L’Arabie Séoudite, premier producteur de pétrole du monde, a réduit ses dépenses et cherche des financements pour compenser la chute de ses revenus, alors que le roi Fahd est en convalescence à l’hôpital. Mais les coupes dans les dépenses et les délais de paiement affectent en priorité les fournisseurs étrangers, ce qui limite l’impact de la chute du prix du pétrole sur l’économie séoudienne, selon des économistes. Le prix du baril de pétrole séoudien est tombé cette année entre 11 et 12 dollars en moyenne, contre 18 dollars en 1997. Cette baisse des prix, combinée aux réductions de production décidées avec les autres pays pétroliers pour relever les cours, «devrait entraîner une baisse des recettes de l’ordre de 18 milliards de dollars», selon un analyste financier basé à Ryad. Pour la compenser, le gouvernement a déjà nettement réduit les dépenses et envisage des recettes supplémentaires. Un décret daté du 18 mai, qui n’a pas été rendu public mais qui circule dans les chancelleries, prévoit une réduction de 10% des dépenses de fonctionnement et de maintenance, selon un diplomate occidental. Il prescrit que les contrats inscrits au budget 98 mais n’ayant pas encore été signés ne le soient pas cette année, ainsi que l’arrêt de tout recrutement dans le secteur public, à l’exception du personnel de santé et des diplômés des écoles militaires, et l’arrêt de tout achat de véhicules et de mobilier. Les agences gouvernementales renégocient actuellement les contrats d’achat de médicaments destinés aux hôpitaux, pour obtenir une baisse de 10%, précise M. Kevin Taecker, économiste en chef à la Saudi American Bank. Ces économies, estime l’analyste financier, devraient tourner autour de 10 à 15 milliards de ryals (2,66 à 4 milliards de dollars). La réduction des dépenses a déjà affecté les fournisseurs militaires américains et les dépenses militaires hors budget, comme le programme d’armement Yamama signé dans les années 80 avec la Grande Bretagne, a ajouté M. Taecker. «La priorité des réductions de dépenses porte sur les fournisseurs étrangers», a-t-il précisé. Pour l’économie locale, «c’est fondamentalement un bon programme», estime M. Taecker, selon lequel «le gouvernement a réagi très vite et d’une manière qui semble tout à fait adaptée à la situation». Pour faire face à la baisse des recettes, le gouvernement s’est donné des facilités de paiement en réglant ses fournisseurs et entrepreneurs avec des bons du Trésor qui peuvent être escomptés auprès des banques. «A ce jour, nous avons vu des ventes de bons pour 1,5 milliard de dollars», précise M. Taecker. Il emprunte aussi auprès des banques séoudiennes en émettant des bons du Tresor. Ces emprunts alourdissent la dette intérieure, qui représentait quelque 79% du PIB en 1997 et devrait dépasser les 100% cette année, selon l’analyste financier. Mais si cette dette pèse sur le budget, elle n’affecte pas les liquidités des banques, car 80% des emprunts sont contractés auprès des fonds de pension de l’Etat, souligne-t-il. D’après, M. Bechr Bakheet, analyste financier séoudien à Ryad, six des neuf banques séoudiennes ont augmenté leurs bénéfices au second trimestre et deux les ont maintenus au même niveau. Une seule, en cours de restructuration, a enregistré des pertes. Le royaume séoudien, qui rechigne à recourir au marché international des capitaux, a encouragé la compagnie pétrolière nationale Aramco à emprunter elle-même à l’étranger. D’après l’hebdomadaire spécialisé Middle East Economic Survey, Aramco cherche à emprunter deux milliards à un syndicat international de banques pour ses investissements. Le Trésor cherche lui aussi des liquidités supplémentaires. Selon M. Taecker, l’introduction d’une taxe d’aéroport a déjà été décidée. Mais d’après les agences de voyage du Golfe, elle n’est pas encore entrée en vigueur. Et il est aussi question d’augmenter les prix de l’essence, de l’eau et de l’électricité, d’après les économistes à Ryad. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Arabie Séoudite, premier producteur de pétrole du monde, a réduit ses dépenses et cherche des financements pour compenser la chute de ses revenus, alors que le roi Fahd est en convalescence à l’hôpital. Mais les coupes dans les dépenses et les délais de paiement affectent en priorité les fournisseurs étrangers, ce qui limite l’impact de la chute du prix du pétrole sur l’économie séoudienne, selon des économistes. Le prix du baril de pétrole séoudien est tombé cette année entre 11 et 12 dollars en moyenne, contre 18 dollars en 1997. Cette baisse des prix, combinée aux réductions de production décidées avec les autres pays pétroliers pour relever les cours, «devrait entraîner une baisse des recettes de l’ordre de 18 milliards de dollars», selon un analyste financier basé à Ryad. Pour la compenser, le...