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Actualités - Chronologie

Kabila accuse le Rwanda d'agression contre le Congo

Confronté à une rébellion croissante d’unités tutsies de son armée, essentiellement dans l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement de Kinshasa a accusé hier le Rwanda d’agression caractérisée. «Nous disons explicitement que le Rwanda nous agresse. Il n’y a pas eu de rébellion. Il y a eu agression du Rwanda de connivence avec certains officiers militaires qui ont été rapatriés», a déclaré Didier Mumenge, porte-parole du gouvernement. «Nous sommes les agressés. Nous ne pouvons que nous défendre». Des combats ont été signalés dans plusieurs villes et, de sources militaires régionales, on affirmait que les mutins avaient pris le contrôle de Goma et de Bukavu, dans l’est de la RDC. «Ils contrôlent ces villes, y compris les aéroports et les stations de radio», indiquait-on à Johannesburg. Mais, selon Mumenge, ce sont les troupes restées loyales au président Laurent-Désiré Kabila qui contrôlent l’aéroport de Bukavu. Ces dernières auraient également conservé le contrôle de Kisangani, troisième ville du pays, dit-on à Johannesburg. De source onusienne, on affirme que les combats ont entraîné la fermeture de l’aéroport, mais la ville elle-même est calme, selon ses habitants. Arrestations de centaines de Tutsis Les rebelles continuent aussi de combattre les forces de Kabila dans d’autres villes de l’est, Uvira et Kamanyola, a-t-on en outre appris de source régionale. Kabila compte sur la puissance de sa garde présidentielle, composée de 8.000 hommes entraînés en Tanzanie, pour renverser la situation en sa faveur, ajoute-t-on. On ne faisait état d’aucun incident mardi dans la capitale, Kinshasa, soumise à un deuxième couvre-feu nocturne consécutif depuis le déclenchement des troubles dimanche. Le gouvernement a réagi avec vigueur à la situation insurrectionnelle qui se développe dans le pays en décidant de répondre militairement à la rébellion des Banyamulenge, dont les officiers, basés à Goma et Bukavu, ont appelé l’armée et le peuple à renverser Kabila, accusé de corruption et de népotisme, sur les ondes de la radio la Voix du peuple. Les troupes fidèles à Kabila ont renforcé mardi leur emprise sur Kinshasa, où le vice-ministre de l’Intérieur, Faustin Munene, a procédé à des centaines d’arrestations dans les milieux tutsis. «Je vous appelle d’une cache à Kinshasa. Je suis venue ici parce que j’ai dû fuir les soldats qui sont venus à mon domicile pour m’arrêter, moi et les membres de ma famille», a dit une femme d’affaires très connue de Kinshasa. Selon elle, de nombreux Banyamulenge, des Tutsis qui sont arrivés dans l’ex-Zaïre il y a deux siècles, ont été arrêtés par les agents de la garde présidentielle et des services secrets. La crainte d’une chasse aux sorcières a incité plusieurs hauts dirigeants tutsis, dont le ministre des Affaires étrangères, Bizima Karaha, et le ministre des Affaires présidentielles, Deogratias Bugera, à fuir le pays. Le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Alfred Nzo, a annoncé que Karaha avait trouvé refuge en Afrique du Sud. Détournement d’avion Les deux ministres ont décidé de ne pas rentrer en RDC quand ils ont appris que Kabila faisait arrêter les personnes jugées trop proches du Rwanda, qui l’avait aidé à conquérir le pouvoir mais que les proches du président accusent maintenant de chercher à déstabiliser la RDC. Le Rwanda a cette fois démenti toute implication dans les combats, mais le ministre de l’Intérieur de la RDC, Gaëtan Kakudji, a déclaré que des combats opposaient mardi l’armée régulière aux Banyamulenge et aux soldats rwandais à Bukavu. Un habitant de Bukavu a aussi signalé que des camions de soldats avaient franchi dans la nuit la frontière avec le Rwanda, officiellement fermée, pour venir soutenir les Banyamulenge. La rébellion qui secoue l’est de la RDC depuis que le commandement militaire de Bukavu, Goma et Kindu a retiré dimanche son soutien au pouvoir de Kinshasa, n’est pas sans rappeler la révolte des Tutsis qui, avec l’aide du Rwanda et de l’Ouganda, avait conduit à la chute de Mobutu et à l’arrivée au pouvoir de Kabila après une campagne militaire de sept mois. Les rebelles tutsis semblent d’ailleurs avoir fait une première tentative pour étendre l’insurrection vers l’ouest du pays, en détournant, au départ de Goma, un avion de la compagnie Congo Airlines (CAL) et en le contraignant à atterrir sur l’aérodrome de Kitona, où sont basés quelque 20.000 soldats de l’ex-armée zaïroise, qu’ils espèrent sans doute rallier à leur cause. Le motif de ce détournement n’est pas très clair. Selon Mumenge, 400 soldats rwandais étaient à bord de l’avion qui était bloqué depuis dimanche par les mutins qui ont pris le contrôle de l’aéroport de Goma, à la frontière rwandaise. (Reuters)
Confronté à une rébellion croissante d’unités tutsies de son armée, essentiellement dans l’est de la République démocratique du Congo, le gouvernement de Kinshasa a accusé hier le Rwanda d’agression caractérisée. «Nous disons explicitement que le Rwanda nous agresse. Il n’y a pas eu de rébellion. Il y a eu agression du Rwanda de connivence avec certains officiers militaires qui ont été rapatriés», a déclaré Didier Mumenge, porte-parole du gouvernement. «Nous sommes les agressés. Nous ne pouvons que nous défendre». Des combats ont été signalés dans plusieurs villes et, de sources militaires régionales, on affirmait que les mutins avaient pris le contrôle de Goma et de Bukavu, dans l’est de la RDC. «Ils contrôlent ces villes, y compris les aéroports et les stations de radio», indiquait-on à...