Nouvelle escalade dans la bataille entre deux géants indusriels français
le 05 août 1998 à 00h00
La justice française a nommé lundi deux experts pour examiner la dernière assemblée générale de Bouygues, marquant une nouvelle escalade d’hostilités entre les géants industriels Vincent Bolloré (transports, énergie) et les frères Bouygues (bâtiment, téléphonie, télévision). Fortement implantés en Afrique, les deux géants se livrent depuis près de deux mois une féroce bataille judiciaire. Bouygues entend rompre un pacte de coopération signé en décembre dernier pour cinq ans avec Bolloré, qui a permis à ce dernier d’acquérir 10,4% du capital de son «partenaire». Depuis le début de l’année, la bataille semblait de plus en plus inévitable, Vincent Bolloré contestant de plus en plus la conduite du groupe et sa stratégie de développement dans la téléphonie mobile. Bouygues contrôle également la principale chaîne privée de télévision française, TF1. Bouygues — qui souhaite après huit mois de cohabitation houleuse se séparer de son actionnaire en cassant un pacte les unissant pour cinq ans — a estimé que l’enquête confiée à deux experts par le tribunal de Versailles (près de Paris) démontrera que les allégations Bolloré sont «sans fondement et mensongères». De son côté, Bolloré s’est déclaré «très heureux que la justice ait trouvé que les questions posées étaient réelles», précisant qu’il attendait désormais «avec intérêt les résultats de l’enquête qui enfin donneront toute la clarté nécessaire». Bolloré n’avait pas signé le procès-verbal de journée de l’assemblée générale de Bouygues, contestant une irrégularité dans le comptage des votes. La comptabilisation de 770.000 d’entre eux, émanant pour la plupart de fonds de pension anglo-saxons aurait, selon l’avocat du groupe Bolloné, «entraîné le rejet de la résolution portant sur le doublement du capital social de Bouygues en cas d’OPA». Le groupe Bouygues a souligné pour sa part qu’«aucune réclamation n’a été formulée ni par les intermédiaires financiers, ni par les actionnaires dont les votes ont été considérés comme tardifs, conformément à la loi et aux statuts». Les frères Martin et Olivier Bouygues avaient interpellé le 17 juillet le CMF (Conseil des Marchés Financiers) en lui demandant de constater que Vincent Bolloré n’appliquait pas les règles du jeu communes, fixées lors de la conclusion du pacte d’actionnaires en décembre 1997. Vincent Bolloré qui, en pleine bataille, vient de renforcer sa participation dans Bouygues, ne s’est pas privé de critiquer sur la place publique les engagements de Bouygues, dans les télécoms et d’émettre des doutes sur la sincérité des comptes. L’homme d’affaires breton a assigné devant le Tribunal de Commerce de Paris la société SCDM, qui porte les parts des frères Bouygues, sous prétexte qu’il est impossible de rompre le pacte unilatéralement avant son terme, soit le 15 janvier 2006. Les Bouygues ont demandé au même Tribunal de prononcer soit l’annulation soit la résolution (sanctionnant l’inexécution fautive du contrat) de tous les accords conclus entre la SCDM et la Financière du Loch. (AFP)
La justice française a nommé lundi deux experts pour examiner la dernière assemblée générale de Bouygues, marquant une nouvelle escalade d’hostilités entre les géants industriels Vincent Bolloré (transports, énergie) et les frères Bouygues (bâtiment, téléphonie, télévision). Fortement implantés en Afrique, les deux géants se livrent depuis près de deux mois une féroce bataille judiciaire. Bouygues entend rompre un pacte de coopération signé en décembre dernier pour cinq ans avec Bolloré, qui a permis à ce dernier d’acquérir 10,4% du capital de son «partenaire». Depuis le début de l’année, la bataille semblait de plus en plus inévitable, Vincent Bolloré contestant de plus en plus la conduite du groupe et sa stratégie de développement dans la téléphonie mobile. Bouygues contrôle également la...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.