Le résultat de greffes de neurones effectuées sur des singes «permet d’envisager une thérapie chez l’homme» pour guérir la maladie de Huntington, ou «danse de Saint Guy», une maladie génétique qui affecte le cerveau et entraîne la mort du patient en l’espace de 10 à 20 ans, affirme une équipe de scientifiques français. Pour l’instant, ces greffes ont seulement été menées sur des macaques, mais les chercheurs — dont les travaux sont publiés ce mois-ci dans le mensuel britannique Nature Medicine — estiment que «la récupération des fonctions intellectuelles observée chez les singes permet d’envisager une thérapie chez l’homme». La maladie de Huntington — aussi connue sous le nom de «chorée» et, dans le passé, sous celui de «danse de Saint Guy» — se caractérise par des troubles moteurs (hyper-activité, déséquilibre des mouvements, ralentissement) et des déficits intellectuels empêchant le patient de réaliser des tâches nécessitant une programmation ou une stratégie, même très simple, comme ouvrir une porte ou fermer un robinet. En France, 6.000 personnes sont atteintes et environ 12.000 autres, porteuses du gène déficient, développeront la maladie. Fatale, celle-ci provoque un état de rigidité posturale et de démence totale. «Le malade ne sait plus où il est et est incapable de parler ou de reconnaître ses proches», a précisé le Dr Marc Peschanski, directeur de recherches à L’INSERM, qui a réalisé ces transplantations avec Philippe Hantraye, biologiste au CEA et au CNRS. Cette affection, qui apparaît autour de 35 ans, est provoquée par une dégénérescence lente et progressive de certaines cellules nerveuses situées dans une région du cerveau, le striatum, essentielle pour le contrôle de l’exécution des programmes élaborés dans le cortex cérébral. Le striatum contribue aussi à l’organisation des mouvements et aux grandes fonctions cognitives, en particulier la formation des idées. Comme pour la plupart des maladies du système nerveux central, il était extrêmement difficile d’obtenir un modèle animal reproduisant fidèlement cette affection. Des travaux menés précédemment sur des animaux ne présentant que les troubles moteurs de la maladie avaient démontré que ces désordres pouvaient être corrigés par une greffe de neurones prélevés sur des embryons puis implantés dans le striatum. En revanche, rien n’avait pu être démontré jusqu’à présent sur la récupération des fonctions intellectuelles. En parvenant à reproduire fidèlement le déroulement de la maladie chez des singes, les chercheurs du service hospitalier Frédéric Joliot du CEA à Orsay et de l’hôpital Henri Mondor à Créteil ont pu démontrer que les greffes neuronales débouchaient effectivement sur une récupération des fonctions intellectuelles. (AFP - Reuters)
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