Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Allemagne : L'OCDE prévoit une croissance de 2.7% en 1998

L’économie allemande devrait connaître une croissance de 2,7% en 1998 et de 2,9% en 1999, s’extirpant ainsi d’une phase de restructuration douloureuse, a annoncé jeudi l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). Dans son rapport annuel sur la plus grande puissance économique européenne, l’OCDE estime que l’intégration de l’Allemagne de l’Est a coûté cher au pays, provoquant une forte croissance du chômage et une perte de confiance des ménages, mais que la croissance de 2,2% en 1997 devait lui permettre de relever la tête. Au court ou moyen terme, la «phase de transition» que l’Allemagne traverse devrait porter ses fruits et les effets négatifs se dissiper. Mais les économistes de l’organisme basé à Paris préviennent que le chômage, qui a atteint 12,6% de la population active au début de l’année, restera un problème majeur, notamment dans les Länder de l’Est. L’OCDE prévoit que le chômage augmentera encore dans le courant de l’année 1998 pour atteindre un total de 4.410.000 demandeurs d’emploi, soit 11,5% de la population active, avant de redescendre en 1999 à 4.250.000, soit un taux de 11,1%, l’accélération de la croissance restant insuffisante pour lutter efficacement contre le chômage. Le rapport précise que la dépréciation du mark ces dernières années permet encore à l’Allemagne de bénéficier d’une compétitivité à l’exportation que la crise asiatique n’a que peu altérée. L’OCDE prévoit aussi une augmentation du revenu disponible des ménages, ce qui devrait stimuler la consommation sans provoquer d’accélération importante de l’inflation. En revanche, l’organisme estime que les investissements, à ce stade du cycle économique, sont nettement en retard par rapport au niveau qui était le leur lors des deux dernières reprises que le pays a connues. Par ailleurs, la Bundesbank devrait relever ses taux dans le cadre de la monnaie unique mais probablement pas plus d’un quart de point environ. Selon l’étude de l’OCDE, les taux allemands devraient être relevés pour le passage à la monnaie unique en janvier prochain. Mais l’auteur du rapport souligne que la hausse du Repo allemand devrait être marginale. L’OCDE estime par ailleurs que l’Allemagne doit agir plus vigoureusement pour réduire ses déficits à moyen terme et réaffirme sa confiance dans l’accélération de la croissance outre-Rhin. Grant Kirkpatrick, spécialiste de l’Allemagne au sein de l’Organisation, rappelle également que, pour l’OCDE, un réglage fin des taux allemands pour les besoins de l’UEM n’est pas en contradiction avec les besoins de l’économie allemande. «Quand nous disons que (la hausse des taux) ne devrait pas être importante, on parle d’un quart de point environ. Mais, à ce stade, on ne chiffre pas cette hausse», a déclaré Grant Kirkpatrick. «Ce que nous avons fait, c’est souligner que, si nous pensons qu’une petite hausse des taux peut être nécessaire dans une perspective européenne large, elle ne sera en aucun cas de l’ordre de celle que certains imaginaient et pas très éloignée non plus de ce qui serait nécessaire pour l’Allemagne». Il rappelle que certains pensaient au début de 1998 que les taux de la zone euro convergeraient vers les 4,5%. Mais les marchés financiers ont anticipé un taux inférieur, et cette perception va «dans la bonne direction», selon l’expert de l’OCDE. De manière générale, on s’attend à ce que le taux de Repo allemand, fixé à 3,30% actuellement, soit légèrement relevé et à ce que les taux des 11 pays de la zone euro convergent vers les taux des membres du noyau dur, notamment l’Allemagne et la France. Grant Kirkpatrick, réaffirmant que l’OCDE refuse à ce stade de s’engager sur des prévisions précises en matière de hausse des taux, ajoute que ce durcissement de la politique monétaire devrait être de moindre ampleur que celui initialement attendu par l’organisation. En avril, l’OCDE avait dit prévoir une hausse du taux d’intervention pouvant aller jusqu’à un demi-point. «A ce stade de la reprise de la croissance, et avec des taux d’intérêts déjà bas, ce serait plutôt inadapté aux besoins de l’Allemagne», dit-il à propos de l’hypothèse de hausse d’un demi-point. «La question est maintenant: Existe-t-il une opposition fondamentale entre ce que la Bundesbank devrait faire pour l’Europe et ce qu’elle devrait faire pour l’Allemagne? Nous ne pensons pas qu’il y ait une contradiction». Grant Kirkpatrick juge également insuffisants les objectifs du gouvernement allemand en matière de réduction des déficits publics, alors même que la situation économique est propice. Bonn prévoit de ramener son déficit à 2,0% du PIB en 1999 et à 1,5% en 2000. (Reuters)
L’économie allemande devrait connaître une croissance de 2,7% en 1998 et de 2,9% en 1999, s’extirpant ainsi d’une phase de restructuration douloureuse, a annoncé jeudi l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique). Dans son rapport annuel sur la plus grande puissance économique européenne, l’OCDE estime que l’intégration de l’Allemagne de l’Est a coûté cher au pays, provoquant une forte croissance du chômage et une perte de confiance des ménages, mais que la croissance de 2,2% en 1997 devait lui permettre de relever la tête. Au court ou moyen terme, la «phase de transition» que l’Allemagne traverse devrait porter ses fruits et les effets négatifs se dissiper. Mais les économistes de l’organisme basé à Paris préviennent que le chômage, qui a atteint 12,6% de la...