre de la paix», planté au Koweit comme symbole de l’amitié avec l’Irak, peu de temps avant l’invasion des troupes de Saddam Hussein, est mort faute d’avoir été arrosé. Cheikh Fahd al-Ahmed al-Sabah, qui l’avait planté dans un parc de la capitale, en présence d’une délégation sportive irakienne, avait été tué quelques mois après la cérémonie, quand les troupes irakiennes ont occupé le Koweit, le 2 août 1990. Huit ans après cette invasion, évoquer une réconciliation avec l’Irak suscite au Koweit de multiples émotions, de la colère à la douleur en passant par un timide espoir. Mais tout le monde s’accorde à dire que la réconciliation est encore loin et qu’un autre «arbre de la paix» ne fleurira pas de sitôt. «Il y a toujours un manque total de confiance dans le gouvernement irakien et en particulier le président Saddam Hussein, qui continue à recourir à sa rhétorique utilisée en 1990», estime un professeur de sciences politiques à l’université de Koweit, Chafik al-Ghabra. «Le fait est que l’Irak est satisfait de cette situation. Saddam a une multitude d’ennemis et s’en sert pour légitimiser son pouvoir et maintenir la cohésion des différentes factions dans le pays», affirme-t-il. «C’est triste, car historiquement le Koweit avait toujours des liens étroits avec l’Irak. Le peuple koweitien n’a pas de problème avec les Irakiens. En fait, nous éprouvons une profonde sympathie pour eux», ajoute M. Ghabra. Mais des centaines de familles au Koweit attendent toujours des nouvelles des quelque 600 Koweitiens et autres résidents qui sont portés disparus lors de l’occupation irakienne. «Jusqu’à ce que leur sort soit éclairci, les chances du Koweit et de l’Irak à s’asseoir à la même table sont minces», estime pour sa part un porte-parole du «Comité des martyrs», qui fournit une aide sociale aux familles des prisonniers de guerre. Un sujet tabou Un diplomate occidental juge de son côté qu’un changement de la politique irakienne à l’égard du Koweit est improbable tant que Saddam Hussein restera au pouvoir. «Le destin des deux pays est sans doute un apaisement des tensions, mais cela ne sera pas possible avant que l’Irak ne se plie aux résolutions (de l’ONU)», dit-il. Les résolutions de l’ONU exigent encore que l’Irak coopère pour trouver les personnes disparues, verse des dommages de guerre et restitue les biens koweitiens saisis pendant l’occupation. Des hommes d’affaires koweitiens penchent en privé vers une normalisation. «Les échanges commerciaux avec l’Irak sont toujours un sujet tabou. Il s’agit naturellement d’une question délicate», a indiqué Ghanem, qui fait de l’import-export. «Mais quand l’économie koweitienne a besoin d’un coup de fouet, quel meilleur moyen que de reprendre les échanges avec son partenaire commercial historique?». «D’ailleurs, si la zone franche (projetée par le Koweit) doit réussir et être compétitive dans la région, l’Irak, à un moment donné, devra faire partie de l’équation», a-t-il ajouté. L’Irak est le débouché naturel pour ce pays situé à l’extrémité nord du Golfe. En attendant, le Koweit cherche à obtenir des garanties supplémentaires contre d’éventuelles menaces irakiennes, tout en renforçant sa propre armée. Des forces de l’ONU patrouillent les frontières terrestres et maritimes avec l’Irak. Le Koweit a signé des accords de défense avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Il envisage maintenant de permettre aux firmes pétrolières étrangères de participer au développement de ses gisements, ce qui renforcerait l’intérêt de l’Occident dans la sécurité du Koweit. (AFP - Reuters)
Un «arbre de la paix», planté au Koweit comme symbole de l’amitié avec l’Irak, peu de temps avant l’invasion des troupes de Saddam Hussein, est mort faute d’avoir été arrosé. Cheikh Fahd al-Ahmed al-Sabah, qui l’avait planté dans un parc de la capitale, en présence d’une délégation sportive irakienne, avait été tué quelques mois après la cérémonie, quand les troupes irakiennes ont occupé le Koweit, le 2 août 1990. Huit ans après cette invasion, évoquer une réconciliation avec l’Irak suscite au Koweit de multiples émotions, de la colère à la douleur en passant par un timide espoir. Mais tout le monde s’accorde à dire que la réconciliation est encore loin et qu’un autre «arbre de la paix» ne fleurira pas de sitôt. «Il y a toujours un manque total de confiance dans le gouvernement irakien et...