L’Arabie Séoudite, dont le roi Fahd est à l’hôpital pour subir des examens, est déjà de fait dirigée par son demi-frère le prince héritier Abdallah, ont indiqué lundi des diplomates à Ryad. Le roi Fahd, qui approche des 80 ans, avait brièvement confié la régence du royaume au prince Abdallah, lui même âgé de 75 ans, après avoir eu une embolie cérébrale en 1995. Il lui avait repris les commandes après six semaines mais, malgré ce revers apparent, le prince héritier a progressivement pris en charge la direction du royaume. Son influence s’est manifestée particulièrement en politique étrangère, avec un rapprochement spectaculaire avec l’Iran et une coordination nouvelle avec la Syrie et l’Egypte. Mais le prince héritier a également la haute main sur les finances du royaume et la politique économique du premier producteur et exportateur de pétrole au monde, selon des sources proches du pouvoir. Le prince Abdallah a décidé de se rapprocher de l’Iran, malgré les réticences des Etats-Unis, avant même l’élection du président Mohammed Khatami. Il a représenté l’Arabie au sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) à Téhéran en décembre 1997. Sous son impulsion, l’Arabie, très critique envers Israël, coordonne ses positions avec la Syrie et l’Egypte, jusque dans les corridors de la Ligue arabe, d’après un diplomate du Golfe. Ryad et Le Caire ont décidé, en dépit des pressions américaines, de boycotter une conférence économique sur le Moyen-Orient à laquelle Israël participait, en novembre 1996 au Qatar. La Syrie a toujours refusé de participer à ces conférences. Le prince héritier, dit-on dans son entourage, considère que le royaume séoudien peut conserver des liens étroits avec les Etats-Unis sans s’aligner automatiquement sur toutes leurs positions. En charge du pétrole D’après des diplomates arabes, il n’a pas mâché ses mots pour critiquer la politique israélienne de Washington en recevant les ministres américains au cours de l’année écoulée. En février 1998, l’Arabie a refusé l’utilisation de ses bases pour les représailles dont les Etats-Unis menaçaient l’Irak quand il refusait d’ouvrir ses palais présidentiels aux inspecteurs de l’ONU. Le prince Abdallah a également imprimé sa marque sur la politique économique, estiment les diplomates à Ryad. Il avait choisi dès février 1996 un nouveau ministre des Finances. Bien que le roi préside encore les réunions du conseil des ministres, «c’est au prince héritier que les ministres rendent compte et ils craignent de le mécontenter», a déclaré un diplomate. D’après un cadre d’une compagnie pétrolière occidentale très active en Arabie, la politique pétrolière est décidée par le prince Addallah. «Nous avons l’impression que c’est lui qui est en charge», a-t-il confié lors d’une visite à Dubai. L’héritier désigné n’a pas hésité à limiter les privilèges des quelque 15.000 princes et princesses de la famille royale. En 1997, il a limité le nombre de billets d’avions gratuits auxquels ils avaient droit sur la compagnie nationale Saudi Airways. Il a aussi fixé une limite aux factures de téléphone, d’eau et d’électricité que ces princes laissaient impayées. Cette prise en main progressive des affaires du royaume n’est pas inédite. Le roi Fahd, lui-même, avait dirigé le pays lorsqu’il était prince héritier du roi Khaled de santé fragile. Le prince Abdallah, né à Ryad en 1923, est le treizième fils du roi Abdel Aziz (Ibn Seoud), fondateur du royaume. Depuis 1962, il dirige la Garde nationale, formation d’origine bédouine dont son fils Mouteeb a fait une vraie force militaire. Il est entré au gouvernement en 1975, en tant que deuxième vice-président du conseil, et est prince héritier depuis l’avènement du roi Fahd en 1982. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Arabie Séoudite, dont le roi Fahd est à l’hôpital pour subir des examens, est déjà de fait dirigée par son demi-frère le prince héritier Abdallah, ont indiqué lundi des diplomates à Ryad. Le roi Fahd, qui approche des 80 ans, avait brièvement confié la régence du royaume au prince Abdallah, lui même âgé de 75 ans, après avoir eu une embolie cérébrale en 1995. Il lui avait repris les commandes après six semaines mais, malgré ce revers apparent, le prince héritier a progressivement pris en charge la direction du royaume. Son influence s’est manifestée particulièrement en politique étrangère, avec un rapprochement spectaculaire avec l’Iran et une coordination nouvelle avec la Syrie et l’Egypte. Mais le prince héritier a également la haute main sur les finances du royaume et la politique économique...